Évaluation à mi-parcours de la campagne cotonnière 2016-2017: l’AIC et le MAEP saluent...

Évaluation à mi-parcours de la campagne cotonnière 2016-2017: l’AIC et le MAEP saluent les performances prometteuses

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Une mission conjointe AIC - MAEP est allée galvaniser, mardi 4 et hier mercredi 5 octobre, les producteurs de coton des départements du Borgou puis de l’Alibori, pour les performances réalisées dans le cadre de la campagne en cours. Avec 418 000 ha d’emblavures au niveau national, la campagne de commercialisation qui démarre dès le 3 novembre prochain, augure d’un bond quantitatif et qualitatif pour la filière.

« L’Association interprofessionnelle du coton (AIC) est de retour. Elle est revenue pour assister les producteurs de coton afin que les réformes qui ont été pensées, se poursuivent avec toutes les forces, les moyens, l’efficacité et l’intelligence qu’il faut. » C’est le message d’encouragement porté aux cotonculteurs par le président de l’AIC, Mathieu Adjovi, à la faveur d’une tournée conjointe avec le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP). L’étape du Borgou a eu lieu mardi 4 octobre dernier au siège de l’Union communale des coopératives villageoises des producteurs du coton (Ucom CVPC) de N’dali. Avant les échanges, la délégation a visité le champ du sieur Adam Kaboura à 3 km de N’dali centre sur la voie de Nikki. Sur une prévision de 5 ha, le cotonculteur a emblavé une superficie de 6,10 ha toute verdoyante de plants qu’il fait visiter fièrement à la mission.

L’étape de l’Alibori s’est déroulée hier au siège de l’Union départementale des CVPC (UD CVPC) de Kandi où les producteurs sont venus des six communes pour écouter le message de la délégation. Mais avant, elle a visité l’exploitation de 35,64 ha du sieur Kongoro Aladji à Alfakoara à 30 km de la ville. Les uns et les autres sont enchantés par le bon développement des plants qui augure d’un bon rendement (1,5 tonne à l’hectare attendue) si les fruits tiennent la promesse des capsules (25 par cotonnier en moyenne). La campagne de commercialisation du coton qui sera lancée le 3 novembre prochain à Ségbana s’annonce prometteuse, espère le président de l’AIC tout enthousiaste. Abdoulaye Toko, secrétaire général du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP), partage également cette espérance qu’il fonde sur le fait que les producteurs ont dépassé pour la plupart les prévisions en ce qui concerne les emblavures estimées à 418 000 ha et les consommations des intrants. « C’est vraiment quelque chose de jamais atteint. Cela veut dire que les producteurs ont écouté l’appel du chef de l’Etat et celui de leur cœur pour ce qu’ils savent si bien faire », en déduit Mathieu Adjovi, président de l’AIC. Il saisit l’occasion pour remercier les producteurs « qui ne se sont pas laissés distraire » et saluer l’adhésion et la forte mobilisation des trois grandes familles des producteurs à savoir l’Association nationale des producteurs de coton (ANPC), le Conseil national des producteurs de coton (CNPC) et la Fédération nationale des coopératives villageoises des producteurs de coton (FNCVPC) ainsi que le comité transitoire mis en place. Mais, il convient à présent de « faire disparaître rapidement le monstre à trois têtes pour mettre en place au plus tard fin novembre prochain une organisation unique, légitime et représentative des producteurs à l’instar des égreneurs, pour discuter avec l’AIC et mieux profiter du programme de développement de la filière que le gouvernement mettra en place», préconise-t-il. Il a également félicité le Centre d’action régionale pour le développement rural (Carder) du Borgou-Alibori dont la directrice générale Zénabou Ali Babio Chrysostome fait partie de la délégation, les responsables du développement rural, les maires et les élus locaux pour leur contribution.

