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Financement de l’éducation par les gouvernements nationaux: L’évolution des engagements en faveur de l’EPT

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Au regard des défis et des objectifs de l’Education pour tous à l’horizon 2015, le Cadre de Dakar appelait les gouvernements nationaux et les bailleurs de fonds à accroître leurs engagements financiers. Aussi le Rapport mondial de suivi sur l’Education pour tous(EPT) 2015 de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco) examine-t-il les tendances ayant marqué les dépenses d’éducation au niveau national, leur montant, l’efficacité de la façon dont ces fonds ont été dépensés et les priorités octroyées au secteur éducatif dans les budgets nationaux.

Le Cadre de Dakar invitant, en 2000, les gouvernements du monde et les partenaires financiers à augmenter leurs engagements financiers en faveur du secteur éducatif visait à accélérer la progression vers les objectifs de l’Education pour tous.
A l’échéance 2015, le Rapport mondial de suivi sur l’Education pour tous(EPT) 2015 de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco) se penche sur comment les gouvernements et leurs partenaires ont pu remplir leurs engagements au regard des recommandations du Cadre de Dakar. Parti du postulat que les gouvernements nationaux sont les responsables du financement de l’éducation, le Rapport note que cette vérité est désormais largement reconnue. Dès lors, les engagements des gouvernements ont permis de réduire de façon considérable l’aide extérieure. Dans la région de l’Afrique subsaharienne, « l’aide internationale accordée pour chaque enfant en âge de fréquenter l’école primaire était de 12 dollars US en 2012 contre 136 dollars US pour les ressources intérieures ». Ce qui conduit les experts à conclure que toute augmentation des dépenses publiques intérieures réduit la part relevant de l’aide extérieure. Cela pourrait s’expliquer par le fait que, déjà en 2006, il a été proposé aux gouvernements d’injecter 4 à 6% du Produit intérieur brut à l’éducation et d’allouer à ce secteur 15 à 20% de leurs budgets nationaux. Au résultat, on note que des pays ont essayé d’approcher la cible en augmentant leurs dépenses en éducation avec des taux de progression divers. La situation est telle que les experts pensent que l’éducation a été privilégiée à des degrés divers.
Au niveau mondial, la proportion moyenne du Produit national brut(Pnb) consacrée à l’éducation a été de 5% en 2012. Ce taux moyen varie selon le revenu des pays. Ainsi, dans les 96 pays à faible revenu disposant de données, il est de 4%, voire plus de leur Pnb à l’éducation. Mais sur ces 96 pays, certains émergent du lot avec au moins 6% consacrés à l’éducation.

Diverses tendances

L’autre constat, c’est que les dépenses publiques de l’éducation ne suivent pas toujours le rythme de la croissance économique ou l’augmentation des inscriptions scolaires. Si de façon globale, la croissance économique connue entre 2009 et 2012 s’est fait accompagner d’une augmentation des dépenses publiques en faveur de l’éducation au point où en Afrique subsaharienne elle a dépassé les normes allant jusqu’à 6,1%. C’est notamment le cas au Bénin, au Burundi et au Kenya. Dans ces pays, l’augmentation des dépenses annuelles d’éducation a été plus rapide que celle de la croissance économique.
Ce qui n’est pas le cas en Asie méridionale et occidentale. Dans cette partie du monde, les dépenses publiques de l’éducation n’ont pas dépassé celle de la croissance économique. «Si, en 2012, le taux de croissance économique annuel du Pakistan s’est établi à 4,1%, ses dépenses d’éducation n’ont augmenté que de 2,5% », notent les experts tout en précisant que cela réduit, de ce fait, à seulement 2% la part de Pnb consacrée à l’éducation au titre de l’année 2012.
Ailleurs, ces dépenses sont égales ou supérieures à la croissance économique. L’autre cas de figure, c’est la réduction des dépenses éducatives malgré la croissance économique. Dans cette catégorie, les experts mentionnent le Malawi où en dépit de la croissance économique, les dépenses par enfant en âge de fréquenter l’enseignement primaire ont plutôt baissé. Elles sont, en effet, passées d’un taux de 10,2% à 7,6% du Pnb par habitant entre 1999 et 2011.

Autres pratiques

Autres pratiques enregistrées dans le financement de l’éducation, c’est la tendance à la priorisation selon le sous-secteur. Il est des pays où une faible part des budgets d’éducation est allouée à l’enseignement maternel. En 2012, ce type d’enseignement n’a bénéficié, de façon globale, que de 4,9% du budget consacré à l’éducation. Mais en Afrique subsaharienne, la situation est alarmante avec moins de 1% des dépenses d’éducation, soit 0,3%. Au niveau de l’Amérique du Nord et de l’Europe occidentale, l’enseignement pré-primaire a bénéficié dans la même période de 8,8% des dépenses d’éducation. L’enseignement primaire aussi a connu le même sort dans certains pays. Ainsi, entre 1999 et 2011, les dépenses d’éducation dédiées à l’enseignement primaire, bien qu’insignifiantes déjà, ont pourtant encore été réduites, passant de 2,5% à 1,8%. Mais, au contraire, le Rapport note que beaucoup de pays ont augmenté leurs dépenses d’éducation secondaire. Selon les experts, 38% des 61 pays disposant de données sur les dépenses consacrées à ce niveau d’enseignement les ont augmentées?

aCotonou

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