Polémique autour de la dette intérieure du Bénin : Les contre-vérités du...

Polémique autour de la dette intérieure du Bénin : Les contre-vérités du ministre des Finances

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A l’Assemblée Nationale, le mardi 21 juin 2016, le ministre de l’économie et des finances, Romuald Wadagni, a confié aux députés que l’ancien régime a «augmenté la dette intérieure à plus de 1000 milliards» (entre janvier et mars 2016) et qu’«on a 2.200 milliards de Fcfa de dettes intérieures». Comme une trainée de poudre, cette annonce, manipulation de chiffres, a fait le tour des réseaux sociaux. Heureusement que les vrais techniciens ont très tôt compris qu’il s’agit purement et simplement d’une pure intoxication, d’affabulations mensongères, dans le seul but de noircir le bilan du gouvernement sortant, rendre impopulaire à tous prix son Chef, l’ancien Chef de l’Etat, Dr Thomas Boni Yayi.

Les recettes de l’Etat sont passées de 383,4 milliards FCFA en 2005 à 819,5 milliards FCFA en 2015, soit un accroissement de 113,7%. Les recettes mensuelles de l’Etat (en 2015) tournent autour de 66 milliards F Cfa (toutes recettes confondues), les trois mois objet de polémique donnent 198 milliards. Où le gouvernement va-t-il alors trouver 1000 milliards en 3 mois ?
L’ancien régime a opté pour l’économie et le développement, comme bon nombre de pays de la sous région comme la Côte-d’Ivoire, le Togo et le Sénégal qui ont recours aux marchés financiers et aux banques pour moderniser leurs réseaux routiers et améliorer les conditions de vie et de travail de leurs populations. Un pays de l’espace UEMOA avait, par exemple, comme taux de croissance, 2%. Mais avec la rénovation de son réseau routier par la même technique et avec les mêmes entreprises, sa croissance tourne aujourd’hui autour de 7%. Si le Bénin a pu faire grimper sa croissance à 6,5%, c’est aussi grâce à cette option du gouvernement sortant de moderniser le réseau routier du pays.

La route joue un rôle important dans le développement socio-économique d’un pays comme le nôtre. Un réseau routier bien construit et bien entretenu est essentiel à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement. C’est la raison pour laquelle l’ancien Président de la République, Dr Thomas Boni Yayi, durant ses deux mandats, a mis un accent particulier sur le développement du réseau routier national. Plusieurs raisons expliquent ce choix de l’ancien régime. Les routes internationales permettent, en effet, le développement des échanges commerciaux (transport des biens et des marchandises), et la réduction des coûts de transport; les routes urbaines ont une importance capitale : (a) réduction du coût de la vie, (b) diminution des accidents de la route, (c) fluidité des activités économiques et enfin les routes rurales. Elles permettent de désenclaver les zones de production en améliorant l’écoulement des marchandises vers les villes réduisant ainsi les coûts de transport, améliore l’accessibilité aux services de base (services de santé, les écoles), et l’accès aux marchés des produits agricoles.

Globalement, le réseau routier bitumé a évolué de manière significative : 606 km de routes bitumées en 1960, 1240 km en 1990, 1821 km en 2005 et environ 2800 km en 2015, soit un accroissement d’environ 1000 km entre 2005-2015. L’ancien gouvernement avait achevé environ 951 km de routes bitumées. Environ 675 km de routes sont en cours de bitumage actuellement avec pour la plupart un taux d’exécution physique de plus de 50%.

En termes de perspectives, il est envisagé un vaste programme de modernisation du réseau portant sur environ 1655 km. Plusieurs localités devraient être désenclavées : Zê, Hêvié, Houèdo… Et ce, dans le cadre du partenariat public-privé. C’est dans ce cadre que des appels ont été lancés à des investisseurs étrangers pour accompagner le gouvernement, car nos ressources internes ne suffisent pas pour concrétiser de grands travaux. Le régime de la rupture vient de remettre en cause ces projets. Dès lors, il ne peut plus parler de dettes puisque les travaux n’ont même pas démarré alors qu’il s’agit de dette à moyen terme et non à court terme. C’est un engagement hors bilan, étalé sur 15 ans avec 3 ans de différé, avec un taux de 6% en F CFA. Tous les autres pays de la sous-région ont procédé de cette manière. Si le régime en place est incapable de résister au FMI, c’est un autre problème. Le gouvernement Talon, avec la mer de compétences qui l’entoure, doit pouvoir être en mesure de mobiliser des ressources propres pour financer le développement du pays.

Qu’en est-il du cadre macroéconomique ?

Le cadre macroéconomique laissé par l’ancien gouvernement était globalement stable caractérisé par une croissance économique rapide, une inflation contenue, un déficit public maîtrisé et des efforts d’assainissement et de modernisation des finances publiques consentis. Les chiffres et autres évaluations des institutions nationales et internationales montrent clairement que des efforts sérieux ont été consentis pour accélérer la croissance économique, améliorer le climat des affaires, maîtriser l’inflation, assainir et moderniser les finances publiques avec comme conséquence l’accroissement des recettes publiques et une maîtrise du déficit budgétaire (Le même FMI l’a certifié dans son rapport du 11 décembre 2015).

La gestion prudente des finances publiques a entrainé la viabilité de la dette publique : 41,7% du PIB à fin décembre 2015, contre un plafond communautaire de 70% du PIB.

C’est aussi utile de rappeler que le Bénin a reçu quatre prix internationaux dans le secteur agricole (Fao, Union africaine, Etats-Unis et G7). Il a également reçu un prix spécial de l’Union africaine dans le secteur eau. Si les Etats-Unis ont accordé le second compact du MCA au Bénin, c’est certainement parce que les règles de bonne gouvernance étaient bien respectées. Si le Bénin était dans un «état catastrophique» ils n’allaient jamais accorder ce compact.

Il n’est pas question d’aller lever des fonds sur le marché financier ou au niveau des banques pour payer des dettes. Les défis de développement à relever sont nombreux et le gouvernement doit se mettre au travail et cesser de distraire le peuple.

Les dettes dont on parle aussi sont un faux problème. Les chiffres avancés en désordre sont erronés. En son temps, le vrai débat aura lieu pour siffler la fin de la récréation.

L’option du gouvernement en place à travers les finances, l’équilibre budgétaire, sera suicidaire pour les Béninois. Avec le retour en force du Programme d’ajustement structurel (Pas), le Bénin a de mauvais jours devant lui.

Enfin, essayer coûte que coûte de ternir l’image de l’ancien Chef de l’Etat ne fera que renforcer l’admiration de millions de Béninois qui lui sont reconnaissants pour ses efforts concrets de paix, de développement et de prospérité partagée. Ceux-ci pourront défendre en son temps son héritage quel que soit le prix à payer. Encore que dans l’équipe gouvernementale actuelle, il y a des gens dont les noms ont été cités dans des scandales comme Maria-Gléta, Sodéco et consorts.

M.M.

aCotonou

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