Affaire garde du corps des députés:Deux émissaires de Talon chez Houngbédji

Affaire garde du corps des députés:Deux émissaires de Talon chez Houngbédji

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Signe d’apaisement après les agitations soulevées par la décision gouvernementale de retirer aux députés les gardes du corps, policiers et gendarmes pour les remplacer par des militaires, les ministres Candide Azannaï et Sacca Lafia ont échangé à ce sujet avec le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji au Palais des gouverneurs ce mardi 31 mai.

On ne peut pas souhaiter mieux entre L’Exécutif et le Législatif en voyant venir l’orage dans leurs relations au sujet de la mesure prise par le gouvernement portant retrait des gardes du corps, policiers et gendarmes aux députés. Ce mardi, le gouvernement représenté par deux ministres Candide Azannaï de la sécurité et Sacca Lafia de la défense, signataires de l’arrêté interministériel ont rencontré le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Analysant les implications de la décision et au regard des soucis exprimés par les députés, ils ont opté pour une solution intermédiaire en attendant que la plénière débatte du sujet. Alors que les policiers et gendarmes ont été déjà retirés depuis hier du dispositif sécuritaire des députés, il a été décidé d’instruire le Commandant militaire de l’Assemblée nationale aux fins qu’il les rappelle à revenir sur leurs pas. Les discussions qui ont eu lieu au Palais des gouverneurs viennent ainsi dissiper l’orage que beaucoup avaient prédit dans les relations entre les deux institutions. Cependant, la question n’est pas encore résolue, ont laissé entendre nos sources, car, il s’agissait de trouver une solution temporaire en attendant un dénouement. Dans les semaines à venir, le Parlement va en débattre et donnera sa position au Gouvernement. Dans une telle projection, les députés sont dans la logique de choisir eux-mêmes leurs gardes du corps. Ils justifient leur position en évoquant les dispositions du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, notamment les articles 73.1 et 126. Le 73.1 indique que le président fixe avec le bureau l’importance des forces de sécurité à placer sous ses ordres. Au titre V du même règlement, le 126 confirme le 73.1. Pour autant, faut-il conclure qu’il revient au président de l’Assemblée nationale et son bureau d’imposer les policiers et les gendarmes comme corps de sécurité des députés, alors que la loi leur demande de fixer l’importance des forces de sécurité dont ils ont besoin ? Peut-être non. Le débat est loin d’être clos si l’Exécutif doit défendre sa position selon laquelle les policiers et les gendarmes doivent retourner dans leurs unités en manque d’effectifs pour faire face à l’insécurité grandissante, leur mission première. Dans ce débat, à chacun d’interpréter à sa manière, la notion forces de sécurité. Pour le moment, il faut trouver une solution face à la question sécuritaire, non seulement des députés, mais aussi et surtout des populations qui s’estiment de plus en plus seules face aux malfrats armés. Personne n’est à l’abri. Il revient cependant au gouvernement de prendre des mesures pour garantir la sécurité à tous.

Les députés préoccupés par leur propre sécurité

Depuis la prise de la décision, que d’encre et de salive ! Les élus de la Nation ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes face à la question en demandant au bureau de l’institution de leur indiquer la conduite à tenir avant le 31 mai 2016, date à partir de laquelle la décision sera mise en vigueur. A la plénière de lundi 30 mai, soit à 24 heures du délai imparti aux agents de sécurité concernés pour rejoindre leur base, le sujet a soulevé diverses réactions, que l’on soit de la majorité parlementaire ou de la minorité. Me Adrien Houngbédji a promis utiliser ses prérogatives pour entrer en contact avec le gouvernement. Les démarches entreprises ont porté leurs fruits. La preuve, c’est la présence des deux émissaires de Patrice Talon au cabinet de Adrien Houngbédji. Les choses ont évolué et le changement de météo a concilié les positions. Comme quoi, les loups ne se mangent pas entre eux. Alors que les députés se montrent inquiets pour leur vie après le retrait des gardes du corps, ils sont restés étrangement discrets sur la terreur qui frappe les populations au jour le jour. Cela n’a pas échappé à notre vigilance.

Fidèle Nanga

Actu Bénin

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