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21 ministres pour le Nouveau départ : Décryptage du 1er gouvernement de la Rupture

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Comme annoncé, le 1er gouvernement du président Patrice Talon est rendu public hier sur le JT de 20 h  à la télévision nationale par le tout nouveau secrétaire général du gouvernement Edouard Ouin-Ouro. Il est composé de 21 membres. On peut donc dire que le nouveau président a tenu parole quant à la réduction annoncée de l’effectif qui passe désormais de 28 à 21 portefeuilles ministérielles. Par contre, c’est un gouvernement légèrement en hausse par rapport au chiffre de 16 ministres évoqué par le président Talon lors d’un point de presse  à son domicile à l’issu des résultats provisoires du second tour.

Gouvernement de remerciement : Talon en porte à faux avec ce qu’il avait déclaré

« Mon gouvernement ne sera pas un gouvernement de remerciement mais de compétence », avait dit le président Patrice Talon lors du point de presse qu’il a tenu le 25 mars 2016 après la publication par la Cour des résultats provisoires.  Mais à la lecture des noms des 21 ministres du gouvernement de la Rupture, il est plus qu’évident que c’est beaucoup plus un gouvernement de remerciement que de compétence. Loin de dénier la compétence à des ministres comme Abdoulaye Bio Tchané, Pascal Irénée Koupaki, Candide Azannaï, Joseph Djogbénou, Sacca Lafia, Oswald Homéky, Lazare Sèhouéto, Marie Odile Attanasso et bien d’autres, la première impression qu’on a, à l’annonce de ces noms, c’est que le président Patrice Talon a tenu à exprimer sa gratitude à ceux-là qui ont porté sa candidature et ont vraiment mouillé le maillot pour qu’il soit élu. C’est vrai que compétence peut aussi rimer avec remerciement mais pour avoir dit que le 1er gouvernement de la Rupture ne saurait être un gouvernement de remerciement, cela peut amener à penser que Patrice Talon est en porte à faux avec sa déclaration à la lecture des noms sus-cités.

L’approche genre banalisée

Adidjatou Mathys,  Marie-Odile Attanasso, Rafiatou Monrou. Ainsi se présente la liste bien courte et interpellative des femmes du 1er gouvernement du président Patrice Talon. Respectivement, ministre du Travail de la fonction publique et des affaires sociales ; de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique ; de l’économie numérique et de la communication, elles sont seulement trois sur les 21 ministres qui composent le gouvernement. Environ 18% donc. Loin de faire un procès au nouveau locataire de la Marina, cette faible représentativité des femmes dans son gouvernement laisse pantois. Il est vrai qu’en son temps, l’homme avait clamé qu’il ne tiendra compte que de la compétence. Il avait laissé entendre que dans la composition de son état-major, ni l’équilibre régional ni l’approche genre ne sera une priorité. Mais de là, à former un gouvernement dont la gent féminine est pratiquement inexistante, est à la limite un illogisme. Pourtant, avec 52% de la population, de femmes compétentes, le Bénin en regorge. Qu’est ce qui n’a donc pas marché ?

Rupture et secteur de l’Enseignement…

La rupture n’a visiblement pas pris par le secteur de l’enseignement. Les trois portefeuilles à ce niveau, ont été simplement maintenus. On parlera toujours du Ministère de l’enseignement maternel et primaire ; du Ministère de l’enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle ; et du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.  Pour certains observateurs, cela est dû au fait que l’éducation est un secteur sensible. Selon qu’il s’agisse d’un Ministère ou d’un autre,  les défis à relever sont nombreux. KarimouSalimane, Lucien Kokou et Marie-Odile Attanasso, étant les maîtres à bord, sont  appelés à valoir leurs compétences.

Promotion de la jeunesse imperceptible. Mais…

Le premier gouvernement du président Patrice Talon n’a cure de la jeunesse. Elle est très peu représentée. En dehors des ministres des Sports et des Finances, les ‘’vieux’’ se sont taillé la part du lion. Toutefois, il faut préciser que sans les nommer dans son gouvernement, le président Talon a promu d’autres jeunes. Guy Mitokpè, Orden Alladatin, Issifou Amadou, font désormais leur entrée au parlement. Ils remplacent Candide Azannaï, Joseph Djogbénou, et Sacca Lafia désormais ministres.

Disparition de la primature

Le premier gouvernement de Patrice Talon se signale par l’absence du poste de premier ministre, comparativement aux gouvernements précédents. En supprimant le poste de premier ministre, Patrice Talon est certainement animé de la volonté de respecter la constitution du Bénin. En effet, le poste de premier ministre n’est pas prévu par la constitution du Bénin. Cependant sous des régimes précédents, ce poste est parfois pourvu, faisant ainsi entorse à la loi fondamentale du Bénin. Patrice Talon a donc voulu marquer la rupture à ce niveau en mettant fin à cette pratique. Cependant des rumeurs avaient circulé, faisant état de quelques difficultés liées à ce poste par rapport au positionnement de Pascal Koupaki et Abdoulaye Bion Tchané. Le tout nouveau président de la République aurait certainement aussi voulu éviter les querelles de personnes au sommet en renonçant à la primature.

Azannaï seul ministre délégué

A consulter la liste du nouveau gouvernement, on se rend compte que Candide Azannaï est le seul ministre délégué auprès de la présidence de la République. Azannaï qui pourtant était l’un des chantres de Patrice talon, l’un des maîtres à penser du mouvement ayant conduit PatriceTalon au pouvoir, nommé au poste de ministre délégué est chose bien étonnante. Ce titre accordé à Azannaï, l’un des barons du régime laisse tout de même perplexe, vu que le ministre délégué a le devoir de rendre compte de toutes activités au Chef de l’Etat.  Est-il le signe d’un manque de  confiance en la personne ou d’une crainte d’un excès de zèle de Candide Azannaï ?

Obligation de passer service sous 24 heures

Selon communiqué lu par le secrétaire général de gouvernement, les ministres sont tenus par l’obligation de passer service dans la journée de ce jeudi. En contraignant les ministres à passer service au plus tard 24 heures après la publication de la liste du nouveau gouvernement, le régime de la rupture aurait repris un aspect positif du changement prôné par Yayi Boni. En effet en 2006, Yayi Boni avait imprimé la même injonction aux ministres du premier gouvernement, avec une grande célérité dans la passation. Une pratique copiée donc par Patrice Talon de son prédécesseur Yayi Boni.

Le retour des vieux routiers

Le tout premier gouvernement de Patrice Talon, promoteur de la compétence révèle la présence de 8 anciens ministres. Lazare Sèhouéto,Didier Tonato  et Abdoulaye Bio Tchané sous Kérékou et Adidjatou Martins, Allassane Séïdou, Pascal Irénée Koupaki, Candide Azannaï et Saca Lafia, sous Yayi Boni, sont les anciens ministres qui ont renoué avec des postes ministériels. S’il est vrai que Patrice Talon veut promouvoir la compétence, il n’en demeure pas moins que l’expérience ministérielle ne rime pas nécessairement avec la compétence. Patrice Talon aurait préféré promouvoir la couche juvénile en lui permettant d’acquérir de l’expérience que de faire resurgir les vieux routiers qui ont déjà fait leur preuve et qui n’ont plus rien à démontrer.

Matin Libre

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