06 avril 2016 – 06 mai 2016: Déjà un mois au pouvoir,...

06 avril 2016 – 06 mai 2016: Déjà un mois au pouvoir, le système Talon ébranle tout

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Patrice Talon marque déjà du terrain, depuis un mois qu’il a été investi président de la république. Décisions et mesures fortes, annulations et suspensions tous azimuts, déclarations tapageuses, réaménagements profonds du système de gestion en cours. Le tableau est alléchant.
06 avril 2016-06 mai 2016. Il y a exactement un mois que l’homme d’affaires Patrice Talon a été officiellement investi président de la République, à la suite de sa brillante élection. Un mois étoffé de décisions hardies, allant contre plusieurs mesures prises par le régime défunt. Le chantre de la Rupture avait déjà annoncé les couleurs dès les lendemains de la proclamation des résultats définitifs de cette présidentielle par la Cour constitutionnelle, «le bons sens, l’équité et la quête de l’intérêt national doivent être au cœur du nouveau système de gestion ». D’abord une cérémonie d’investiture sobre, sans la présence de chefs d’Etats étrangers, sans tambours ni trompettes. Puis dans la même journée de ce mercredi 06 avril 2016, la publication d’un gouvernement réduit de 21 membres contre les 27 sous le régime sortant, composé en grande partie de personnalités de haute compétence dans leurs domaines respectifs. Une refonte totale du conseil des ministres qui retrouve sa forme normale avec à nouveau une seule séance hebdomadaire.
Des premiers actes du système Talon qui ont suscité sans tarder une adhésion populaire et une satisfaction perceptible chez beaucoup d’acteurs politiques ou non. «C’est vraiment le nouveau départ », s’est réjoui un syndicaliste de renom, sous anonymat. Mais ce n’est pas fini.
Patrice Talon et son gouvernement sont allés très vite sur d’autres fronts. Des décisions fortes en peu de temps : suspension de tous les concours à polémiques organisés depuis janvier 2015, abrogation de plusieurs décrets présidentiels à controverse pris par le régime défunt, règlementation de l’utilisation des gyrophares par les personnalités étatiques, interdiction des postes téléviseurs dans les services publics, réaménagement du système de fonctionnement des départements ministériels… Même sans avoir procédé à de nouvelles nominations aux grands postes de responsabilité, surtout au niveau des grandes sociétés de l’Etat, le régime Talon créé déjà une certaine panique dans les rangs des cadres de l’Etat, davantage perplexes sur leur sort sous le vent de la Rupture. Le dernier conseil des ministres en a rajouté à la panique avec l’annonce du regroupement de certains postes sensibles comme ceux de directeur des ressources financières et du matériel et du directeur des ressources humaines qui disparaissent bientôt sous une nouvelle appellation, c’est-à-dire, Direction des finances et de l’administration. Bref, tout semble se transformer pour donner corps à un réel nouveau départ.

Des actes et propos à polémique
Si d’un côté le gouvernement multiplie les décisions et mesures qui font des vagues, le chef de l’Etat, lui-même, en fait de même à travers ses propres actes. On peut inscrire sur ce registre la fameuse rencontre dite de réconciliation d’Abidjan entre lui et son prédécesseur ‘’frère-ennemi’’, Boni Yayi, sur l’initiative des présidents Alassane Ouattara et Faure Eyadéma. Une rencontre que beaucoup de personnalités béninoises ont désapprouvée, non seulement parce qu’elle s’est déroulée sur une terre étrangère, mais aussi parce qu’elles redoutent un piège de Yayi Boni, appelant vivement son successeur à être méfiant vis-à-vis de lui. Du reste, Patrice Talon, en acceptant d’aller se réconcilier avec Yayi à Abidjan, n’a pas contenté beaucoup de Béninois qui ont d’ailleurs estimé que cette rencontre était de trop et « inutile » après celle du matin du 06 avril au palais de la présidence à Cotonou, où les accolades entre les deux hommes semblaient avoir déjà tout réglé. L’autre acte non moins critiqué de Patrice Talon en ce premier mois de son règne est sa déclaration de Paris, à l’occasion de sa première visite officielle à l’Elysée. En déclarant, dans la foulée, que « le Bénin est un désert de compétences » et qu’il faille que la France lui vienne au secours dans ce domaine, Patrice Talon a suscité un vent d’indignations, notamment dans les rangs de plusieurs cadres et personnalités béninoises qui se sont senties humiliées. Certains ont vainement justifié la pensée de Patrice Talon. Mais lorsque ce dernier, de retour au pays, ne s’en est point offusqué, réaffirmant ses propos de Paris, on a sans doute compris qu’il les assumait pleinement et ne semblait point en faire un souci. « Personne ne va me distraire et m’empêcher d’aller au bout », a-t-il d’ailleurs martelé à sa descente d’avion. Imperturbable, le nouveau chef de l’Etat est apparemment bien aguerri pour ne pas céder aux humeurs populaires et se désorienter de sa trajectoire d’actions.
Somme toute, en un mois de règne, Patrice Talon a pu mettre en branle la grosse et redoutable machine de la rupture. Contre vents et marrées. Qu’en sera-t-il, dans deux mois, trois mois, un an…. Cinq ans ? Le suspens reste entier.

Wandji A.

aCotonou

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