A l’ère du renouveau démocratique : Ces seconds tours qui ont marqué...

A l’ère du renouveau démocratique : Ces seconds tours qui ont marqué l’histoire

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La continuité ou la rupture ? Les spéculations vont bon train. Plus que jamais, les Béninois sont intéressés par les tractations et ce à quoi pourrait ressembler le verdict du duel qui mettra, le 20 mars prochain, aux prises au second tour de la présidentielle de 2016, le candidat de la coalition Fcbe-Prd-Rb, Lionel Zinsou et celui du ‘‘Nouveau départ’’, Patrice Talon. Mais avant, l’histoire des seconds tours sous le renouveau démocratique a donné à voir à des intrigues, de l’imposture et de palpitantes tractations.
Déjà, lors de la première élection du renouveau démocratique en 1991, il y avait eu au second tour le président sortant, Mathieu Kérékou contre le premier ministre issu de la conférence nationale, Nicéphore Dieudonné Soglo. Mais à l’époque, contre toute attente, Albert Tévoèdjrè arrivé en troisième position a demandé à ses électeurs de voter selon leur conscience. Nicéphore Soglo gagnera avec la bénédiction d’Adrien Houngbédji et de Bruno Amoussou arrivés respectivement en 4ème et 5ème position. L’esprit de la conférence nationale et le vent du renouveau ont, sans doute à l’époque, prévalu dans leur choix.
Mais en 1996 où les Béninois ont eu droit à la répétition de la finale de 1991 avec Nicéphore Soglo et Mathieu Kérékou au second tour, le contexte et le dénouement furent tout autre. Là, le président du Prd, Adrien Houngbédji, arrivé troisième et le président du Psd et de l’Assemblée nationale, Bruno Amoussou logé à la 4ème place ont rejoint le Général Mathieu Kérékou. Mais avant eux, il y avait aux côtés du candidat Kérékou au premier tour, des acteurs politiques majeurs sur l’échiquier politique notamment le Directeur de campagne, Sévérin Adjovi et le renard de Djrègbé, Albert Tévoèdjrè. Et à l’issue des tractations pour le second tour, beaucoup de Béninois se remémorent encore la réconciliation théâtrale entre Adrien Houngbédji et Albert Tévoèdjrè. Tout compte fait, le Général Kérékou reviendra au pouvoir en prenant sa revanche sur Nicéphore Soglo.
L’extase des seconds tours !
Cinq ans plus tard, le Général Kérékou rempile. Cette fois-ci, le scénario est inédit. Après le désistement de Nicéphore Soglo arrivé deuxième et de Adrien Houngbédji, classé troisième, le Général a finalement eu comme challenger, dans un match amical au second tour, son ministre du plan Bruno Amoussou qui, à l’issue du premier tour, est arrivé en quatrième position.
En 2006, ‘‘l’intrus’’ Boni Yayi, candidat du changement et donc de la rupture obtient au second tour, le soutien de l’Alliance Wologuèdè pour battre son challenger et grande figure de la classe politique nationale, Adrien Houngbédji. Alors composée des partis politiques comme la Rb, le Psd et le Madep, l’alliance Wologuèdè n’avait d’ailleurs pas eu, devant l’engouement populaire, d’autre choix que de porter à l’époque le candidat au logo cauris.
Enfin en 2011, le président sortant Boni Yayi a plié l’élection au premier tour par un K.O retentissant et historique qui n’a pas permis aux Béninois d’avoir droit au remake du second tour de la précédente présidentielle pour un duel Boni Yayi-Adrien Houngbédji. Comme Nicéphore Soglo en 1996 sur le Général Kérékou, Adrien Houngbédji est passé à côté d’une revanche sur Boni Yayi en 2011. En somme, dans cette bataille que se livrent Lionel Zinsou et Patrice Talon pour occuper le 6 avril prochain, le douillet fauteuil présidentiel, il faut s’attendre à tout. Intrigues, volte-face et même imposture. Le 20 mars prochain et les jours qui le précèdent sont tout simplement très courts pour vivre l’extase qu’offrent les seconds tours de la présidentielle au Bénin.
Angelo DOSSOUMOU

aCotonou

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