Espagne: la paralysie déclenche une violente crise au sein du PS

Espagne: la paralysie déclenche une violente crise au sein du PS

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Madrid (AFP)-La paralysie politique de l’Espagne, sans gouvernement depuis neuf mois, a déclenché une crise ouverte au Parti socialiste (PSOE), écartelé sur la stratégie à suivre au point que certains envisagent un “coup” pour renverser son chef Pedro Sanchez.

Les uns estiment que le premier parti d’opposition d’Espagne doit s’abstenir pour laisser le conservateur Mariano Rajoy former un nouveau gouvernement, minoritaire. Pedro Sanchez au contraire refuse de laisser Rajoy au pouvoir et tente de former une majorité alternative.

“Nous pensons qu’un coup d’Etat est en préparation pour la semaine prochaine” pour renverser le secrétaire général, a indiqué vendredi à l’AFP une source haut placée au sein du PSOE. Hypothèse confirmée à l’AFP par un des opposants à Pedro Sanchez.

Plusieurs dirigeants régionaux, les “barons” du PSOE, expriment publiquement leurs divergences avec le chef. Ils l’accusent d’étouffer toute contestation interne et d’être prêt à s’allier à Podemos (gauche radicale) et aux partis nationalistes et indépendantistes catalans et basques et d’étouffer toute contestation interne

“Nous les barons ne pouvons pas nous laisser accuser de tous les maux constamment” a déclaré l’un d’eux, Emiliano Garcia Page, président de la région de Castille-La Manche, au journal El Pais. Les “barons” s’opposent à toute coalition avec les indépendantistes qui remettrait selon eux en question la Constitution ou la souveraineté nationale.

Les nerfs sont à vif, alors que l’Espagne a passé mercredi le cap des neuf mois sans gouvernement, dirigée par un cabinet sortant qui ne peut prendre aucune nouvelle mesure.

Les élections législatives du 20 décembre dernier ont abouti à un morcèlement du Parlement entre les “vieux” partis — socialiste et Parti populaire — et les nouveaux — Podemos et le centriste Ciudadanos.

Les quatre n’ont pas réussi depuis à se mettre d’accord pour investir un nouvel exécutif, malgré de nouvelles élections en juin.

Le PP de Mariano Rajoy est arrivé en tête, mais il n’a pas assez de voix pour diriger seul et le Parti socialiste lui a opposé jusqu’à présent son véto en lui reprochant des années de corruption et d’austérité draconnienne.

Un proche de Pedro Sanchez confirme que des discussions sont en cours pour explorer l’option d’une union des gauches (socialistes et Podemos), soutenue par des partis nationalistes. Elle aurait juste assez de voix au parlement pour gouverner à condition que des indépendantistes catalans s’abstiennent.

Cette coalition précaire est inimaginable pour une partie des “barons”, dont Susana Diaz, présidente de la région la plus peuplée d’Espagne, l’Andalousie (sud), très attachée au dogme de l’unité de l’Espagne.

–dégringolade du PSOE–

Pedro Sanchez se voit aussi reprocher la dégringolade du parti confronté à la concurrence de Podemos.

“Nous allons de défaite historique en défaite historique. Ce gars va nous tuer”, commente l’un de ses opposants. Le Parti socialiste n’a plus que 85 élus au Parlement, son pire score. Il devrait encore essuyer une défaite dimanche lors d’élections régionales en Galice et au Pays Basque, où il serait selon les sondages, dépassé par des partis alliés à Podemos.

“Si nous n’avons pas un bon résultat ils se serviront de ça pour tenter de renverser Pedro Sanchez”, indique la source proche de M. Sanchez.

Les opposants pourraient tenter de forcer la démission du chef socialiste lors d’une réunion de son exécutif, le comité fédéral, le 1er octobre.

D’où un plan visant à leur couper l’herbe sous les pieds en demandant en direct la confiance des militants en convoquant dans l’urgence un congrès extraordinaire avant cette réunion. “Je m’opposerai à la tenue d’un congrès”, a a annoncé Garcia-Page.

En attendant, l’Espagne se rapproche de la possibilité de nouvelles élections fin décembre, les troisièmes en un an, pour surmonter le blocage. Si les partis ne trouvent pas la solution avant le 31 octobre, le roi devra en effet dissoudre le Parlement.

Il s’agirait d’un record mondial, selon le ministre des Affaires étrangères Jose Manuel Garcia Margallo, qui a assuré qu’il n’y avait pas de précédent dans l’histoire.

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