Conjoncture économique au Bénin : Un dialogue inclusif sous régional s’impose

Conjoncture économique au Bénin : Un dialogue inclusif sous régional s’impose

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Suite à notre article publié sur la dépréciation du naira au Nigeria, un fait qui plombe l’économie béninoise dans la conjoncture, vous vous interrogez sur la politique économique que doit mettre en vigueur l’exécutif pour faire face à cette crise économique qui sévit et dont les effets se font ressentir dans le panier de la ménagère. A cet effet, nous avons recueilli pour vous l’analyse de l’économiste Servais AFOUDA (photo).

Professeur Servais Afouda bonjour, comment expliquez-vous aujourd’hui l’inflation galopante observée sur le marché béninois?

Professeur Servais Afouda : plusieurs phénomènes concourent à l’inflation. Vous avez acheté peut-être un produit aujourd’hui à 100f, demain il devient 120f et ne cesse d’augmenter aux jours suivants. Les raisons sont multiples : soit il y a raréfaction du produit, ou plusieurs autres raisons peuvent encore expliquer cet Etat de chose. Mais dans tous les cas, ce que nous vivons aujourd’hui en terme d’inflation, c’est dû aussi au changement de régime. Ça arrive souvent et les investisseurs attendent pour voir quelles dispositions prendre avant d’investir. Et n’oubliez pas qu’un certain nombre d’éléments économiques et macroéconomiques ont pu être observés et que le régime actuel décrit.

Dans les ménages on ressent quand même les effets. Qu’est ce qui peut déjà être fait pour réduire ces effets ?

On ne doit pas toujours regarder les variables internes et domestiques pour déterminer des stratégies. On n’est dans un environnement qui englobe un certain nombre de pays dont le premier pays économiquement fort est le Nigeria. Cet environnement nous confère donc un certain nombre d’atouts et  la priorité doit être de réfléchir pour savoir comment définir des stratégies et les mettre en œuvre pour tirer profit au maximum de cet environnement régional dans lequel nous sommes. Mais votre question paraît extrêmement importante parce qu’on fait toujours comme ci au Benin on a tous les pouvoirs pour gérer le développement. Aucun pays ne se gère dans son intérieur territorial.

Quelles sont les stratégies de bon voisinage qu’on met en place avec le Nigeria, le Niger, le Togo et au-delà de ces pays-là pour que les caractéristiques du Benin soient comprises par les autres et que dans les échanges multiformes (commerciaux, culturels), on puisse tirer profit en tant que béninois avec notre singularité ? Un certain nombre d’événements viennent corroborer ce que nous disons. N’oubliez pas que la crise pétrolière au plan international a un impact sur l’économie nigériane. Cela a fait que les nigérians, du point de vue des revenus de l’état, la redistribution n’ont plus le pouvoir d’achat qu’ils avaient pour venir acheter nos véhicules d’occasion, pour être présents sur nos marchés où se faire soigner. Ça veut dire qu’en matière d’affaires et de revenus indus que nous tirons des nigérians, on n’a plus cette capacité. Les produits aussi qu’ils amènent, ils ne peuvent plus les vendre pour acheter chez nous. Vous comprenez qu’on fait indirectement les frais de ce qui se passe au Nigeria indépendamment des problèmes que nous avons et qui font suite à un changement de régime. Car, le nouveau régime de Patrice Talon doit rechercher d’abord ses marques pour savoir comment relancer la machine économique. Mais il ne faut plus qu’on soit ici pour penser qu’en tant que béninois on est très fort. On doit inclure dans nos réflexions l’environnement régional. On peut tirer profit de notre espace sous régional, et cela, le gouvernement doit pouvoir le faire.

Le grand voisin de l’est traverse une crise. Que doit faire alors le gouvernement, quelle politique économique adopter pour faire face à la conjoncture économique ?

Le gouvernement actuel comporte d’éminentes personnalités en termes de financiers et d’économistes mais cependant il faut dire la vérité. En effet, un dialogue inclusif doit permettre à chacun de savoir comment faire pour que de façon collégiale, on puisse identifier les stratégies et les bornes. Les hommes d’affaires se connaissent à l’échelle de l’Afrique. Ils savent comment faire pour que, par les échanges et le jeu de la mondialisation, chaque béninois puisse voir son niveau de vie relever. Ce dialogue inclusif, tôt ou tard, devra se faire pour que lorsque les responsabilités vont être situées, chacun puisse jouer correctement sa partition. Car, s’il y a une partie qui pense qu’on réfléchit à sa place, elle aura de problème à apprécier la pertinence des réflexions. Ainsi, grâce à ce dialogue inclusif, on pourra réfléchir aux stratégies à mettre en œuvre. Le document élaboré par beaucoup d’intellectuels a pris en compte certaines réalités: il s’agit de Bénin Alafia à l’horizon 2025. Un document qui, hélas, a été mis de côté. Mais c’est un document extrêmement important et d’actualité auquel il faut se référer. Le développement c’est l’affaire de tous.

En attendant d’en venir à ce dialogue, comment agir sur l’importation et la réexportation ?

En réalité, ce que nous pensons exporter vers le Nigeria, c’est  de la réexportation. On exporte très peu ce qu’on produit vers les pays voisins. Or les dernières évolutions au Nigeria révèlent que le pays de Buhari a déjà interdit l’importation des céréales et des produits carnés. Du coup, tout ce qui est riz et tout ont de problème. Il faut reconnaître que ces mesures d’interdiction des produits agricoles et d’élevage visent à doper la production agricole au Nigeria. Pendant ce temps, nous faisons quoi au Benin? C’est là que se trouve le problème. Que fait-on pour encourager les paysans à aller dans la production afin que nous-mêmes, on puisse exporter vers le Nigeria. Les besoins du Nigeria sont énormes mais hélas nous n’en profitons pas du tout. Le Bénin  a encore une opportunité : c’est l’exportation des produits locaux béninois en direction du pays voisin. Il y a pas mal de produits manufacturés issus du Nigeria que nous consommons ici. Le Bénin a beaucoup de chance aux côtés du Nigeria. Commençons déjà par profiter du plus grand port d’Afrique de l’ouest qui est à Badagry. Mais que faisons-nous pour en profiter ? Nous avons aussi l’atout du secteur pétrolier mais on ne trouve aucun système pour formaliser ce circuit qui emploie quand même un bon nombre de béninois. D’où la question de la gestion de l’essence Kpayo se repose.

Carlos TOSSOU ( CT)

Suite des statistiques véhicules d’occasion

Statistiques de 2007 à 2016

Years            Total

2007            234696
2008            299490
2009            215070
2010            306587
2011            337958
2012            311965
2013            323893
2014            330063
2015            280959
2016            45925

TOTAL / Trade        2637010

NB : Trafic d’Avril 2016


Matin Libre

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