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L’Expert en Financement/Pnud-Bénin, Armel Djengue à propos du programme « Local Finance Initiative » : « Le LFI vise la réalisation d’infrastructures productives au Bénin »

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Le Fonds d’équipement des Nations unies (Uncdf) procède depuis un an, à la mise en œuvre du programme « Local Finance Initiative » ou “Initiative pour le financement du développement économique local“ (LFI) au Bénin. Destiné à promouvoir la croissance durable, inclusive et équitable dans les Pays les moins avancés (Pma), le programme a pour objectif principal de faciliter l’accès aux capitaux publics et privés pour les populations démunies, de transformer les idées en projets bancables. Ce programme qui porte déjà ses fruits dans d’autres pays comme la Tanzanie, l’Ouganda nous est présenté ici par l’Expert en financement/Bureau Pnud-Bénin, Armel Hervé Djengue au détour d’un entretien accordé à votre journal. Lisez plutôt…

Depuis bientôt un an (démarré en novembre 2015), le programme LFI a été lancé au Bénin, quel bilan peut-on déjà concrètement fait ?

L’avènement de ce programme vise d’abord à encourager la réalisation d’un certain nombre d’infrastructures productives au niveau du Bénin.  Ceci pour accompagner la décentralisation et faciliter le développement local dans les communes. Après le lancement, nous avons cherché à nous approprier cette méthodologie de financement de projets que le LFI a eu à expérimenter dans d’autres pays tels que la Tanzanie, l’Ouganda. A ce jour, cette appropriation nous a permis de lancer le premier appel à propositions de projets qui a été fait au mois de mai 2016 et nous avons eu la clôture le 09 juin 2016. Il y a eu donc un certain nombre de projets qui ont été soumis aussi bien par des promoteurs privés que par les collectivités locales parce que nous avons sollicité les mairies pour pouvoir également présenter leurs projets. Actuellement, nous sommes dans la phase d’étude de ces projets pour valider. Puisque les projets ont été demandés sur la thématique : Sécurité alimentaire et nutritionnelle.  Dans un premier temps, Nous sommes en train d’étudier et de valider ces projets qui répondent effectivement aux piliers de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Et dans un deuxième temps, nous allons passer à la phase d’étude de l’aspect bancable et en venir donc à ces projets qui peuvent être éligibles au financement des institutions financières.  Mais il faut retenir que la contribution du programme LFI vise également à apporter éventuellement un fonds de démarrage à ces promoteurs de projets et aussi de l’assistance technique pour améliorer la qualité de ces dossiers jusqu’à ce qu’ils répondent aux exigences des institutions financières.

Dites-nous en quelques mots, comment est-ce qu’un porteur de projet peut-il bénéficier de ce programme ?

Pour bénéficier du programme LFI en termes d’accompagnement, il faut avoir un projet qui soit tout d’abord transformateur pour nos communes. Alors, lorsque nous parlons de projets transformateurs ce sont des projets qui doivent avoir un effet d’entrainement. Par exemple, lorsque nous installons une usine de transformation de noix de Cajou, cela permet à la base, ceux qui sont des producteurs de pouvoir trouver des débouchés pour écouler leurs produits. Voilà juste un exemple d’effet d’entrainement. Lorsque le caractère transformateur du projet est établi, il faut ensuite que le projet puisse avoir une viabilité commerciale. Si elle ne peut pas être rentabilisée commercialement, nous ne l’acceptons pas. Nous visons également des projets dont le coût est estimé entre 100000 dollars et 10 000 000 dollars. Donc cela nous fait entre 60 000 000FCFA et 6 000 000 000 FCFA. Enfin, le quatrième critère, il faut que le projet porte sur un secteur prioritaire de développement national. Par exemple, la sécurité alimentaire, les énergies renouvelables, les infrastructures publiques comme un marché, un entrepôt public. Voilà en quelque sorte ce que nous attendons comme critères pour l’éligibilité des projets.

Au lancement du Programme LFI à Cotonou, plusieurs institutions de microfinance avaient été associées mais nous constatons que dans ce premier appel à propositions de projets, ces institutions ont été écartées. Qu’est ce qui justifie cela ?

Je disais dans les critères d’éligibilité du projet, il faut que le coût initial soit entre 60 000 000FCFA et 6 000 000 000 FCFA. Donc nous notons en général que les accompagnements des institutions de microfinance sont souvent en dessous de ce montant, de cette grille. Ce que nous ciblons dépasse un peu plus leur champ d’intervention. Voilà pourquoi nous sommes allés directement vers les banques qui sont positionnés sur le segment des projets d’investissement structurants mais également vers d’autres institutions qui ont assez de ressources, qui accompagnent et permettent de risquer les projets. Aussi d’autres structures comme la Cnss, qui sont des investisseurs institutionnels ont été approchées. Ensemble, nous allons voir le mécanisme approprié pour le financement du développement local.  

Propos recueillis par Aziz BADAROU


Matin Libre

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