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Après le Togo, la France et la Côte d’Ivoire : A quand Talon chez Buhari ?

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Dès les premières heures de son élection, beaucoup avaient pensé que le nouveau Chef de l’Etat allait effectuer sa première visite officielle du côté du grand voisin de l’Est, compte tenu du poids du Nigéria dans l’économie béninoise. Mais avant qu’il ne soit investi président, Patrice Talon est allé, dans la capitale togolaise, rencontrer le président Faure Gnassingbé. Ce fut après le tour du président ivoirien Alassane Ouattara, d’abord dans sa résidence privée à Paris puis depuis hier lundi à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Si la première rencontre entre Patrice Talon, Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé avait pour principal ordre du jour, le cachet sobre que le nouveau président béninois a voulu donner à son investiture, le séjour de trois jours à Abidjan du nouvel homme fort du Bénin, a plusieurs sens. Selon les indiscrétions, il ne s’agit pas que d’une médiation des présidents ivoirien et togolais pour amener Patrice Talon et Thomas Boni Yayi à fumer le calumet de la paix. Pour cela, Patrice Talon n’avait pas besoin de faire trois jours dans la capitale ivoirienne pour une rencontre qui aura duré à peine 5h de temps. De sources proches du président béninois, ce voyage avait aussi pour objectif de faire le point de  ses entreprises et des actions qu’il détient dans le cadre de la déclaration prochaine de ses biens à la Cour suprême. On parle aussi d’une action tripartite entre le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire afin de trouver une solution à la crise énergétique.

Et c’est justement à ce niveau que des questions subsistent. Parler de l’énergie sans le Nigéria laisse perplexe. A moins que Patrice Talon pense trouver des solutions au problème de l’énergie dans un cadre francophone. Sinon, de tout temps, le Nigéria, tout comme le Ghana d’ailleurs, est venu en renfort au Bénin en matière d’énergie malgré qu’il n’en a pas aussi suffisamment pour satisfaire les besoins de sa propre population. Outre l’énergie, le Bénin partage avec le Nigéria 700 km de frontière du nord au sud. Tout y passe notamment l’essence de contrebande qui permet aux Béninois d’aller et de venir face à l’incapacité  de la Sonacop de pourvoir ses stations en produits pétroliers. Patrice Talon en a eu l’exemple avant même d’avoir prêté serment lors de la récente crise du pétrole au Nigéria. Mais c’est au marché Dantokpa que l’impact du Nigéria sur l’économie nationale est le plus visible. Il suffit que les grands opérateurs économiques du Nigéria désertent le marché Dantokpa pour que la mévente s’installe.

Même si lorsqu’il était opérateur économique, Patrice Talon n’a pas eu trop à faire avec le Nigéria, il ne saurait ignorer la puissance du grand voisin de l’Est dans le tissu économique du Bénin. Le cas échéant, ses collaborateurs comme Pascal Irénée Koupaki et Sébastien Ajavon sont là pour le lui rappeler. C’est bien de vouloir faire les choses entre pays francophones mais le Bénin ne peut pas se passer du Nigéria et si le nouvel homme fort du Bénin n’a pas la phobie des interprètes, il doit se rendre dans un court délai au Nigéria. Le Bénin a tout y gagné.

Bertrand HOUANHO

Matin Libre

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