L’Iran resserre ses liens avec l’Afrique de l’Ouest

L’Iran resserre ses liens avec l’Afrique de l’Ouest

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Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, effectue depuis dimanche une visite de six jours en Afrique de l’Ouest. Accompagné d’une importante délégation d’investisseurs et représentants d’entreprises iraniennes, il a débuté sa visite par le Nigeria, avant de se rendre au Ghana puis en Guinée et au Mali.

Vers une plus grande coopération commerciale et sécuritaire avec Abuja

Arrivé dimanche à Abuja, le ministre des affaires étrangères iranien a rencontré son homologue nigérian Geoffrey Onyeama. Celui-ci a déclaré que le Nigeria, dans sa volonté de rendre son économie moins dépendante aux hydrocarbures, pouvait s’inspirer de l’Iran comme un modèle de diversification.

Javad Zarif a quant à lui souligné qu’au-delà des relations bilatérales, les deux pays pouvaient coopérer à travers des organisations telles que l’OPEP et le Mouvement des non-alignés.

Le chef de la diplomatie iranienne a également été reçu par le président Buhari, qui a félicité l’Iran pour le succès des négociations avec les États européens et les États-Unis pour le développement de son programme nucléaire, et la levée des sanctions contre le pays. Selon un communiqué de son ministère, Mohammad Javad Zarif a également exprimé son souhait de coopérer avec Abuja dans la lutte contre Boko Haram « ainsi que les autres groupes terroristes ennemis des nations iranienne et nigériane ».

Opération séduction après une série de ruptures diplomatiques

Cette visite est la troisième de l’Iran sous le président Hassan Rohani sur le continent, et la première depuis l’éclatement de la crise diplomatique entre l’Arabie Saoudite et l’Iran en janvier dernier, après l’exécution d’un cheikh chiite saoudien et l’attaque contre l’ambassade saoudienne à Téhéran par des manifestants anti-saoudiens.

Les pays africains avaient alors été appelés à affirmer leur position entre les deux grandes puissances du Moyen-Orient, Riyad ayant fait pression pour rallier des amis au sein de sa coalition dans la guerre au Yémen.

Un dilemme qui a donné lieu a des surprises amères pour Téhéran : le Soudan, (de même que l’Érythrée, Djibouti et la Somalie), a en effet décidé de tourner le dos à son allié historique iranien pour s’allier à la pétromonarchie wahhabite, dont les promesses d’investissements ont sans doute pesé dans le choix du président Omar el-Béchir.

Le « besoin d’Afrique » de l’Iran : une réaffirmation du pays à l’international

Cette situation a révélé à l’Iran que la solidité de ses relations avec le continent était loin d’être acquise. En mars dernier, Hossein Amir-Abdollahian, le vice-ministre iranien des affaires étrangères en charge des affaires arabo-africaines, a ainsi annoncé la volonté de son gouvernement de « mettre à jour » sa stratégie envers les pays africains.

Un intérêt qui n’a pas toujours été des plus vifs, souligne Clément Therme, chercheur à l’International Institute for Strategic Studies (IISS) : « Les relations de l’Iran avec le continent africain datent d’avant la révolution islamique de 1979. Sous le Shah, l’Iran avait l’ambition de devenir une puissance globale axée sur l’Océan Indien. Après la révolution, les priorités se sont tournées vers le conflit israélo-palestinien, menant à un certain désintérêt pour l’Afrique », explique-t-il.

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africa24.info

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