Tanzanie : des mariages entre femmes pour éviter les violences conjugales

Tanzanie : des mariages entre femmes pour éviter les violences conjugales

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En Tanzanie, il existe une vieille tradition, baptisée « Nyumba Ntobhu », qui permet aux femmes de se marier entre elles, afin de protéger leur héritage.

Mais de plus en plus, cette pratique est utilisée pour se protéger mutuellement des violences conjugales. Explications.

La Tanzanie fait encore et toujours partie de ces pays où le mariage pour tous n’est pas une réalité. Les couples homosexuels n’ont pas le droit de s’unir… Ce qui n’empêche pas les femmes de pouvoir se marier entre elles, dans un type de mariage un peu différent.

Le nom de cette pratique ? « Nyumba Ntobhu », une coutume ancestrale qui permet à une femme d’en épouser une autre. Elles vivent ensemble, dorment ensemble, partagent tout, mais sans entretenir de relations intimes.

« Nyumba Ntobhu », une coutume pour protéger les femmes 

A l’origine, ce système de mariage entre femmes a été mis en place pour des questions d’héritage. En Tanzanie, les femmes n’ayant pas d’héritier masculin peuvent se voir privées de toutes leurs possessions. En épousant une autre femme, elles peuvent espérer que celle-ci finira par avoir un fils, qui deviendra alors leur légataire commun.

Pour ce qui est de la conception, ces couples féminins font appel à un donneur… Ou presque, les moyens techniques à leur disposition étant assez faible. Un homme extérieur à leur village accepte, contre de l’argent, des biens ou de la nourriture, de féconder la plus jeune des épouses. Ce en renonçant à ses droits de paternité. Les enfants ainsi conçus sont élevés par deux mères, et portent le nom de la plus âgée.

Une tradition détournée pour plus de protection

Aujourd’hui, le « Nyumba Ntobhu » n’a plus pour seul objectif de protéger un héritage. De plus en plus de femmes choisissent cette option pour éviter d’avoir à épouser un homme qui pourrait s’avérer violent. Les mariages entre femmes sont devenus une alternative contre les violences conjugales.
Dans le journal africain Mail & Guardian,  plusieurs femmes apportent leur témoignage. Mtongori Chacha, 56 ans, confie ainsi avoir été abusée pendant de longues années par un époux violent, qui la violait et la torturait. Elle a fui cette union de peur de mourir sous les coups de son mari, et épousé Gati Buraya, une femme de 30 ans, afin d’avoir un héritier à qui confier ses possessions à sa mort. Un arrangement qui, depuis quelques années, est de plus en plus fréquent.

 

 

Source : marieclaire.fr

 

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