Abdoulaye Bio Tchané, président du Caucus africain: «Les problèmes africains sont les...

Abdoulaye Bio Tchané, président du Caucus africain: «Les problèmes africains sont les problèmes du monde»

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Président du groupe des gouverneurs africains du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, le ministre d’Etat en charge du Développement Abdoulaye Bio Tchané, reprécise les enjeux du rendez-vous de Cotonou et les défis d’organisation des pays du continent pour mieux capter les ressources intérieures et extérieures.

La Nation : La réunion des gouverneurs africains du FMI et de la Banque mondiale se tient dans un contexte où des économies africaines sont plombées par la chute du cours des matières premières sur le marché international. Quel est l’intérêt du Caucus africain pour les pays du continent ?

Abdoulaye Bio Tchané : C’est toujours important d’être nombreux et si possible d’être tous ensemble pour pousser les idées. Nous sommes tous des ministres africains, nous sommes confrontés à des problèmes qui se ressemblent. Se réunir pour échanger sur nos expériences, nos difficultés et les solutions que chaque pays a pu mettre en place chez lui est très important. Le Caucus africain est aussi un élément de réseautage. Nous avons la possibilité de nous voir, de nous connaitre et d’échanger. Nous nous voyons deux fois dans l’année. Cette réunion de Cotonou est encore plus importante parce qu’elle intervient dans un contexte où les difficultés auxquelles nous sommes confrontées se sont exacerbées. Regardez ce qui se passe au Nigeria avec la chute des cours du pétrole, ce qui se passe avec le terrorisme en Afrique de l’Ouest, avec les changements climatiques qui affectent certains de nos pays, en particulier le Bénin, vous saurez que nous sommes en grande difficulté et qu’il faut réfléchir sur les solutions à mettre en œuvre.

Le président de la République a évoqué dans son discours la nécessité de s’organiser pour mieux capter les ressources disponibles dans le monde. Comment le groupe africain compte-t-il y arriver ?

Ce que le président de la République dit est si vrai. Ce qu’il est en train de dire est que l’argent n’est pas le problème. L’argent est dans notre pays et dans le monde. Ce qui est le problème et il l’a dit, c’est l’organisation. C’est notre capacité à prendre en main notre destin, à nous organiser, à faire des projets et programmes qui tiennent la route, qui attirent des investisseurs qu’ils soient nationaux ou étrangers, et de mettre en place la gouvernance la plus appropriée. Il faut que nous ayons confiance en nous-mêmes et que par nos actes, nous donnions confiance au reste du monde. C’est un message fort. Cela repose sur deux piliers. Le premier, c’est nous-mêmes, mettre en œuvre les politiques, nous organiser de manière à gagner la confiance de nos partenaires. Le second pilier, ce sont nos partenaires, c’est la communauté internationale, pour leur dire le monde est global. Les problèmes africains sont les problèmes du monde. Le président l’a assez dit. Si l’Afrique continue d’être pauvre et si les pays africains continuent de trainer la pauvreté, le reste du monde ne sera pas tranquille.

Les Béninois sont impatients de voir pointer des investissements structurants au profit de leur pays. Qu’avez-vous envie de dire pour les rassurer ?

Je veux dire au peuple béninois que nous sommes en train de travailler. Nous avons défini l’architecture des projets et des secteurs. Nous avons défini nos priorités parce que c’est très important. La démarche de notre gouvernement est différente en ce sens que nous procédons par une définition des priorités. Nous ne voulons pas mettre de l’argent partout. Nous avons choisi des priorités et ce sont ces priorités qui vont guider l’action du gouvernement dans les mois et les années à venir. Je peux vous assurer que nous comptons sur le reste du monde pour réunir les financements parce que nous allons présenter des projets qui vont inspirer confiance, des projets économiquement rentables et sur lesquels les investisseurs qu’ils soient économiques, financiers ou sociaux viendront nous rejoindre ?

Gnona AFANGBEDJI

aCotonou

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