Après 100 jours de gouvernance Talon : L’aménagement du territoire, l’autre talon...

Après 100 jours de gouvernance Talon : L’aménagement du territoire, l’autre talon d’Achille

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La vitalisation des territoires, la réalisation d’investissements structurants, l’accès égalitaire des citoyens aux services publics, la promotion de pôles de développement agricole et économique constituent quelques-unes des thématiques fortement vantées lors de l’élection présidentielle par les membres de la coalition de la Rupture. Il faut reconnaitre que toutes ces préoccupations partagées par la majorité des béninois et qui relèvent de l’aménagement du territoire sont loin d’être mises en œuvre.

L’aménagement du territoire est en effet, la recherche d’une meilleure répartition des utilisations de l’espace avec pour finalité, le développement harmonieux de l’ensemble du territoire national et de chaque subdivision territoriale, l’accès de tous les citoyens aux infrastructures, équipements ou services sur l’ensemble du territoire national, la protection du patrimoine naturel et culturel contre les dégradations nées de l’action humaine.

Au terme des 100 jours de gouvernance du pouvoir en place, force est de constater que l’aménagement du territoire n’a pas préoccupé les dirigeants. Les initiatives annoncées par rapport au tourisme, au développement agricole, à l’économie numérique, à l’énergie, à la zone franche du savoir et de l’innovation semblent assez hasardeuses. Elles devraient s’insérer dans le cadre de l’aménagement du territoire et de la construction des pôles de développement. Nos dirigeants ignorent-ils l’existence de la politique nationale d’aménagement du territoire ? Nous avons vu en octobre 2014, la Délégation à l’aménagement du territoire, échanger avec les universitaires sur les outils élaborés en dix ans de mise en œuvre du renouveau de l’aménagement du territoire au Bénin. On retient entre autres, le schéma national d’aménagement du territoire qui retrace la vision à long termes du devenir de l’espace national avec des métropoles et pôles régionaux de développement, le schéma directeur d’aménagement communal, les projets de territoire. Dénonçant l’absence de volonté politique pour le développement équilibré du pays et l’intégration sous régionale, les dirigeants de cette délégation se sont retrouvés en octobre 2015 au Conseil économique et social pour présenter le Schéma national d’aménagement du territoire qui est un document de planification spatiale du développement du Bénin et faire un plaidoyer en faveur du vote d’une Loi-cadre sur l’aménagement du territoire.

Le 26 juin dernier, l’Assemblée nationale a voté cette loi-cadre dont la promulgation est attendue du Chef de l’Etat. Le Parlement a ainsi exprimé sa volonté de voir le Bénin harmonieusement équipé. Du côté du gouvernement, plus de trois mois de gouvernance, sans la question de planification spatiale et de mise en œuvre des outils de valorisation des ressources locales, présagent d’une mauvaise option de développement du pays. En tout cas, la concrétisation des douze départements n’apportera rien aux populations si les outils d’aménagement du territoire qui doivent orienter les actions des pouvoirs publics au niveau national et local ne sont mis en œuvre.

Il est clair que dans un processus de déconcentration et de décentralisation que l’on veut efficace, les acteurs à divers niveaux  doivent  être suffisamment sensibilisés, informés et outillés sur ces outils sans lesquels le volet Aménagement du territoire ne serait qu’un vain concept. Et cela devient plus compliqué dans un contexte dit de Normo médiatisation ou il y a restriction des actions de communication avec en amont la suspension de contrat liant certaines structures étatiques et la presse.  Sur le sujet, et pour peu dire, cette décision de régenter la communication depuis le palais, pourrait hypothéquer le résultat qu’attendent gouvernement, Ptf et d’autres acteurs de l’Aménagement du territoire. Le gouvernement doit déjà y remédier, dans son ambition de procéder au rééquilibrage du cadre de vie de la population avec, entre autres, la création de l’Agence de réalisation de grands projets dans certaines grandes villes du pays.

M.M


Matin Libre

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