Echanges commerciaux: Les opérateurs économiques béninois dans le collimateur du Nigéria

Echanges commerciaux: Les opérateurs économiques béninois dans le collimateur du Nigéria

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Le Nigeria est en colère contre des commerçants et douaniers béninois. Selon des informations reçues lors d’une descente à Igolo-Iduroku, Pobè-Iketa puis Sèmè-Kraké la semaine dernière, des fonctionnaires des douanes béninoises marchent sur des clauses d’échanges commerciaux qui lient les deux pays. Pendant ce temps, une société appartenant à un commerçant béninois et spécialisée dans la vente de produits congelés a vu ses marchandises bloqués à la frontière pour faute grave. Seul le chef de l’Etat béninois peut décanter la situation.

Les informations reçues auprès des structures nigérianes détachées au niveau des frontières avec le Bénin affichent une mauvaise image du pays. Selon un cadre de la Nfdac (l’équivalent de la Dana au Bénin), structure chargée de vérifier la qualité des produits de consommation qui doivent entrer au Nigeria, des produits congelés sont arrivés à la frontière nigériane et les résultats issus des contrôles montrent que les conditions de conservation ne sont pas bonnes. L’agent indique que la viande que ce Béninois voulait déverser sur le territoire nigérian est d’une qualité douteuse et impropre à la consommation. On parle d’animaux conservés avec le même type de produit utilisé dans les morgues (il s’agit du formol). La Nafdac a opposé un refus catégorique à cette société et lui aurait intimé l’ordre de ne pas faire entrer lesdits produits congelés dont on ne voit jamais les têtes. A la question de savoir si lesdits produits ont été retournés sur le marché béninois pour être mis en consommation, notre source répond qu’elle n’en sait rien et que le Bénin doit avoir le dispositif nécessaire pour contrôler les produits à mettre en consommation sur le territoire. De toutes les façons, apprend-on, le Nigeria n’est plus prêt à accepter sur son territoire de la viande issue d’animaux dont il ne connait pas les lieux d’abattage et ne peut avoir un regard sur l’usine d’abattage. Une autorité de ce pays nous a dit que désormais, le Nigéria veut savoir l’endroit où sont abattus les animaux et vérifier les conditions de conservation avant leur entrée sur son territoire.
Par ailleurs, la douane béninoise est soupçonnée de ne pas respecter les nombreux accords signés entre les deux pays pour faciliter les échanges commerciaux au niveau des frontières. La partie nigériane dénonce la manière dont l’escorte des véhicules d’occasion est faite par la douane à qui des moyens ont été même donnés. Notre source indique que le régime en place au Nigéria se prépare pour mettre fin au désordre et prendre des mesures fortes contre le Bénin.

Embargo sur le riz exporté du Bénin vers le Nigeria

Cette situation est l’une des plus catastrophiques que traversent les opérateurs économiques béninois depuis quelques mois. Le Nigeria a fermé les portes au Bénin en matière d’importation de riz. Des centaines de tonnes de riz déjà achetées par des Béninois pour convoyer vers le Nigeria sont bloquées. La levée de la mesure conservatoire du gouvernement nigérian n’a pas duré plus que trois mois. A en croire nos informateurs, le voyage effectué par le président Yayi Boni au Nigeria, peu avant son départ du pouvoir, pour plaider en faveur des opérateurs économiques béninois avait porté ses fruits. L’importation du riz avait été autorisée à nouveau. Mais le Nigeria s’est vu obligé de réactualiser sa mesure d’interdiction parce que des indo-pakistanais qui avaient déjà opéré au Nigeria sans payer les taxes nécessaires ont infiltré le rang des importateurs béninois pour faire entrer des cargaisons de riz. Ils l’ont fait, selon nos sources proches de la douane nigériane, en complicité avec des opérateurs économiques béninois. Face à une telle situation, le Nigeria a pris ses dispositions. Et cette fois-ci, le gouvernement du président Muhamed Buhari est ferme. Pas question de se montrer indulgent envers des opérateurs économiques indélicats.

Patrice Talon doit repartir au Nigeria

Le chef de l’Etat béninois est attendu au Nigeria sur cette affaire. A part lui, plus personne ne pourra décanter la situation au niveau des frontières. La menace est là et nos sources insistent sur le fait que le régime Buhari n’hésitera pas à fermer ses frontières si le silence perdure sur le désordre dont des Béninois sont auteurs. Des voix autorisées indiquent d’ailleurs que le chef de l’Etat béninois n’a pas encore effectué sa visite d’Etat au Nigeria pour évoquer avec son homologue Buhari les questions relatives aux échanges commerciaux au niveau des frontières. On estime même qu’il devra effectuer ce déplacement avant le 6 juin 2016, date de démarrage du jeûne musulman. Patrice Talon est attendu à Abuja pour demander la levée de l’embargo sur le riz au niveau des frontières afin que les importateurs épuisent leurs stocks. Il devra aussi plaider pour que les importateurs nigérians reprennent contact avec le Port de Cotonou, abandonné à cause de la mauvaise gestion.
Le gouvernement béninois se doit de prendre des mesures pour discipliner les agents des services détachés au niveau des frontières avec le Nigéria. La douane est beaucoup critiquée pour le manque de sérieux de certains agents. Il s’agira pour le chef de l’Etat d’exiger de ses compatriotes le respect des différents accords de coopération entre les deux pays en matière de commerce.

Parer au plus pressé

Plus de minute à perdre pour les autorités béninoises. L’Exécutif est appelé à prendre les dispositions nécessaires pour renouer de bons contacts avec ce pays frère. On apprend que le Nigéria n’a plus suffisamment de ressources naturelles qui doivent lui rapporter de l’argent. Le pétrole nigérian finit déjà et le régime Buhari compte renforcer la douane pour plus de performance. A partir de cet instant, il n’y aura plus de cadeau pour un pays qui ne respectera plus les accords de coopération. La rigueur sera de mise, car le nouveau régime avec à sa tête le Président Buhari compte réussir sa mission pour ne pas paraître nul devant l’ancien régime.

Félicien Fangnon

aCotonou

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