Béatrice Agbo : « …C’est Anjorin et les Didavi qui ont tué...

Béatrice Agbo : « …C’est Anjorin et les Didavi qui ont tué le football béninois… »

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Dans un entretien exclusif accordé à la rédaction de BENIN WEB TV, Madame Béatrice Agbo dite « Maman Requins »  a donné sa lecture de la gestion actuelle du  football au Bénin. Actrice sportive de première heure et principalement de football depuis 1977, elle est supporter No1 des Requins, c’est ce qui lui a valu le nom « Maman Requins ». Une entretien sans langue de bois où elle nous livre sa colère face à aux dirigeants actuel du sport roi béninois.

Bonjour madame et présentez-vous ?

On m’appelle Madame Béatrice Agbo, dite Maman Requins, je suis dans le sport et principalement le football depuis 1977. Je suis supporter No1 des Requins, c’est ce qui m’a valu le nom ’’Maman Requins’’. Comme vous pouvez le constatez, je suis malade parce que le football de mon pays se retrouve dans le gouffre à cause de nos dirigeants.

Depuis que vous êtes dans le football à ce jour, que peut-on retenir ?

Avec les Requins, dont j’ai toujours supportés, les choses, n’ont jamais été faciles surtout avec l’environnement sportif béninois, encore moins lorsque vous êtes une femme. Mais ces dernières années, le football béninois est dans le gouffre à cause de la gestion clanique qu’en font certains acteurs et surtout du manque de vision de l’Etat. Conséquences, les jeunes sont sacrifiés et leur avenir est hypothéqué. Avant au moins, les gens jouaient pour l’honneur et la patrie peut-être contre 500 F Cfa comme récompense. Mais aujourd’hui, tout a changé, plus rien n’est à sa place. Les joueurs, préfèrent jouer pour l’argent et dans le même temps, les dirigeants organisent la tricherie, la corruption et la magouille autour du sport roi. Ce n’est pas que le pays manque des ressources humaines, mais, seulement, les dirigeants ne veulent pas que ces jeunes évoluent et représenter dignement le Bénin.

De Moucharafou Gbadamassi à Anjorin Moucharafou, vous qui aviez vécu toutes ces périodes, qu’en dites-vous ?

A l’époque de Gbadamassi, Frédéric Affo et consorts, le football béninois, bien que ne s’étant jamais qualifié pour des compétitions internationales, avait un nom. Le championnat était très relevé, les matches étaient très suivis, le public, n’en parlons plus. Le stade l’amitié tout comme les autres stades, faisait le plein. Personne ne se plaignait, puisque tout allait normalement. Lorsque vous suivez des anciens joueurs, comme Basile Adjanohoun, Maxime Akélé, Richard Amoussou dit Atanpinso, Do Rego Saadou et tout le reste, le Bénin n’avait rien à envier aux autres pays. Je voudrais vous rappeler que Monguéï Guéï cet ancien international ivoirien a entrainé à plusieurs reprises les Requins de l’Atlantique en son temps. C’était simplement la belle époque. Même la légende Ghanéenne Abedi Pele a joué ici au Bénin. Juste pour vous dire que le Bénin avait la potentialité, seulement en son temps, on manquait d’une véritable vision du développement du football bien qu’on ait les moyens. Il aurait fallu que Gbadamassi laisse la Fédération pour que les choses changent. Martin Adjagodo qui devrait prendre les rênes de cette Fédération n’a pas sû gérer bien les affaires du football au Bénin. Pour rappel, Anjorin Moucharafou, n’a jamais joué dans aucun club, il était ramasseur de balle. Et c’est Gbadamassi qui l’a amené dans le football. Les Didavi, Ahouanvoébla et consorts ont tous joué devant moi. Revenant sur Anjorin, à cause d’une fraude qu’il a orchestrée, Gbadamassi l’a radié à vie du football béninois. Martin Adjagodo, voulant jouer au bon samaritain a simplement annulé cette décision quand il était président en 2001 pour faire revenir Anjorin dans le football. En son temps, je l’ai averti que Anjorin peut lui créer d’ennuis, il n’a pas cru. Quelques années, plus tard, c’est le même Anjorin qui le dégomme de son poste de président. J’étais à la maison quand il m’a appelé et dit « Da Béa, vous avez raison ». Tout comme si cela ne suffisait pas, Anjorin, Ramasseur de crampon dans les stades est devenu acteur incontournable du football béninois et bénéficie du soutien de Sébastien Ajavon en 2009 quand son poste était menacé. Lui aussi je l’ai averti, mais il ne m’a pas compris. Mais quand la crise de 2010 a commencé, j’étais au Gabon quand Ajavon m’a appelé et me dit les mêmes choses que Adjagodo. En réalité, Anjorin et les Didavi ne doivent plus être dans le football, puisque ce sont eux, qui nous ont conduits à l’abattoir. C’est pourquoi, j’exhorte le gouvernement à prendre ses responsabilités, puisque nous sommes dans la rupture et ce régime doit aussi penser au sport et au football en particulier. Si aujourd’hui nous sommes à ce point, Didier Aplogan en a pour quelque chose. Safiou Affo en est encore plus. C’est pourquoi je demande à l’actuel ministre Oswald Homèky de vraiment jouer son rôle, puisqu’il est jeune et est actuellement le seul espoir de cette jeunesse.

