100 jours du Nouveau départ : Le bilan politique de Talon

100 jours du Nouveau départ : Le bilan politique de Talon

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Presque plus de doute sur ce à quoi ressemble au plan politique, l’énigme Rupture. Cent jours après l’avènement du président Patrice Talon à la tête de l’Etat, l’un des constats les plus frappants est la fin de la ‘‘politique spectacle’’. Erigés en règle au cours du règne de son prédécesseur, les meetings de remerciement, les messes d’action de grâce des personnalités nommées, les fréquentes conférences de presse pour répondre aux détracteurs du chef de l’Etat ont, comme par enchantement, disparu du vocabulaire des acteurs politiques. Cent jours, et les Béninois ont compris que la politique peut se faire sans tapage médiatique ni brouhaha intempestif pour démontrer que le travail pour lequel l’on est élu se fait bien et pour l’intérêt général.
D’ailleurs à ce propos, le président Patrice Talon pense qu’il faut forcément des réformes politiques et institutionnelles pour amener les prochains gouvernants à mieux se consacrer à la tâche républicaine pour laquelle ils sont élus. Et au nombre de ses premières actions, les Béninois ont eu droit à la mise sur pied d’une Commission en charge des réformes politiques et institutionnelles où toutes les sensibilités politiques ont été représentées. Un rapport a été présenté au chef de l’Etat il y a quelques jours et les attentes sont grandes quant au prochain toilettage et à l’actualisation de la Constitution du 11 décembre 1990 au vu des failles notées dans sa mise en œuvre au cours des vingt-cinq dernières années.

La classe politique attentiste
Mais, la grande insuffisance notée ces cent derniers jours et qui pourrait nuire à la démocratie béninoise si l’on n’y prend garde, c’est l’attentisme des opposants au régime en place. Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) restés fidèles à l’ancien président Boni Yayi se font, depuis le départ de leur leader de la Marina, désirer sur la scène politique. Est-ce parce qu’il n’y a pas d’élections avant trois ans ? Sinon, à quand la fin de l’état de grâce pour le président Talon ? Quand on sait que le rôle primordial des partis est l’animation de la vie politique et qu’après cent jours de gouvernance de l’équipe Talon, il y a encore des formations politiques majeures qui tardent à faire connaître leur position, il y a lieu de s’inquiéter pour l’avenir de la démocratie au Bénin. Ceci, surtout que ce ne sont pas des pratiques critiquables comme les nominations un peu trop politiques contrairement aux promesses faites au peuple qui manquent.
Seulement, cette situation n’est pas imputable au président Talon mais à une classe politique immature et trop ‘‘calculatrice’’. La preuve, il n’a pas fallu longtemps pour voir des retournements de veste au parlement qui ont facilité la tâche au chantre du Nouveau départ dans les batailles pour les postes de 2ème Secrétaire parlementaire et de président de la Commission des lois. Par contre, quand il s’est agi de désigner les remplaçants des ministres Sacca Lafia et Candide Azannaï à la Haute cour de justice, les députés ont montré qu’ils pouvaient se ‘‘rebeller’’ quand leur intérêt est en jeu. Conséquence, le jeune député Guy Mitokpè a été sacrifié sur l’autel de la Realpolitik au parlement.

Le courage politique est là !
C’est dire qu’au palais des gouverneurs à Porto-Novo, au vu des cent jours de la gouvernance Talon, la recomposition politique est loin d’être définitivement acquise pour le compte de la Rupture. N’empêche, le président Talon, dans un contexte politique délicat, pose des actes louables et fort courageux pour le développement de son pays. Ainsi, en dehors de la désignation des chefs-lieux des 12 départements, il y a la suppression des institutions budgétivores, la réduction des portefeuilles ministériels, l’assainissement décrété dans les représentations diplomatiques…
Evidemment, pour le président Talon, la liberté d’agir et de prendre, à la limite des décisions qui peuvent s’avérer au finish impopulaires ne souffre d’aucun handicap. Car, fait rarissime, il n’a sollicité qu’un seul mandat à ses compatriotes. Raison de plus pour qu’il marque positivement son passage à la tête de l’Etat en dotant son pays de mécanismes devant contraindre les futurs dirigeants à plus de retenue et à ne pas tomber dans les travers du pouvoir absolu. En tout cas, en cent jours de gestion du pouvoir, les signes annonciateurs de la détermination du président Talon à épouser cette logique ne font plus l’ombre d’aucun doute. La rupture au plan politique est en marche. Après cent jours, beaucoup apprécient la méthode Talon. Mais, les nostalgiques de l’ère Boni Yayi ne manquent pas. Nouveau départ pour une politique au service du développement avons-nous dit ? Ainsi va-t-il après cent jours du président Patrice Talon à la Marina.
Angelo DOSSOUMOU

aCotonou

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