Animation de la vie politique nationale : Les alliés de Talon brillent...

Animation de la vie politique nationale : Les alliés de Talon brillent par leur silence

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Face aux sujets d’actualité socio-politique nationale, on constate que le Gouvernement du Président Patrice Talon est pratiquement seul contre tous. Les nombreux alliés de la Rupture se comportent comme s’ils ne sont plus dans la République. Même les rares fois qu’ils parlent à l’Assemblée nationale, c’est pour prendre des positions contre le Pouvoir en place.

En mars dernier, une horde de candidats et de partis politiques ont appelé à voter pour le candidat de la coalition de la Rupture, Patrice Talon, au second tour de la dernière élection présidentielle. Sébastien Ajavon, avec plus de 22% des suffrages, a soutenu l’actuel Président de la République, en compétition contre Lionel Zinsou. M. Ajavon avait dans son camp des députés et acteurs politiques, pas des moindres. Les honorables Valentin Houdé, Sofiath Schanou, Claudine Prudencio, Rachidi Gbadamassi et consorts étaient ses soutiens de taille. D’autres candidats malheureux du 1er tour tels que : Robert Gbian, Me Marie-Elise Gbèdo, Issa Badarou ont soutenu Patrice Talon. Le 22 mars 2016, le Parti du renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji s’est rallié à la coalition de la Rupture. Il y a quelques semaines, l’Union fait la Nation (Un) et Bruno Amoussou se sont réclamés du Pouvoir en place.
Chose curieuse, on ne sent pas ces hommes politiques aux côtés du régime de la Rupture actuellement en difficulté. On ne les voit pas défendre le Gouvernement sur les réformes politiques et institutionnelles, la carte universitaire, la crise au campus universitaire d’Abomey-Calavi, l’insécurité grandissante, la morosité économique. Même pas des propositions pour aider le Président Patrice Talon.

Comment peut-on expliquer ce silence des alliés du régime de la Rupture ?

Apparemment, les soutiens du Président Patrice Talon ne trouvent pas encore leurs comptes dans le système en place. Ce sont ceux qui ont soutenu le candidat Talon dès le 1er tour qui occupent la plupart des postes stratégiques dans l’appareil d’Etat. L’Union fait la Nation n’a qu’un seul ministre au Gouvernement en la personne de Lazare Sèhouéto qui est d’ailleurs l’un des alliés de premières heures du Chef de l’Etat. Sébastien Ajavon, avec plus de 22% des suffrages, n’a que trois ministères sur vingt-un. Les autres candidats malheureux n’arrivent même pas à placer les leurs dans le système. C’est comme si le silence qui s’observe actuellement est le signe du mécontentement de la classe politique qui s’est battue pour l’arrivée au Pouvoir du Président Patrice Talon. Et, le Gouvernement ne s’en préoccupe pas visiblement. Le fait que le régime de la Rupture tient à ne faire qu’un seul mandat à la tête du pays en est sûrement pour quelque chose.
C’est exactement ce qui s’était passé au début du 1er mandat de l’ancien Président de la République, Boni Yayi. Les acteurs politiques déçus, en l’occurrence ceux de l’alliance Wloguèdé, après avoir observé une période de silence, avaient commencé par sortir leurs griffes. C’est parti pour plusieurs années d’opposition farouche contre les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Alors, ce ne sera pas surprenant de voir une forte opposition se constituer bientôt contre le président Patrice Talon. On voit déjà les signaux à l’Assemblée nationale. C’est dire que les réformes politiques et institutionnelles du régime de la Rupture auront du mal à aboutir, si rien n’est fait pour régler le malaise au sein de la mouvance présidentielle actuelle.

Paul Tonon

aCotonou

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