Lutte contre la mauvaise gouvernance : Le Bureau d’analyse et d’investigation pour...

Lutte contre la mauvaise gouvernance : Le Bureau d’analyse et d’investigation pour faire mieux que l’Ige et le Bag ?

1
PARTAGER

Des décombres de l’Inspection générale d’Etat (Ige) et du Bureau général de l’auditeur, le Bureau d’Analyse et d’investigation a pris corps mercredi dernier en Conseil des ministres. Au regard de certains facteurs prépondérants ayant influencé les performances de l’Ige et du Bag, beaucoup se demandent si les chances de succès de cette institution ne seraient pas aussi limitées à l’ère de la rupture.
Corruption, clientélisme, népotisme, prévarication, délit d’initié…la gouvernance des finances publiques a été désespérante ces dernières années dans notre pays. En dépit des bonnes intentions et de sa volonté affichée, Boni Yayi a laissé des plumes dans ce combat pour la bonne gouvernance. Alidou Koussé et Michel Dognon ont fait diverses fortunes respectivement à la tête de l’Inspection générale d’Etat (Ige) et du Bureau général de l’auditeur (Bga). Dans son programme d’action pour un Nouveau départ, le Président Patrice Talon a promis réformer les structures de contrôle de manière à les rendre indépendantes et efficaces.
Depuis mercredi dernier et selon le communiqué du Conseil des ministres, la mise en place à la Présidence de la République du Bureau d’Analyse et d’investigation (Bai) répond aux besoins de disposer d’un pool de compétence pour apporter un appui aux structures en charge de la mise en œuvre des réformes et contribuer à assurer la bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques. Le bureau devra engager des audits et contribuer à la réorganisation et à la professionnalisation des corps de contrôle des services publics dans notre pays.

Les mêmes causes, les mêmes effets ?
Si la promotion de la bonne gouvernance reste sa mission capitale, l’existence d’une kyrielle de similitudes entre le Bureau d’Analyse et d’investigation et ses prédécesseurs laisse dubitatif sur ses chances d’efficacité. Le rattachement du Bai à la présidence de la République, la désignation de ses acteurs par l’exécutif, la capacité du Bureau à épingler les indélicats, éventuels partisans du régime…sont autant d’éléments qui mettent à rude épreuve son indépendance. Ce n’est pas la compétence et le savoir-faire qui ont fait défaut à l’Ige et au Bag, mais plutôt la volonté politique à laisser le pouvoir judiciaire jouer sa partition dans les cas de mauvaise gouvernance avérée.
Mais, contrairement aux autres organes de contrôle, le président Patrice Talon a promis pendant la campagne présidentielle que les membres du Bai seront recrutés par appel à candidatures par des cabinets indépendants spécialisés avec un mandat et une rémunération conséquente. Mais des intentions affichées à la réalité, il y a un grand pas à faire pour rassurer les incrédules.
Les Béninois attendent toujours les résultats des audits de la gouvernance Yayi réalisés aussitôt après son investiture. Sur ces éléments clés, le président Patrice Talon se doit de se démarquer de l’ancien système au risque d’enregistrer le même échec que son prédécesseur en ce qui concerne la lutte contre la mauvaise gouvernance. En somme, la Rupture est à l’épreuve de la gestion du pouvoir et de la gouvernance imprimée par le président Talon dépendra la sincérité du Nouveau départ.
Gérard GANSOU

aCotonou

Commentaires

commentaires

Commentaires

commentaires

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE