Venezuela: l’opposition veut y croire malgré un référendum tardif

Venezuela: l’opposition veut y croire malgré un référendum tardif

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Caracas (AFP)-L’opposition se remobilise au Venezuela pour maintenir la pression sur le pouvoir au lendemain de l’annonce des autorités électorales qui ont écarté tout référendum contre le président Nicolas Maduro en 2016, faisant disparaître les espoirs d’une alternance politique dans ce pays en crise.

Les antichavistes, du nom du défunt président Hugo Chavez, au pouvoir de 1999 à 2013, réunis au sein de la coalition de la Table pour l’unité démocratique (MUD, centre droit), tiendront une réunion dimanche rassemblant tous leurs dirigeants régionaux, pour définir les actions légales à mener et les manifestations à organiser pour continuer à faire pression.

“Lundi, tous nos efforts seront concrétisés dans une déclaration, dans laquelle nous annoncerons notre plan définitif, le difficile chemin du peuple vénézuélien, face aux annonces faites par le CNE”, a déclaré jeudi Jesus Torrealba, porte-parole de la MUD, lors d’une conférence de presse.

Mercredi soir, après une série de reports, le Conseil national électoral (CNE) a finalement annoncé que la consultation populaire “pourrait avoir lieu au milieu du premier trimestre 2017”.

Ce calendrier tardif est un revers pour les antichavistes. Car pour que des élections anticipées aient lieu, le référendum devait avoir lieu d’ici au 10 janvier 2017, avant la quatrième année du mandat de Nicolas Maduro, et être couronné de succès.

– ‘Violer les droits des Vénézuéliens’ –

Une éventuelle révocation du chef de l’Etat après cette date, selon le calendrier décidé par le CNE, n’entraînera que son remplacement par son vice-président, qui est du même parti, jusqu’à la fin de son mandat en 2019.

C’est actuellement Aristobulo Isturiz qui occupe ce poste, mais le chef de l’Etat peut le remplacer à tout moment, laissant la porte ouverte à de nombreuses autres personnalités chavistes.

Un tel scénario, s’il empêche une alternance politique à court terme, n’en resterait pas moins humiliant pour le pouvoir en place.

“Ils (les dirigeant actuels, ndlr) sont en train de violer les droits des Vénézuéliens à se défaire non seulement du président, mais aussi du gouvernement, à travers le référendum, qui est prévu par la Constitution”, a déclaré jeudi le porte-parole de la MUD.

L’opposition considère le référendum comme la seule issue pacifique à la violente crise économique et politique qui secoue le pays.

Quelque 80% de Vénézuéliens exigent un changement de gouvernement, selon l’institut Datanalisis et les analystes préviennent du risque d’explosion sociale alors que le pays a sombré économiquement.

Les habitants patientent des heures devant les magasins et les pharmacies. La pénurie touche huit produits de première nécessité sur dix. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l’inflation devrait exploser à 720% cette année.

Signe de la tension ambiante, Nicolas Maduro n’a pas quitté le Venezuela pour se rendre ces jours-ci à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York.

– ‘L’indignation, combustible politique’ –

Mais avant que les Vénézuéliens ne soient appelés à voter pour ou contre le maintien de Nicolas Maduro, l’opposition doit encore franchir une ultime étape, sûrement la plus difficile de ce processus.

L’autorité électorale, accusée par le camp anti-Maduro de jouer la montre pour le protéger, a également annoncé mercredi soir que l’opposition devra réunir les quatre millions de signatures (20% de l’électorat) en trois jours pour activer le référendum, du 26 au 28 octobre.

Mais les modalités de collecte des signatures, imposées par le CNE, sont qualifiées d'”inconstitutionnelles” par les antichavistes.

L’opposition exigeait que le seuil de 20% de l’électorat requis soit comptabilisé au niveau national et non pas dans chaque Etat, comme l’a finalement décidé l’autorité électorale. Si un seul Etat n’atteint pas ce seuil, tout le processus sera invalidé.

Autre point d’achoppement: le nombre de machines pour recueillir les signatures. Le CNE en a finalement autorisé 5.392, quand l’opposition en demandait 19.500.

“Le CNE a approuvé les pires conditions possibles” pour cette étape, “le caractère politique de ces décisions est indéniable”, juge Eugenio Martinez, expert en questions électorales.

“C’est indigne. Et l’indignation est un sacré combustible politique”, abonde l’analyste Colette Capriles.

Les Etats-Unis se sont dits “préoccupés” par l’annonce du CNE.

“Cette décision, les restrictions continues imposées aux médias et les autres mesures qui fragilisent l’autorité de l’Assemblée nationale privent les citoyens vénézuéliens de l’occasion de construire le futur de leur pays”, a déclaré John Kirby, porte-parole du département d’Etat, dans un communiqué.

Venezuela: l’opposition veut y croire malgré un référendum tardifJesus Torrealba, porte-parole de la MUD (centre droit), lors d’une conférence de presse à Caracas, le 22 septembre 2016 au Venezuela
Venezuela: l’opposition veut y croire malgré un référendum tardifLe président vénézuélien Nicolas Maduro, lors d’une conférence de presse à Porlamar, sur l’île de Margarita, le 16 septembre 2016
Venezuela: l’opposition veut y croire malgré un référendum tardifLe président vénézuélien Nicolas Maduro (d) et son vice-président Aristobulo Isturez, le 14 juin 2016 à Caracas
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