En Espagne, Rajoy reste candidat après l’échec cuisant de son investiture

En Espagne, Rajoy reste candidat après l’échec cuisant de son investiture

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Madrid (AFP)-Les conservateurs espagnols ont assuré samedi que Mariano Rajoy restait leur candidat pour diriger l’Espagne, en dépit de l’échec cuisant de sa nouvelle tentative d’investiture qui prolonge la crise politique du pays.

Il appartient désormais au roi Felipe VI de décider s’il laisse encore du temps à M. Rajoy pour rallier des soutiens, avant le 31 octobre. Au-delà de cette date, de nouvelles élections législatives devront être convoquées, les troisièmes en un an.

Il règne au sein du Parti populaire (PP, droite) “un climat d’unité, de force, d’encouragement (…) autour du président de notre parti et notre candidat”, a déclaré samedi sa secrétaire générale Maria Dolores de Cospedal, après que les députés espagnols ont de nouveau refusé vendredi soir la confiance à Mariano Rajoy.

Au pouvoir depuis 2011, le chef des conservateurs a encaissé 180 votes contre sa candidature à la présidence du gouvernement, et 170 voix favorables, pour la deuxième fois en une semaine.

Les électeurs espagnols se sont déjà rendus aux urnes en décembre 2015, faisant entrer au parlement deux nouveaux partis: Podemos (gauche radicale) et Ciudadanos (centre libéral).

Au printemps, les partis n’ont pas réussi à s’entendre pour investir un nouveau gouvernement, le candidat malheureux étant à l’époque le socialiste Pedro Sanchez.

Le roi a donc convoqué un deuxième scrutin fin juin, remporté par Mariano Rajoy avec 33% des voix. Son investiture est rendue impossible par le veto du Parti socialiste.

Ce parti dispose de 85 élus sur 350: moins que les 137 du PP et les 33 autres élus essentiellement de Ciudadanos qui ont soutenu Rajoy vendredi, mais assez pour l’empêcher, avec Podemos et les nationalistes, de gouverner.

– Elections régionales fin septembre –

Mme Cospedal a assuré que M. Rajoy restait ouvert à la négociation et disposé à faire preuve de “flexibilité” pour lever ce veto. Elle a lancé un énième appel aux socialistes pour qu’ils mettent un terme à ce blocage qui pourrait avoir “un coût”, alors que la reprise économique est au rendez-vous.

Mais le Parti socialiste, qui reproche à M. Rajoy, 61 ans, les années de corruption galopante sous son mandat a maintenu son “non” samedi.

“L’Espagne a besoin d’un gouvernement propre, sans soupçons de corruption, social, juste, crédible et ouvert au dialogue et ce gouvernement ne sera jamais celui de M. Rajoy”, a lancé Pedro Sanchez.

Il a appelé les “forces du changement” (socialistes, Podemos et Ciudadanos) à s’allier pour poursuivre cet objectif, sans dire clairement s’il envisageait d’être à nouveau candidat.

Au printemps, il avait déjà tenté cette stratégie mais Podemos et Ciudadanos, aux positions antinomiques sur la manière de résoudre les tensions indépendantistes en Catalogne et au Pays basque, ont refusé tout rapprochement.

Les conservateurs et les socialistes s’accusent en outre mutuellement de rechercher un troisième scrutin qui leur permettra de gagner des voix et d’en finir avec la concurrence à gauche (Podemos) et au centre (Ciudadanos).

Le chef de Ciudadanos Albert Rivera a dénoncé samedi un blocage lié “au personnalisme” des dirigeants des vieux partis: “Ca suffit de bloquer le pays, Monsieur Sanchez et Monsieur Rajoy” a-t-il dit.

Des élections régionales en Galice (nord-ouest) et au Pays basque prévues le 25 septembre pourraient cependant rebattre les cartes, les résultats pouvant renforcer ou affaiblir les conservateurs.

Le PP devra toutefois faire face à un calendrier judiciaire peu favorable, avec le démarrage du premier grand procès sur les multiples affaires qui ont terni son image depuis le milieu des années 2000.

Un départ de M. Rajoy pourrait peut-être débloquer le véto socialiste.

Mais la formation est incapable de remettre en question l’identité de son chef, en raison “d’une grande fragilité interne…”, note samedi dans El Pais la politologue Mariam Martínez-Bascuñán Ramírez.


Afrique360

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