Absence d’une réelle opposition:Talon d’Achille du "Nouveau départ"

Absence d’une réelle opposition:Talon d’Achille du "Nouveau départ"

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Depuis l’avènement de la « Rupture », il y a la crainte de l’absence d’une réelle opposition. Cette crainte se confirme de plus en plus, alors que le débat politique se cristallise à tort, sur l’opportunité ou non d’un mandat unique.

La classe politique doit éviter de plonger, une fois de plus, le pays dans l’impasse. Les difficultés et la catastrophe frôlées pendant les années « Yayi » sont encore fraîches dans les mémoires. On a vécu toutes les formes d’excès, avec les conséquences graves que l’on sait. Il faudra certainement plus de temps pour mesurer à sa juste mesure, l’ampleur des dégâts. Entre-temps, selon l’une de ses promesses de campagne, le gouvernement Talon a initié les réflexions autour des réformes politiques majeures à engager pour insuffler un nouveau dynamisme à l’appareil d’Etat. Les positions sont aujourd’hui cristallisées ou tranchées sur le type de mandat qu’il faut adopter. Beaucoup d’encre et de salive coule quant à ce qui apparaît comme une polémique inutile. Or, s’engouffrer dans cette brèche, c’est reléguer au second plan, le désormais complexe, mais très utile, débat sur la vie des partis. Car, les réformes pour corriger le système partisan, restent malgré tout d’une déconcertante actualité. Rien, à ce propos, ne saurait justifier le vide politique qui se profile devant le régime du « Nouveau départ ». Car, toute proportion gardée, et les considérations partisanes mises à part, l’absence d’une réelle opposition est préjudiciable à l’action de tout gouvernement. Certes, jusque-là, il y a quelque velléité d’opposition au Parlement. Quelques figures ou barons de l’échiquier politique essayent de ralentir le gouvernement dans sa logique. Mais, dans le fond, il n’y a pas grand-chose. D’ailleurs, et plus grave, les partisans Fcbe ou ce qu’il en reste ne veulent visiblement pas endosser le rôle d’opposant. Cela se comprend. Personne ne veut endosser le bilan catastrophique du régime Yayi. Même les thuriféraires d’une époque récente, qui passaient par monts et vallées et usaient de tout pour défendre l’indéfendable, se sont tout simplement effacés. Ce n’est peut-être pas par manque de volonté ou par l’absence d’esprit critique. Certains ont peut-être trop de cadavres dans les tiroirs pour pouvoir réagir, et agir à découvert sans être inquiétés par les pouvoirs publics. D’autres restent tout simplement orphelins de l’ex-tout-puissant « prince de Tchaourou « , et psychologiquement incapables d’assumer les fonctions dans lesquelles ils ont été poussés sans avoir gravi les échelons, et sans être sérieusement préparés d’avance. Ainsi va la politique du règne sans partage, et du « après moi le déluge ». A part une communication hier pour défendre, avec des chiffres venus d’ailleurs, le piètre bilan de la décennie de pagaille et de scandales, en plus de soixante jours, personne n’a pu défendre le règne de Yayi.

Une opposition autour de Zinsou ?

À la différence de ce qui se passait il y a peu, le chef de l’Etat n’inaugure plus à tout va du vide. L’Ortb est devenu à peu près fréquentable, du moins très sage. Le parti ou l’alliance au pouvoir n’occupe plus les antennes de la Télévision nationale 40 minutes sur les 45 du Journal parlé. Cette époque semble désormais révolue. Il n’y a plus aussi, sur les autres institutions de l’Etat, cette pression forte, à la limite dictatoriale pour aller toutes dans le même sens. Cependant, pour la vitalité de la démocratie, et afin que l’honneur des politiciens soit sauve, il doit y avoir qui ne vont pas dans le même sens que le « roi ». Il faut, une fois pour toutes, finir avec la « bâtardise » qui consiste à demander aux institutions de contre-pouvoir d’être « complices ». C’est une responsabilité pour la classe politique, a fortiori des élus et mandants du peuple, de construire une autre alternative, et pourquoi pas, une opposition structurée au régime de « Nouveau départ ». Certes, une opposition veule et pusillanime ne servira à rien. Mais, une opposition arcboutée sur des idées fortes, autour d’un autre projet de société. C’est en cela que la présence sur l’échiquier politique national, d’une personnalité de l’envergure de Lionel Zinsou aurait été sans doute bénéfique. Il a la carrure, l’intelligence politique, en quelque sorte le bagout idéal, pour endosser le rôle. Ce serait pour lui la meilleure façon de préparer 2021. Alors qu’il reste sur l’arrière-goût amer d’une défaite aux portes de la Marina, l’occasion de rebondir lui est maintenant offerte sur un plateau d’or. Il peut rassembler autour de sa personne les personnalités laissées sur le quai des ratés du « yayisme ». Malheureusement, l’ancien Premier-ministre semble avoir déjà abandonné son rôle. Si cela persistait, il lui serait difficile de se représenter. A moins, peut-être, qu’il n’a jamais voulu véritablement jouer ce rôle.

Wilfrid Noubadan

 
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