Après l’interview de Bio Tchané au journal Le Monde:Les audits sur les...

Après l’interview de Bio Tchané au journal Le Monde:Les audits sur les folies de Yayi en cours

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Dans un entretien accordé au journal Le Monde, le ministre du Développement a dévoilé l’héritage immonde et la dette colossale laissés par le régime précédant. Outré par le bilan catastrophique, Abdoulaye Bio Tchané confirme que des audits sont en cours pour savoir où est passé l’argent. Il laisse ainsi circuler des intentions de poursuites à l’encontre des barons de l’ancien régime au cas où leurs responsabilités seraient établies dans les présumés méfaits.

« Pour 2015, le déficit est de l’ordre de 7 % du Pib, sans compter un certain nombre d’écritures qui ne sont pas dans les comptes, des arriérés. Il est plus réaliste de parler de 10 % du PIB. En chiffres absolus, il manque entre 360 et 450 milliards de francs Cfa (entre 549 et 686 millions d’euros) ». Ce sont les mots utilisés par le ministre du Développement, Abdoulaye Bio Tchané dans l’interview accordé au Monde-Afrique pour caractériser l’Etat dans lequel se trouvent les finances publiques béninoises. 360 à 450 milliards qui manqueraient, cela fait froid dans le dos. Le pays se porte mal. C’est peu dire. On a dépassé toutes les proportions dans la gabegie. Le gouvernement actuel peine à trouver les ressources pour combler les gaps du déficit et faire face aux besoins. Et au ministre d’enfoncer le clou : « Ces dernières années, il n’y a eu aucune orthodoxie budgétaire. En 2015, d’après les agents du ministère des Finances, plus de la moitié des dépenses étaient hors budget. En 2014, il y avait déjà plus de 50 milliards d’arriérés (76,2 millions d’euros). En 2015, cela a empiré », a –t-il déclaré. On le savait tous déjà, que la pagaille sous le régime défunt a été monstre. Les deniers jours de campagne ont été les pires connus en matière de dilapidation des ressources de l’Etat. Avec l’avènement du régime du Nouveau départ le pays vient de loin. Mais, il faut être réaliste : les plaies béantes ouvertes ici et là durant les années « Yayi » seront difficiles à cicatriser. Il va falloir au régime Talon faire preuve d’imagination pour pouvoir trouver les ressources additionnelles nécessaires. Peut-être que le gouvernement détient-il les clés ? Mais, en tout cas, il va falloir s’y mettre urgemment. D’ailleurs, il est heureux de savoir que l’un des poids lourds du gouvernement sait à quoi s’en tenir, et là où il faut aller. « Nous avons surtout besoin d’améliorer l’environnement pour les entreprises. Il faut des infrastructures, de l’énergie, des routes, de la fibre optique. Nous allons câbler le pays du sud au nord. Et construire une zone franche du savoir et de l’innovation, qui sera la base de notre économie numérique, avec les start-up, les écoles, les universités. Compte tenu du potentiel de nos jeunes, qui sont excellents en mathématiques et en informatique, nous pouvons faire émerger une économie numérique solide, à l’image du Kenya », ajoute le ministre. Cependant la question qui taraude les esprits, c’est comment en est-on arrivé là. Il urge de répondre à cette question. Et s’il le faut, situer les responsabilités, ne serait-ce que pour prouver aux Ptf notre sens de responsabilité. A ce propos le gouvernement ne doit pas s’arrêter aux déclarations d’intention. Il faut mettre tous les scandales sur le tapis.

Folies de fin de mandats

Peut-être que les audits en cours révèleront les dessous de ces manquements. Car, comment peut-on diriger pendant dix années un pays, et le laisser dans un état pareil en partant ? Finalement la dictature du développement prônée n’était donc qu’un vain mot. Une illusion d’optique créée exprès pour fatiguer le peuple et détourner son attention afin de s’en mettre davantage plein les poches. Le « prince » voulait assouvir coûte que coûte ses désirs et lubies. On y est allé de manière gloutonne et brouillonne, sans crier gare. Cela est d’autant plus grave que ceux qui nous avaient dirigés prétendaient être des économistes chevronnés. Outré, le ministre du Développement n’a que peu de mots pour qualifier et dire l’innommable : « Des audits sont en cours pour savoir où est passé l’argent. Il y a quelques infrastructures. Mais aussi des situations incroyables pour lesquelles je n’ai pas encore tous les éléments. Yayi Boni a acheté un Boeing 727 juste avant la fin de son mandat. Et pourquoi a-t-il acheté ces derniers mois des véhicules neufs pour des milliards de francs alors que la trésorerie de l’Etat était exsangue ? ». Une question adressée à qui de droit.

Wilfrid Noubadan

Actu Bénin

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