Arrêté portant paiement dématérialisé dans les supermarchés : le Bénin s’écarte de...

Arrêté portant paiement dématérialisé dans les supermarchés : le Bénin s’écarte de ses obligations communautaires («Cette décision va totalement à l’encontre de ce qui est prévu par l’Uemoa», affirme Luc Kpènou)

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L’usage des moyens de paiement dématérialisés «Mobile money et Flooz» des opérateurs Gsm Mtn et Etisalat Bénin exigé dans les supermarchés de Cotonou par le Préfet du département du Littoral à travers un arrêté en date du 11 octobre 2016 continue de faire des vagues. Invité sur le «Grand Format» de Canal 3, dimanche 23 octobre dernier, le Président de la Commission monétique nationale, Luc Kpènou, a dénoncé cette mesure du Préfet qui ne respecte en rien les normes de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) et invité le Gouvernement à prendre ses responsabilités pour le respect des engagements pris par le Bénin pour la libre circulation des personnes et des biens.

Selon le Président de la commission monétique nationale, Luc Kpénou, «cette décision va totalement à l’encontre de ce qui est prévu par l’Uemoa». En effet, selon l’article 2 de la décision, les personnes physiques doivent utiliser lesdits moyens pour des «emplettes d’un montant supérieur à cinquante mille (50 000) F Cfa». Quant aux personnes morales, ces dernières feront impérativement recours à ces moyens pour des «emplettes d’un montant supérieur à cent mille (100 000) francs Cfa». Selon les explications duPrésident de la Commission monétique nationale, les citoyens sont appelés à faire recours aux moyens de paiement dématérialisés lorsque leurs achats atteignent le seuil de cent mille francs conformément aux normes de l’UEMOA. Il y a lieu alors de se demander sur quelle base l’autorité préfectorale qui n’est pas normalement autorisé à réguler l’usage des moyens de paiement arrive à faire cette distinction et va dans des limites qui sont au dessous des limites qui sont recommandées et imposées par l’Uemoa. Il a dénoncé la mise à l’écart des vrais acteurs dans la prise de cette décision qui pourrait être contournée par le fractionnement. L’invité appelle au respect des engagements pris par le Bénin vis-à-vis de la sous-région. «Nous avons des obligations communautaires. Nous devons tenir compte de l’environnement, voir comment les choses ses passent avant d’aller à des prises de décisions qui peuvent nous conduire au non respect des engagements pris par le Bénin et qui peuvent être des entraves à la libre circulation des personnes et des biens», a-t-il martelé avant d’inviter le Gouvernement à prendre ses responsabilités pour que cette décision soit rapportée dans l’intérêt supérieur de la Nation.

aCotonou

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