Allocution d’ouverture du président des Gouverneurs africains, lors de la réunion 2016...

Allocution d’ouverture du président des Gouverneurs africains, lors de la réunion 2016 des Gouverneurs africains

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Au nom de mes collègues Gouverneurs africains du Groupe de la Banque mondiale (GBM) et du Fonds monétaire international (FMI), je tiens à vous féliciter, Monsieur le Président, de votre nomination pour effectuer un deuxième mandat à la tête du Groupe de la Banque mondiale et c’est avec plaisir que je vous souhaite la bienvenue à notre réunion traditionnelle.
Monsieur le Président, nous sommes sensibles à votre engagement personnel et à votre dévouement à l’égard de l’Afrique. Nous apprécions aussi votre étroite collaboration avec nos administrateurs. Nous vous remercions de votre engagement et du soutien que le Groupe de la Banque mondiale apporte à nos pays pour mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée. En particulier, nous mesurons les progrès qui ont été accomplis sur certains des dossiers évoqués dans notre mémorandum de 2015.
Sachant que la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) fixés pour l’après 2015 revêt une importance cruciale pour nos pays, nous avons axé le mémorandum de cette année, Monsieur le Président, sur ce que les institutions de Bretton Woods pourraient faire en vue de soutenir davantage les efforts déployés par nos pays pour : i) faire face aux chocs et devenir plus résilients; ainsi que pour ii) renforcer la croissance et encourager la transformation économique. Nous insistons aussi dans ce mémorandum sur la nécessité et l’urgence de iii) soutenir les pays préémergents, iv) revoir le Cadre de viabilité de la dette, et v) promouvoir un système de quotes-parts plus équilibré, une plus grande participation des pays africains et une représentation plus équitable de nos pays dans les deux institutions.
C’est donc ave grand plaisir, Monsieur le Président, que je vous remets notre mémorandum 2016. (Le Président se lève, remet au Président Kim l’enveloppe contenant le Mémorandum, se rassied et poursuit son allocution).
Comme vous le verrez en lisant ce Mémorandum, Monsieur le Président, nous avons toujours la ferme volonté de maintenir les niveaux élevés de croissance économique que nous avons connus pendant la décennie écoulée en dépit des difficultés et des chocs les plus divers qu’ont subis les pays africains; de veiller à ce que cette croissance profite à tous, qu’elle tienne compte des impératifs climatiques et qu’elle soit créatrice d’emplois; et de favoriser la transformation économique de nos pays. Pour atteindre ces objectifs,
▪ Nous demandons une nouvelle fois que le Groupe de la Banque mondiale accroisse ses investissements, à des conditions favorables, dans les secteurs les plus porteurs — en particulier les infrastructures, l’industrie manufacturière y compris le secteur agro-industriel, l’industrialisation, les technologies de l’information et de la communication (TIC) — dans lesquels les parts de marché mondiales de l’Afrique sont faibles, voire en diminution.
▪ Nous demandons aussi instamment au Groupe de la banque mondiale de faciliter le processus de préparation et d’accréditation de nos pays en vue de leur accès au Fonds vert pour le climat (FVC) et à la Facilité du secteur privé (FSP) qui sont proposés, tout en encourageant la SFI, en particulier, à cibler son aide de façon volontariste et systématique sur les PME locales et à développer ses activités en Afrique dans le cadre de son guichet mixte de financement pour le climat.
▪ Nous encourageons le Groupe de la banque mondiale à élaborer des programmes rentables de renforcement des capacités et à nous aider à les mettre en œuvre afin de soutenir les plans, stratégies, sauvegardes et normes fiduciaires mis en place par nos pays pour atteindre les ODD, ainsi que leur volonté de promouvoir l’industrialisation, la modernisation, l’ingénierie technique et la transformation économique. Nous demandons aussi au Groupe de la banque mondiale d’accélérer la création de la Facilité de préparation des projets envisagée dans le cadre de l’IDA-18.
Comme le montre ce Mémorandum, Monsieur le Président, nous sommes bien conscients aussi que, compte tenu de la perspective d’une volatilité accrue des marchés financiers mondiaux, nous aurons du mal à trouver des ressources pour financer la réalisation des ODD; que les ressources intérieures de nos pays seront le principal moyen à leur disposition pour financer leur développement et leur transformation économiques; et que, en l’absence de politiques et de financements adéquats, nos objectifs ambitieux resteront hors d’atteinte. Par conséquent :
▪ Nous nous tenons prêts à travailler avec vous pour assurer une reconstitution robuste de l’IDA-18. Nous exhortons le Groupe de la Banque mondiale à maintenir les transferts de la BIRD et de la SFI à l’IDA-18 et au-delà, tout en préservant leur viabilité financière; à accroître les allocations individuelles aux États fragiles et touchés par un conflit, conformément au doublement des ressources de l’IDA-18 pour ces pays; et à aider davantage les pays africains solvables à accéder aux ressources non concessionnelles.
▪ Nous lançons un appel à la Banque, dans sa collaboration continue avec le FMI, pour quelle fasse en sorte que le Cadre de viabilité de la dette applicable aux pays à faible revenu soit moins restrictif et plus souple en ce qui concerne les investissements favorables à la croissance économique; assume le rôle de chef de file et prenne les mesures nécessaires pour aider l’Érythrée, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan et le Zimbabwe à apurer leurs arriérés; et accélère le processus devant permettre à ces pays de bénéficier pleinement d’un allégement de dette.
▪ Nous sommes déterminés à ne pas relâcher nos efforts, à faire peser notre volonté politique et à faire prendre conscience de ce que cela nous coûterait de ne pas combattre les flux financiers illicites. Nous demandons aussi à la Banque de définir les mesures qu’elle-même peut prendre, dans le respect de sa mission, pour aider nos pays à lutter contre les flux financiers illicites et à récupérer les actifs volés, lesquels, ajoutés aux techniques sophistiquées d’évasion fiscale, au rapatriement des bénéfices et aux remboursements de dette, privent tragiquement nos pays de centaines de milliards de dollars chaque année.
Enfin, Monsieur le Président, je ne veux pas conclure sans évoquer les questions des quotes-parts, de la représentation et de la diversité.
▪ Nous réaffirmons notre volonté de voir renforcée la représentation de l’Afrique par le biais de quotes-parts à la mesure de notre dynamisme économique et des vulnérabilités sous-jacentes. Nous demandons aussi une augmentation des voix de base et un renforcement du pouvoir de vote des pays les plus pauvres.
▪ Nous jugeons encourageantes les campagnes de recrutement actuelles de la Banque mondiale en Afrique et nous attendons de cette initiative qu’elle aboutisse au recrutement effectif de ressortissants de pays d’Afrique et à l’avancement de leur carrière conformément aux objectifs institutionnels de diversité et de mobilité convenus pour tous les échelons. Nous saluons les efforts que vous déployez dans ce domaine, Monsieur le Président; et nous prendrons connaissance avec intérêt des progrès accomplis dans la réalisation de l’objectif de 12,5 % de ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne et des Caraïbes que vous vous êtes engagé à atteindre d’ici à l’Assemblé annuelle 2016 de la Banque mondiale et du FMI.
Monsieur le Président, je vous remercie de votre attention.
J’invite maintenant mes collègues Gouverneurs à nous faire part brièvement de leurs observations, après quoi, Monsieur le Président, nous serons heureux de vous écouter. Mes chers collègues Gouverneurs…

aCotonou

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