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Annonce d’une succession d’audits par le nouveau régime:Les risques d’une enquête sur Yayi et ses ministres

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La corruption, la gabegie, le clientélisme au sommet de l’Etat, l’absence de contrôle dans la gestion des affaires publiques, concours frauduleux……Une partie de l’opinion publique souhaite que toute la lumière soit faite sur ces maux qui ont caractérisé la gouvernance sous Yayi Boni. Mais le nouveau président préfère ne pas faire la chasse aux sorcières.

Depuis son entrée en fonction le 6 avril 2016, le président de la République, Patrice Talon, fait face à une énorme pression de la population d’où proviennent de nombreux appels l’invitant à se pencher sur le passé de l’ère Yayi Boni et à enquêter sur la gestion de ses collaborateurs jusqu’aux directeurs généraux des sociétés et offices d’Etat. Au sein de la Société civile, des figures de proue à l’image de Jean-Baptiste Elias exigent du nouveau président de la République l’ouverture des procédures judiciaires à l’encontre des auteurs des méfaits connus du grand public et qui ont même fait l’objet d’enquête sous le régime défunt, mais dont personne n’a connaissance des rapports ou encore dont les procès n’ont pas encore livré leur verdict. Les concours de recrutement d’agents à polémique ou dits frauduleux, les dossiers PpeaII relatif à l’accès d’eau potable, la construction du siège de l’Assemblée nationale, le passeport biométrique, la disparition de Urbain Dangnivo, l’achat de l’avion présidentiel, la corruption électorale à visage découvert à la présidence de la République, Icc-services du nom de la plus grande société de placement illégal d’argent, les faux diplômes dans l’Administration, les décrets et arrêtés fantaisistes, tout cela, exigent la Société civile et une partie de l’opinion publique, doit être élucidé sous le régime de la Rupture afin de ne pas faire le lit à l’impunité et à l’injustice. Déjà, à l’avènement du régime de la Rupture, face à la question si l’on laissera tranquille l’ancien chef de l’Etat Yayi Boni, le Garde des Sceaux, ministre de la justice a répondu ce qui suit : « Bien sûr ! Vous savez, au Bénin nous avons deux ou trois présidents en vie. Eh bien, ça va se poursuivre. Il est un citoyen. Donc, il restera au Bénin y compris les membres de son gouvernement. Sauf que nous ne sommes pas des partisans de l’impunité. La justice fera aussi son travail (…) Il faut à un moment donné que les responsabilités soient assumées. » Il s’agit ici de responsabilité des uns et des autres dans les affaires de mal gouvernance. En faisant ces affirmations, le ministre Joseph Djogbénou laisse croire que des procédures seront ouvertes et qu’en cas de responsabilité établie, les mis en cause seront punis conformément aux dispositions légales. A partir de ce moment, il y a de quoi trouver que le gouvernement s’apprête à ouvrir des enquêtes pour vérifier la gestion des affaires sous l’ère Yayi. Si ces enquêtes aboutissent, il n’est pas à exclure que certains ministres soient rattrapés par leur passé. Or, en écoutant Joseph Djogbénou, il a semblé dire que les collaborateurs de Yayi Boni peuvent se tenir tranquilles. Le voilà, dans le même temps, en train d’affirmer qu’eux, les nouveaux gouvernants, ne sont pas des partisans de l’impunité et que la justice fera son œuvre. Ce n’est qu’un jeu de mots servi avec habileté et subtilité. Sinon, il y a une volonté manifeste de demander des comptes à ceux qui ont géré les affaires du pays dans l’opacité et avec délinquance. En plus, depuis que le compte rendu du premier conseil des ministres de Patrice Talon a été rendu public le mercredi 13 avril 2016, plus personne ne doute de cette volonté du nouveau gouvernement de répondre aux attentes d’une large opinion qui réclame des sanctions à l’encontre des pilleurs de l’économie et des fraudeurs de la République. Le compte rendu révèle une véritable pagaille et de sérieux problèmes dans la gestion de l’ex-chef de l’Etat, Yayi Boni. Ce qui sera lourd de conséquences à court, moyen et long termes.

Courageuses et audacieuses, mais comportant des risques politiques

Aussi courageuses et audacieuses, les premières décisions du régime du Nouveau départ revêtent déjà un caractère autoritaire et visent à rétablir la justice, le mérite, la compétence et proscrire l’affairisme et le clientélisme au sommet de l’Etat. Mais d’aucuns craignent que les audits annoncés prennent l’allure de la chasse aux sorcières avec ce que cela comporte comme risques politiques pour le chef de l’Etat. Or, c’est précisément ce genre de situation que Patrice Talon veut éviter en écartant l’idée de la chasse aux sorcières. Car, elle pourrait détourner l’attention du peuple des priorités annoncées sur l’énergie, la santé, l’éducation, la décentralisation, les réformes institutionnelles et politiques, l’agriculture… L’autre risque politique, c’est qu’une succession d’audits pour vérifier la gestion du régime défunt pourrait créer des tensions à l’Assemblée nationale entre députés dont les proches sont concernés par les enquêtes et partisans de Patrice Talon. Or, en ce moment où le chef de l’Etat a besoin de soutiens pour faire passer ses ambitieux projets, cela risque de le bloquer. Le mieux est que le président de la République prenne le soin de ne pas se mettre à dos tous ceux qui pourraient l’aider à réussir son mandat sans oublier qu’il doit donner des leçons de bonnes pratiques gouvernementales où il n’y a point de place à l’amateurisme, à la médiocrité, à la corruption, au régionalisme, à la gabegie, au clientélisme, à la confiscation des libertés fondamentales et démocratiques…..

Fidèle Nanga


 

Actu Bénin

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1 COMMENTAIRE

  1. je pense qu’il doit maintenant bas sur la libert de nos juridiction afin de commencer c’est audit dont on parle pour ne pas avoir les mains lis tel uo tel parce-que nous voudrions la rgularit de tous pour sentir notre pays reprend c’est lans de vite comme cela ce dois merci

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