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58 ans après le Référendum de 1958 : Patrice Talon contredit Sékou Touré

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« La liberté dans la pauvreté n’est qu’un leurre », affirme-t-il
Dans son discours à la nation, prononcé à la veille de la commémoration du 56e anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale, le Président de la République Patrice Talon, a affirmé que « la liberté dans la pauvreté n’est qu’un leurre ». Pour patrice Talon, La liberté n’est pas une fin en soi, elle est un moyen de développement. Talon s’oppose ainsi à l’ancien Président de la Guinée, Sékou Touré, qui, refusant d’appartenir à la communauté franco-africaine que proposait le Général de Gaulle pendant la période de la marche vers l’indépendance des pays de l’Afrique occidentale française (Aof), affirme : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté que la richesse dans l’esclavage ». En effet, sous la pression de la communauté internationale, l’obligeant à accorder l’indépendance aux colonies de l’Aof, le Général de Gaulle propose la création en 1958, d’une communauté franco-africaine, à laquelle les colonies de l’Aof sont appelées à intégrer en votant « Oui » au référendum de septembre 1958. Sachant que la communauté en question regroupe en fait des Etats africains, qui confieraient leur politique extérieure, leur défense et leur monnaie au gouvernement français, tous les territoires de l’Aof votent « Oui » sauf la Guinée de Sékou Touré qui signifie au Général de Gaulle : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté que la richesse dans l’esclavage ». Sékou Touré était alors président du Conseil du gouvernement et député-maire de Conakry. Il recevait le chef de l’Etat français dans le cadre d’une tournée dans les Territoires d’Outre-Mer pour faire la promotion de son projet de Constitution visant la création d’une Communauté franco-africaine. Ainsi, Le 28 septembre 1958, la Guinée vote «Non» à l’occasion du référendum sur le projet de Constitution proposé par le général Charles de Gaulle, à cet effet. Elle est ainsi le seul territoire, parmi les colonies françaises d’Afrique, à prendre le chemin de l’Indépendance. Celle-ci sera prononcée le 2 octobre 1958. Et, 58 ans après, le Président Patrice Talon s’oppose à cette assertion et à cette conviction de Sékou Touré.

Talon pourra-t-il relever le défi ?

Ce qui est certain, les pays africains concernés sont toujours à la traine, à la recherche de leur voie et modèle de développement. L’essor de l’Afrique en général et du Bénin en particulier, au-delà des théories, doit être repensé. Il faut trouver des modèles adaptés aux réalités africaines. Il faut opérer des choix rigoureux  dépassant toute considération et tenant compte des ressources disponibles. Et comme l’affirme Patrice Talon qui semble avoir pris la mesure des choses : « Il nous appartient de décider et de prendre la mesure des choses, de faire des choix pertinents qui tiennent compte de nos potentialités, de nos talents et compétences, ainsi que des ressources disponibles pour aller résolument à la conquête du développement ». Patrice Talon veut relever ces défis en se fondant sur des réformes politiques, institutionnelles et administratives qu’il entend mettre en œuvre pour conforter la démocratie et permettre la bonne gouvernance. Pour le Chef de l’Etat, l’essor économique et social du Bénin est fortement tributaire du modèle d’organisation politique institutionnelle du pays ainsi que de la qualité de sa gouvernance aussi bien centrale que locale. Il propose donc impérativement de réformer le modèle politique tel qu’il est issu de l’historique conférence nationale de février 1990 par « le rétablissement  d’un équilibre constructif entre les institutions constitutionnelles, le renforcement de l’indépendance de la justice, la lutte contre l’impunité, la réforme du système partisan et la stabilité du code électoral. Patric Talon semble donc disposer de la clé du développement du Bénin et dispose des moyens pour y arriver. Les Béninois ont placé leur confiance en lui et Il est à l’œuvre. La fin justifiera les moyens.

Thomas AZANMASSO


Matin Libre

Commentaires

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1 COMMENTAIRE

  1. Chaque temps avec ses défis. Talon en 1958 aurait probablement soutenu Sékou Touré, car la proposition de De Gaule d’alors ne garantissait aucune prospérité pour les pays africains

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