Que pensez-vous de la gestion du football au Bénin en général ?

Franchement, c’est médiocre. C’est une gestion clanique basée sur l’amateurisme, la jeunesse elle, ne profite de rien. Ce sont les mêmes qui gèrent les choses. Simplement, ils s’enrichissent sur le dos des joueurs. Malgré tous les efforts que vous fournissiez, pourquoi, vous n’êtes jamais récompensée ? Franchement, c’est une grande question. En réalité, au Bénin, ceux qui font juste et méritent des récompenses, ne l’ont jamais. On préfère récompenser, les médiocres. Aussi, je voudrais vous dire que c’est parce que je ne suis pas dans les coups bas, la mauvaise gestion et la trahison qu’on m’ait oubliée. Sinon, cela fait 39 ans que je suis dedans, je me bats en tant que seule femme, mais, personne ne m’a reconnu cette place. Cela n’a quand même pas émoussé mes ardeurs à continuer, puisque je suis béninoise et le patriotisme obligé, on y est malgré les coups bas. Je pense que cette fois ci, les acteurs du sport à savoir le FNDSJL peut désormais penser à moi pour le service que j’ai rendu à la nation.

Selon vous, comment peut-on organiser le prochain congrès électif à la FBF ?

Je pense qu’il est aujourd’hui clair que le football béninois présente un aspect inquiétant. Et la première des choses à faire, c’est d’unir les acteurs. Donc, on ne saurait aller à ce congrès sans l’union. La réconciliation. Appeler tout le monde, tous les anciens présidents de fédération qui sont encore en vie, Séfou Fagbohoun, Martin Adjagodo, tous les anciens joueurs Luc d’Almeida, Ludovic Alikpara, Charles Ahouandjinou, Alassane Tigri, Les frères Zèvounou, Thomas Aguêh, expédit Dossou Gbété et tout le reste à venir s’asseoir et discuter des problèmes du football de ce pays. Mais aussi, de tout faire pour toiletter les textes et permettre à tout le monde d’avoir un regard sur la gestion du football au Bénin. Sachez que sans ces conditions, les élections peuvent avoir lieu, mais, on n’en finira jamais avec les crises.

S’il vous revient aujourd’hui de conseiller le ministre des sports, que diriez-vous ?

Au nouveau ministre, je lui dis simplement de suivre la voix du peuple et de prendre ses responsabilités, puisqu’il est jeune et si la jeunesse doit profiter de lui et se sentir à l’aise, le dernier mot lui revient. S’il suit les Anjorin et tout le reste, après l’histoire retiendra son nom. Donc, il a l’obligation d’agir pour la jeunesse et uniquement pour la jeunesse. Un mot pour conclure cet entretien Je vous remercie pour cette opportunité libre que vous m’offriez de parler. Je pense vivement que mes propositions seront prises en compte pour le bonheur de la jeunesse. Je vous remercie…

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  1. En dehors de ceux-l, aucun autre bninois ne peut diriger cette fdration ? Mettez les au frais pour qu’volue le sport roi. Merci de faire diligence, vous autorits.

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