Après le tollé suscité par sa déclaration : Talon tente de se...

Après le tollé suscité par sa déclaration : Talon tente de se défendre

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Le Chef de l’Etat a reprécisé ce mercredi la pensée contenue dans la déclaration qu’il a faite mardi dernier au palais de l’Elysée. Les mots utilisés par Patrice Talon hier à l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin expriment presque la même idée que celle lancée à Paris.

«… Le Bénin est comme un désert de compétences… Nous voudrions compter sur la coopération française afin d’acheter, de payer, de rémunérer la compétence quel que soit le prix. Nous voudrions  compter sur vous pour avoir des cadres qui vont nous apporter de l’assistance technique  pendant quelques années, le temps que nous formions les cadres dont nous aurons besoin», avait lâché Patrice Talon à Paris lors de la conférence conjointe qu’il a animée avec son homologue français, François Hollande. Ces phrases ont semé l’émoi au sein des Béninois.Certains se sont même indignés puisque ce sont des propos qui dévalorisent la compétence béninoise. Pour eux, le président Talon a méprisé l’intelligentsia béninoise qui fait pourtant des prouesses dans le monde. Face aux critiques nourries, le Chef de l’Etat a organisé hier un point de presse au retour de Paris. Patrice Talon s’est longuement étalé sur le sujet qui fâche. L’exercice semblait difficile puisqu’il fallait convaincre ou rassurer les milliers de Béninois blessés par des propos tendancieux.«Tout le monde sait que notre Administration se dégarnit, a expliqué le président Talon. Un grand nombre de nos compétences sont admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Certains ont quitté l’Administration pour le secteur privé. Beaucoup se sont expatriés. Et tout le monde sait que depuis quelques temps, le clientélisme ne fait plus la promotion des valeurs. Les recrutements qui ont été opérés et qui n’ont pas tenu compte des besoins en nombre et en qualité, ont fini de décimer notre Administration. Nous sommes donc confrontés à un problème crucial de compétences».  Patrice Talon ajoutera : «Nous allons recruter au plan national et international ce qu’il faut. Nous avons des compétences aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Mais la compétence coûte cher… Et dans les domaines où nous aurons besoin de compétences nationales et internationales, si nous ne les avons auprès de nos compatriotes, nous n’aurons pas de complexe à solliciter l’assistance technique, je précise bien, dans quelques domaines limités et pour autant très limités». Le président a insisté sur « quelques domaines limités» espérant dégonfler la polémique. Il a voulu trouver les expressions justes pour se défendre. Mais  pour plusieurs observateurs, il aura du mal à persuader  des Béninois tant les propos tenus de Paris étaient graves. Le contexte (début d’un mandat) et le lieu (capitale de l’ancienne puissance colonisatrice)  choisis pour les prononcer sont très moins indiqués. A les entendre, Talon qui a tenu un discours presque anti français durant la campagne électorale, un discours très applaudi du reste, a tourné casaque  moins d’un mois après son investiture. Et ces observateurs comptent bien le voir à l’œuvre pour se fier à toutes ses promesses électorales.

Pas de compromis avec Yayi

Au salon d’honneur de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin ce mercredi, le président Patrice a également abordé sa rencontre avec Yayi Boni à Abidjan le lundi 18 avril dernier. Au sujet des arrangements occultes qu’il aurait pris avec son prédécesseur, il a apporté des démentis cinglants. « Il n’y a pas de conflit entre nous. Il n’y a pas eu de compromis ni de compromission… Rien ne pourra me distraire, ni me faire perdre du temps», a-t-il proclamé. Sur cette question aussi, certains restent dubitatifs.

A.S.

Matin Libre

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