« Pour un enfant, je vis le martyre »

« Pour un enfant, je vis le martyre »

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« Je suis une femme de 40 ans, sans enfant, vivant à l’étranger depuis 2004. La vie hors de ma patrie n’a pas été facile pour moi, mais Dieu merci tout est rentré dans l’ordre en ce qui concerne les papiers et la maison. Puis, j’ai décidé de me marier avec l’homme que je venais de rencontrer. Ce dernier a 48 ans. Nous avons fait le mariage coutumier à Abidjan et une grande fête chez mon pasteur ici où je réside. Mon homme n’avait pas de maison, alors on vivait chez moi sans problème jusqu’à ce qu’on trouve une grande maison et il a fait venir ses enfants d’Abidjan.

C’est là que je vais manger mon totem. Les humiliations en public, les fausses accusations, les palabres sont devenues chose quotidienne, malgré les interventions de nos proches et même de mon Pasteur que mon mari accuse de sortir avec moi. Je supporte tout ça car je veux avoir un enfant. Mes deux trompes viennent d’être enlevées et il me faut passer par une intervention in vitro.

Depuis lors, la pression est devenue de plus en plus forte. Avant que je ne sorte ou quand je rentre, monsieur regarde dans mon slip. Il fouille dans la poubelle pour chercher mes protège-slips afin de voir s’il y a des tâches et si ça l’est, je dois lui donner des explications. Mais, ma surprise a été grande le jour où il a pris un protège-slip dans la poubelle pour le mettre dans ma bouche devant ses enfants sous prétexte qu’il y a des pertes et que j’ai dû le tromper.

C’est comme si mon âme venait de sortir de mon corps. Imagine la suite : Cela fait quatre mois qu’il m’a arraché la clé de la maison et souvent, il m’enferme pour aller au boulot. Même ses enfants me demandent de le quitter pour avoir la paix, mais trois années de souffrance et partir comme ça, sans avoir un enfant, c’est dur.

Ma dernière tentative a eu du succès : une grossesse de deux mois qui n’est pas restée. Je ne peux plus changer de partenaire à l’hôpital car je devrais tout recommencer à zéro. Or, je suis d’un âge avancé. Je veux vraiment attraper mon cœur pour avoir cet enfant avant de le quitter, mais la force commence à me manquer. Je pleure jour et nuit.

Cela fait deux fois que je le quitte pour aller vivre chez moi, mais après un semblant de pardon de sa part, je retourne et c’est toujours la même chose. Ses enfants m’aiment bien, sa famille aussi. Mon seul et unique problème, c’est mon mari que j’aime et que je n’ai jamais trompé. »

Anonyme

REPONSE DE FLEUR,

Chère anonyme,

Tu ne trouveras certainement sèche, mais j’en serai fort désolée. Le monsieur que tu as hébergé, nourri, blanchi jusqu’a ce qu’il t’emmène devant le maire ne t’aime pas. Il cherchait juste une tutrice et toi, sans grand discernement, tu es tombée dans ses griffes.

Tu connais mieux que moi le mode de vie des africains vivant en Europe et n’ayant pas une bonne situation que ce soit financière, matérielle ou autre. Toute opportunité est à saisir, quant au raisonnement ou à l’amour cela ne vient qu’après.

Tu as tellement prouvé à cet homme qu’il est le centre de ta vie qu’il te malmène après tout ce que tu as fait pour lui. Il connait ton besoin et c’est que sans lui tu ne peux l’obtenir. Tout compte faire il n’a plus rien à perdre. Ses enfants sont à ses cotés, dans une maison où il contrôle tout même si vous l’avez acquise à part égale.

Quelque fois la vie nous parle mais nous n’y prêtons pas attention. Et rien ne nous arrive au hasard. Si la première tentative d’insémination a échoué, cela doit te faire réfléchir. En tout cas pour ma part, il y a une force qui ne veut pas que tu restes attachée à quelqu’un qui n’a aucun respect pour toi. Même si l’intervention réussit, le bébé a besoin de paix et de tranquillité pour rester dans ton ventre et grandir. Alors que là, ce n’est pas le cas.

Je sais qu’une femme ferait n’importe quoi, accepterait tout, même les pires humiliations pour avoir un enfant. Mais pense à l’éducation et la vie de ton bébé à naitre. Tu ne voudrais pas le voir malheureux je suppose.

Alors penses-y! Rester sans enfant n’est pas une fatalité.

Photo d’illustration

Afrique femme

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