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Pour Emmanuel Macron, seul Bachar el-Assad est capable de diriger la Syrie

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Dans un revirement total avec l’administration précédente, le président français a expliqué que la destitution de Bachar el-Assad n’était pas «un préalable à tout», et a assuré avoir besoin de la Russie pour éradiquer la menace terroriste.

«Le vrai aggiornamento [mise à jour ndlr] que j’ai fait sur ce sujet, c’est que je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout», a déclaré Emmanuel Macron cité par Reuters, dans un entretien à huit quotidiens européens (Le Figaro, Le Temps, Le Soir, Süddeutsche Zeitung, The Guardian, Corriere della Sera, El Pais et Gazeta Wyborcza), le 21 juin. Et d’affirmer le revirement de la politique française sur le dossier syrien : «Personne ne m’a présenté son successeur légitime.»

Le chef d’Etat français a précisé que le président syrien était un ennemi du peuple syrien, mais pas de la France, expliquant que la priorité de Paris était un engagement total à combattre les groupes terroristes. «Mes lignes sont claires. Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis», a-t-il fait valoir, ajoutant qu’il ne voulait pas que la Syrie devienne un «Etat failli [en théorie des relations internationales, un Etat qui n’exerce plus d’autorité sur son territoire]».

Et dans cette optique, il compte bien s’appuyer sur l’aide de Moscou : «Nous avons besoin de la coopération de tous pour éradiquer [les terroristes], en particulier de la Russie.» Mais Emmanuel Macron a également repris l’idée de la ligne rouge exposée par Barack Obama : «L’utilisation d’armes chimiques donnera lieu à des répliques, y compris de la France seule».

Malgré tout, ces commentaires sont en contraste total avec l’administration précédente, et offrent un large écho à la position défendue par Moscou, qui estime qu’il n’existe pas d’alternative à Bachar el-Assad.

Un revirement entrevu lors de la visite de Poutine à Versailles

Les bases de ce revirement avaient été posées lors de la visite de Vladimir Poutine à Versailles en mai dernier. Déjà, Emmanuel Macron avait expliqué vouloir à tout prix éviter que la Syrie ne devienne un état failli, estimant que cela représenterait une «menace pour nos démocratie». Il avait également martelé que la priorité absolue de Paris était la lutte contre le terrorisme. La différence notable, était dans sa position vis-à-vis du gouvernement syrien et de son président. Il avait ainsi annoncé souhaiter une «transition démocratique, tout en préservant un Etat syrien». Des propos qui laissaient penser qu’il penchait à l’époque pour une solution impliquant le départ de Bachar el-Assad.

Ce qui représentait déjà en soit une évolution majeure avec les positions défendue par le candidat Emmanuel Macron. Début avril, peu après l’attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun, il était en effet catégorique : «Oui, il faut une intervention internationale en Syrie. Une intervention militaire.» Le sort du président syrien semblait d’ailleurs être scellé : «Bachar el-Assad n’en est pas à son premier crime. Si les faits se confirment, il faut une intervention militaire internationale […]. On ne peut pas laisser ce qui s’est passé sans sanction». A suivre la logique du président français et son revirement soudain, il faut donc croire que les faits n’ont pas été confirmés.

La France longtemps favorable au départ de Bachar el-Assad

L’actuel chef d’Etat suivait alors une ligne tracée par la précédente administration et son collègue d’alors, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Dès 2012, le ministre aux propos controverséssur le front Al Nosra, faisait étalage de toutes ses qualités diplomatiques, estimant ni plus ni moins que Bachar el-Assad «ne méritait pas d’être sur terre». Un déclaration qui augurait la future position de la France et qu’il donnait en des termes on ne peut plus clairs en septembre 2015 : «Bachar el-Assad ne peut pas rester au pouvoir.» François Hollande déclarait lui-même fin novembre 2015, quelques jours après les terribles attentats de Paris, que le président syrien «n’avait plus sa place dans l’avenir de la Syrie».

Si ce mantra aura été une constante de l’administration Hollande, la fin de son mandat a été marqué par l’élection de Donald Trump et le revirement stratégique annoncé par ce dernier sur la question. «Le sort du président Assad, à long terme, sera décidé par le peuple syrien», osait fin mars le secrétaire d’Etat Rex Tillerson.

Lire la suite :  francais.rt.com 


Source : africa24.info

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