Prémices d’un bon cru

On note 58 000 ha d’emblavures dans le Borgou et 200 000 ha dans l’Alibori sur un total de 418 000 ha à la date du 20 juillet dernier pour une prévision de 400 000 ha, ce qui constitue un record par rapport aux quatre dernières campagnes, se réjouit Abdoulaye Toko.
Avec la pluviométrie abondante de cette année (809,51 mm de pluie en 52 jours à N’dali par exemple), le producteur Adam Kaboura s’attend à un rendement de 1500 kg à l’hectare, en dépit du retard et de l’insuffisance d’herbicide total et le manque de crédit de campagne. Pour la commune de N’dali, le responsable du développement rural, Mamoudou Baba Maboudou, signale que pour une prévision de 5000 ha dont 2876 ha pour la zone semencière, 4059,67 ha sont emblavés soit 81,2%. A Kalalé, le RDR Salifou Abdou Nourou indique qu’une production de 16 000 tonnes est attendue avec un rendement de 1100 kg à l’hectare sur une superficie emblavée totale de 14 875,977 ha contre une prévision de 15 700 ha (soit 94,75%) pour les 136 CVPC engagées de la commune.
Au niveau de l’Alibori, le responsable du développement rural de Banikoara, Taofik Patè Batta, indique une superficie emblavée de 90403,98 ha contre une prévision de 95 000 ha soit 95,64%, pour une production attendue de 100 000 t au profit du bastion du coton. Celui de Ségbana, Karim B. Z. Ouorou fait état de 13 983, 5 ha contre une prévision de 14 662 ha, soit 95,37%. A Kandi, le RDR Chabi Mohamed Akimou signale, quant à lui, une production attendue de 48 752,19 t sur une superficie emblavée de 48752,19 ha avec un rendement de 1t/ha. La tendance est pareille dans les autres communes : Gogounou, Karimama et Malanville.
« Ces chiffres augurent de beaucoup d’espoirs et sont dus aux conditions générales de la campagne qui a enregistré une bonne pluviométrie soit une moyenne de plus de 900 mm d’eau, une mise en place des semences et des intrants en quantité et en qualité, même si elle est intervenue avec retard par endroits», apprécie Abdoulaye Toko. «Le gouvernement de Patrice Talon dans son option a privilégié les producteurs: au moment où le nouveau gouvernement s’installait, il y avait 35 milliards FCFA de fonds coton non payés mais aujourd’hui, il n’y a pas un seul producteur qui n’a pas été payé », ajoute-t-il.

Difficultés et solutions

Si l’on se réjouit pour le moment d’une faible pression parasitaire, d’une charge capsulaire appréciable ainsi que d’un bon développement végétatif des cotonniers dans la plupart des communes, certains producteurs comme Mora Abdoulaye de N’dali et leurs encadreurs se sont plaints toutefois de l’insuffisance et du retard observé à certains endroits dans la mise en place des herbicides totaux et autres produits, des appareils de traitement. Sabi Kpéra Orou Miti, président de l’UD CVPC Kandi, insiste sur l’état défectueux des motos des agents d’encadrement dont certains sont suspendus, l’indisponibilité des fournitures de bureau.
Les flottements autour de la livraison des intrants sont dus au fait que des opérateurs retenus par l’Etat qui gère la filière depuis quatre ans, ont fait défaillance, explique Abdoulaye Toko. Seulement deux des onze opérateurs retenus se sont exécutés pour les engrais et les herbicides, précise-t-il. Et c’est la Sodéco qui a suppléé cette défection grâce aux stocks résiduels importants issus de la dernière campagne. A cela, s’ajoutent la dégradation des pistes, le non paiement des frais de marché et de commercialisation et de transport. «Le gouvernement en est très conscient et dans les tout prochains jours, les paiements vont partiellement commencer», rassure le secrétaire général du MAEP. «A cet effet, 750 millions F CFA ont été déjà mobilisés sur les 919 millions de francs pour les frais de marché et de commercialisation; le solde interviendra après», précise-t-il.
En ce qui concerne les transporteurs, sur à peu près 2,5 milliards dus, il est déjà inscrit des paiements partiels dès la semaine prochaine, annonce Abdoulaye Toko. Pour ce qui est des pistes à réfectionner, poursuit-il, les dispositions sont en cours pour que le ministère des Infrastructures et des Transports démarre effectivement les traitements sommaires avec l’implication des producteurs, du MAEP, de l’AIC et des maires.
L’autre difficulté est relative à l’approvisionnement en engrais et insecticides. Certes, les besoins ont été couverts au-delà de 100% dans nombre de localités ; mais cela cache une vérité: des CVPC ont reçu des intrants au-delà de 150% pendant que d’autres n’ont pas reçu suffisamment, créant du fait une pénurie artificielle et une spéculation des produits à certains endroits, dévoile Abdoulaye Toko. D’autres se sont même organisés pour l’importation frauduleuse d’intrants non homologués aux risques de leur santé, se désole-t-il. «C’est un danger pour la filière qui risque de sombrer si on retourne aux vieux démons des années 2000 et 2010 qui ont fait que beaucoup ont abandonné le coton», alerte-t-il.
Mais le président de l’AIC rassure: «A partir de maintenant, les défauts d’avant seront corrigés afin que nous reprenions le bon chemin nous permettant de mettre à la disposition des producteurs ce qui leur revient», surtout que le gouvernement promet jouer convenablement sa partition.

Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori

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