Impasse politique en Espagne: pression maximale sur les socialistes

Impasse politique en Espagne: pression maximale sur les socialistes

0
PARTAGER


Madrid (AFP)-La pression était à son comble lundi sur le chef du Parti socialiste espagnol Pedro Sanchez, au lendemain d’une nouvelle défaite électorale, pour qu’il laisse le conservateur Mariano Rajoy former un gouvernement.

“Le PSOE coule”, “Sanchez perd du terrain”: la presse de gauche comme de droite était unanime dans ses titres.

Ce que le parti historique de la gauche espagnole craignait le plus est arrivé: lors d’élections dans deux régions du nord, la Galice et le Pays basque, les socialistes ont été dépassés par des formations alliées au parti de gauche radicale Podemos.

Ainsi, En Marea a obtenu plus de voix que lui en Galice, arrivant deuxième derrière le Parti populaire (PP) de M. Rajoy.

Au Pays basque, le PSOE vit une véritable dégringolade. Il a perdu sept députés et “Elkarrekin Podemos” (Ensemble nous pouvons) l’a relégué à la quatrième place.

Pedro Sanchez, 44 ans, secrétaire général du Parti socialiste depuis 2014, homme qui devait symboliser le renouveau, semblait incarner au contraire lundi les échecs de cette formation concurrencée par Podemos.

Il a perdu 20 députés lors des élections législatives de décembre 2015, ne conservant que 90 sièges. Et à fait pire encore en juin dernier, tombant à 85 députés.

Le PP en faisait ses choux gras lundi.

Ces résultats démontrent que “quelque chose cloche”, dans la stratégie de Pedro Sanchez, a affirmé un des porte-paroles du PP, Pablo Casado.

“Combien d’élections doit-il perdre?”, a-t-il ajouté en assurant qu’il menait le parti vers le “précipice”.

“Le PSOE doit mener une réflexion (…) nous avons besoin de leur abstention”, a encore insité M. Casado.

Le PP ne dispose en effet que de 137 élus sur 350 dans ce parlement fragmenté. Il a obtenu le soutien des centristes de Ciudadanos, mais leurs 32 élus ne pèsent pas lourd face aux 85 députés du PSOE et aux 71 élus de Unidos Podemos.

Si le PSOE ne votait pas contre lui comme il l’a fait en septembre, Mariano Rajoy pourrait former un gouvernement minoritaire et sortir l’Espagne de neuf mois de paralysie pendant lesquels le gouvernement sortant n’a pu que gérer les affaires courantes.

– Résister à Podemos –

Pour l’heure, Pedro Sanchez est resté inamovible dans son refus, imposant à ses troupes le veto à Rajoy, à qui il reproche sa politique d’austérité et la corruption de son parti.

Il estime aussi que c’est le seul moyen de résister à l’ascension de Podemos, qui rêve de le pousser dans les bras de la droite pour apparaître comme le seul vrai parti de gauche.

Sanchez nourrirait encore l’espoir de former un gouvernement “alternatif”, passant par une union des gauches.

Mais une partie des dirigeants du PSOE jugent ce calcul erroné, le parti voyant son empreinte territoriale se réduire d’élection en élection.

La stratégie est d’autant plus difficile qu’elle suppose d’obtenir le soutien actif ou passif d’élus indépendantistes basques et catalans pour décrocher une investiture, allant à l’encontre de la défense de l’unité de l’Espagne, un dogme socialiste.

Pedro Sanchez n’a pas pris la parole depuis dimanche soir.

Un comité de direction restreint s’est tenu au Parti socialiste avant une réunion prévue en principe samedi de sa direction élargie où les opposants pourraient tenter de forcer sa démission.

Comptant sur les militants, Pedro Sanchez a annoncé à cet organe son souhait de convoquer des primaires dès le mois d’octobre, suivi d’un Congrès en décembre. Une décision doit être prise samedi sur ce point, a précisé une porte-parole.

Les partis ont jusqu’au 31 octobre pour trouver un accord et investir un nouveau gouvernement.

Dans le cas contraire, le roi Felipe VI devra convoquer de nouvelles élections, les troisièmes en moins d’un an, un record mondial.

Impasse politique en Espagne: pression maximale sur les socialistesLe leader du parti Podemos, Pablo Iglesias devant les Cortes, le parlement espagnol, le 31 août 2016
Impasse politique en Espagne: pression maximale sur les socialistesLe Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, à son arrivée au G20, à Hangzhou (Chine), le 4 septembre 2016
Impasse politique en Espagne: pression maximale sur les socialistesDes bulletins de vote, lors du scrutin du 26 juin 2016, à Madrid


Afrique360

Commentaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE