Jeremy Corbyn, très contesté après un an aux manettes du Labour

Jeremy Corbyn, très contesté après un an aux manettes du Labour

0
PARTAGER


Londres (AFP)-Jeremy Corbyn, 67 ans, fête lundi sa première année à la tête du Parti travailliste, douze mois agités, marqués par la rébellion d’une grande partie des cadres du Labour et une impopularité record auprès des Britanniques.

Son élection avait été un triomphe: près de 60% des militants du Labour avaient voté pour lui en septembre 2015. Mais l’enthousiasme n’a jamais été partagé par l’appareil du parti et aujourd’hui Jeremy Corbyn est confronté à une nouvelle élection dont le résultat sera connu le 24 septembre.

“C’est un putain de désastre”. C’est par ces mots que des députés travaillistes avaient accueilli l’élection de ce gauchiste pur sucre et anti-militariste convaincu, rappelait samedi le quotidien The Times.

Une défiance qui ne s’est jamais démentie depuis, culminant cet été avec la démission d’une vingtaine de membres de son cabinet fantôme – sorte de gouvernement virtuel de l’opposition – et le vote d’une motion de défiance par 172 députés (sur 230) contre un Jeremy Corbyn incapable, selon eux, de les mener à la victoire aux prochaines élections législatives de 2020.

Entre les accusations de misogynie – pour ne pas avoir nommé de femmes à des postes clés -, d’antisémitisme – liées aux déclarations de certains membres de son entourage – et les déchirements publics de son parti, Corbyn n’a jamais semblé en bonne posture.

Une moyenne des sondages des douze derniers mois, publiée lundi par l’agence de presse britannique PA, semble donner raison aux rebelles: le Labour est onze points derrière les Conservateurs au pouvoir en termes d’intention de vote. Soit le score le plus mauvais jamais enregistré par un dirigeant du Labour dans l’opposition depuis les années 1950 et l’arrivée des premiers sondages modernes, souligne PA.

Fin août, une enquête d’opinion a montré que seuls 19% des Britanniques considéraient Jeremy Corbyn comme la personne appropriée pour mener l’exécutif britannique, contre 51% pour la Première ministre conservatrice Theresa May. Amenant le maire travailliste de Londres Sadiq Khan à réclamer lui aussi son départ.

– Une élection qui ne résout rien –

“Jeremy a montré qu’il était incapable de constituer une équipe efficace et a échoué à gagner la confiance et le respect des Britanniques”, a-t-il dit, estimant que le parti ne pouvait plus se permettre de continuer ainsi.

Mais le vétéran de la politique britannique ne l’entend pas de cette oreille. Dénonçant les attaques publiques issues de son propre camp, relayées par des médias très largement critiques, il souligne sans relâche le soutien que lui témoigne la base du parti.

Et la réalité est qu’il a toutes les chances de remporter la nouvelle élection convoquée cet été et dont le résultat sera proclamé lors du congrès du parti à la fin du mois à Liverpool.

Selon un sondage publié fin août, 62% des électeurs du Labour ont en effet l’intention de se prononcer en sa faveur, contre 38% pour son adversaire, le député gallois Owen Smith, 46 ans.

Corbyn a le soutien des syndicats et des nombreux jeunes qui sont venus gonfler les rangs du Labour ces derniers mois, enthousiastes à l’idée qu’il allait rompre avec le centrisme caractéristique des années Tony Blair/Gordon Brown.

Selon les chiffres officiels, le Labour a gagné 300.000 nouveaux adhérents grâce à l'”effet Corbyn”, et compte désormais plus de 500.000 membres. Un record.

Cependant, le scrutin ne devrait rien résoudre car les positions des deux camps sont irréconciliables, selon les analystes qui pronostiquent l’implosion du parti, entre partisans de Corbyn et tenants d’une ligne sociale-démocrate.

Nouvelle illustration des tensions en son sein: un donateur de premier plan, Michael Foster, a été suspendu du parti au cours du week-end pour avoir comparé les alliés de Corbyn à un commando nazi dans un article pour le journal Mail on Sunday.

Jeremy Corbyn, très contesté après un an aux manettes du LabourJeremy Corbyn (à g.) et Owen Smith lors du premier débat de la campagne pour élire le chef du parti travailliste, le 4 août 2016 à Cardiff, moins d’un après l’arrivée de Corbyn à ce poste


Afrique360

Commentaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE