Déficits budgétaires 2015 et 2017 : Quand la haine et l’hypocrisie tuent...

Déficits budgétaires 2015 et 2017 : Quand la haine et l’hypocrisie tuent le développement du Bénin

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Pour l’année 2017, le gouvernement dit de la «rupture» prévoit un déficit budgétaire de 12.3%, sans donner de précisions sur l'impact d'un tel déficit sur les dettes du pays. Le paradoxe est grave. Dans une interview accordée à «Le Monde Afrique», le ministre d’Etat en charge du plan, Abdoulaye Bio Tchané, répondant à la question de savoir «Dans quel état avez-vous trouvé les finances du pays ?», a laissé entendre ceci : «Dans un état catastrophique. Pour 2015, le déficit est de l’ordre de 7 % du PIB, sans compter un certain nombre d’écritures qui ne sont pas dans les comptes, des arriérés. Il est plus réaliste de parler de 10 % du PIB. En chiffres absolus, il manque entre 360 et 450 milliards de francs CFA (entre 549 et 686 millions d’euros)».

Si l’ancien régime a laissé un déficit «de l’ordre de 7 % du PIB» et Abdoulaye Bio Tchané crie au scandale, que se passera-t-il en 2017 avec les 12.3 % de déficit budgétaire annoncé par le gouvernement Talon ? Sous Boni YAYI, un déficit budgétaire «de l’ordre de 7 % du PIB» est «catastrophique». Mais sous la «rupture» de Talon, Tchané, Koupaki, Wadagni et consorts, un déficit de 12.3% est «ambitieux» (terme utilisé par Pascal Koupaki pour qualifier le budget 2017). Dans quel pays sommes-nous ? Et aucun technicien, à ce jour, n’a pu leur dire que l’écart entre 7 et 12 est grand.

Six mois de gouvernance et les Béninois se rendent compte de l’hypocrisie politique du régime qui les dirige. Comment "12.3%" de déficit peut être "ambitieux" sous Talon pendant que Bio Tchané affirmait que les "10%" (encore que ce chiffre reste à être prouvé car il y a trop d’intoxications) de déficit que YAYI aurait laissé serait "catastrophique" ? Est-ce à dire que sous Talon toutes les dérives sont-elles permises ?

Là où la grande hypocrisie du gouvernement est frappante, il a fait beaucoup de bruits sur ce que l’ancien régime aurait laissé comme déficit et dettes. Pour cette raison, il a «supprimé» plusieurs programmes infrastructurels lancés par son prédécesseur qui étaient en cours à son arrivée. Le rétropédalage n’a pas pris du temps : il est revenu sur plusieurs dossiers et fait pire que ce qu’il reproche à l’ancien régime. A la seule différence que tout se fait dans l’opacité totale et personne n’a le droit de critiquer son action. C'est comme si le pouvoir Talon dit aux Béninois qu’il est le seul autorisé à "aggraver" le déficit budgétaire et à "augmenter" la dette du pays. «Je n'ai jamais vu un tel niveau de méchanceté, mesquinerie, de haine et d'hypocrisie», fait observer un député de la majorité parlementaire, sous le couvert de l’anonymat. "Pendant que "10%" de déficit budgétaire (selon ABT) sous YAYI est considéré par lui comme "catastrophique", Koupaki lui trouve "ambitieux" le budget 2017 qui va creuser un déficit de "12.3%" : logique ou hypocrisie?", s’est-il demandé. "Avec un budget de plus de 2000 milliards F Cfa pour 2017 que propose Talon qui compte sur les PPP pour mobiliser près de 1200 milliards dudit budget, la dette de notre pays est sur le point d'exploser", a-t-il fait observer. Comme pour dire qu’aucun pays ne peut se construire dans la haine.

Etienne AVONON

aCotonou

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