A Cotonou, des électeurs votent pour un « changement » à la tête du...

A Cotonou, des électeurs votent pour un « changement » à la tête du pays (Reportage)

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Dans une file de plus 20 personnes, Essoun Kokou, la quarantaine, attend patiemment depuis l’aube son tour dans un poste de vote du quartier Djovè (Centre de Cotonou) pour élire le nouveau président béninois, souhaitant à l’instar de quelques électeurs un choix marquant « la rupture » afin d’amorcer le « changement » pour ’’le développement’’ du pays.

Le nouveau pouvoir devrait « balayer tout ce que le régime passé à semer », entre autres « la corruption, les concours frauduleux pour installer la discipline afin que le pays se développe », affirme Kokou, assis sur un banc à l’entrée de l’école primaire Aboubakar, un lieu de vote.

Pour la plupart des jeunes, dont le pourcentage à l’échelle nationale représente plus de 60% de la population béninoise, le nouveau dirigeant devrait « tourner la page » de toute forme de gabegie et s’atteler à impulser cette frange de la population.

« Je voudrais que les anciennes têtes (personnalités au pouvoir depuis plusieurs années) partent, on veut voir » de nouveaux dirigeants, argue Brice Djossou, la vingtaine, à la sortie du centre de vote Guillot-Zongo (Cotonou).

Quelques mètres plus loin, Adjawara Assa échange, devant un bureau de vote, avec sa sœur aînée. Elle ne cache pas avoir voté pour la « rupture par ce que (son) pays est trop désordonné ». Pour cette jeune dame, l’ex-directeur Afrique du FMI, Abdoulaye Bio Tchané, pour incarner les aspirations du peuple.

Comme Adjawara, 4,7 millions d’électeurs étaient appelés dimanche à élire le successeur du président sortant Yayi Boni qui a effectué deux mandats de cinq ans.

La candidature de Lionel Zinsou, le Premier ministre sortant, représentant de Force cauris pour un Bénin (FCBE), l’alliance au pouvoir, perçu comme la continuité de la gouvernance de Yayi Boni, jugée mitigée par plusieurs jeunes.

« J’ai voté pour la rupture parce que notre pays est trop désordonné ». Certes M. Zinsou peut aider le pays à améliorer ses conditions de vie, mais « malheureusement on ne peut pas l’accepter » à cause de ses penchants souvent pro-européens.

A son arrivée à la primature, il a limogé « six conseillers » béninois pour les remplacer par des Français, s’insurge Issa, un étudiant en master, qui craint une poursuite de la politique de la « Françafrique ».

Trente-trois candidats en lice pour la présidentielle dont le Premier ministre Lionel Zinsou, l’ancien directeur Afrique du Fonds monétaire international (FMI) Abdoulaye Bio Tchané, les hommes d’affaires Sébastien Ajavon et Patrice Talon.

DEK, envoyée spéciale à Cotonou

aCotonou

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