150 milliards d’emprunt obligataire : Le gouvernement Talon a-t-il les moyens pour...

150 milliards d’emprunt obligataire : Le gouvernement Talon a-t-il les moyens pour booster l’économie ?

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L’air serein, Abdoulaye Bio Tchané se dirige vers le pupitre d’où il doit donner sa conférence de presse. Le ministre d’Etat chargé du plan et du développement, le sourire aux lèvres, explique : ‘’…Le pari était risqué, mais utile à la mise en œuvre de notre engagement immédiat et non négociable de règlement des impératifs socio-économiques. Le gouvernement a recouru à l’appel public à l’épargne à travers un emprunt obligataire. Pour des besoins exprimés de 150 milliards de Francs Cfa, l’épargne publique a été souscrit à hauteur de 202 milliards de Francs Cfa…’’. Voilà ce qui justifie le changement d’expression sur ce visage resté jusque-là fermé, face au triste bilan économique hérité du régime Yayi. Abdoulaye Bio Tchané est, cette fois-ci, porteur d’une bonne nouvelle pour les finances publiques. Au dire du ministre d’Etat, chargé du plan et du développement, les ressources tirées de cet emprunt obligataire serviront prioritairement à, redonner espoir aux Petites et moyennes entreprises (Pme) par un apurement entier et immédiat des arriérés dus par l’Etat, régler le service de la dette publique y compris les arriérés, redynamiser l’investissement privé, relancer l’investissement public. Il paraît clair pour le ministre du plan et du développement que cette souscription qui va au-delà des attentes du gouvernement est un signe d’espoir et de retour de la confiance en l’Etat et implique l’adhésion des acteurs économiques aux réformes et mesures mises en œuvre.

La relance de l’économie
‘’Cet emprunt nous permet d’être optimistes, nous donne un bon espoir que nous aurons des ressources pour nos projets’’, a déclaré le ministre du plan et du développement. Après une large politique d’assainissement des finances publiques, à travers la réduction du train de vie de l’Etat avec la suppression des institutions budgétivores, la diminution du nombre de portefeuilles ministériels, la relecture des Aof des ministères, le vote du collectif budgétaire…, le gouvernement Talon vient d’engager le pari de la renaissance économique. Et cet emprunt obligataire qui apparaît comme une bouffée d’oxygène aux Pme, une opportunité pour la relance de l’activité économique nourrit bien d’espoirs.
D’ailleurs, ceux pour qui les besoins alimentaires des Béninois sont loin des urgences de réformes constitutionnelles et institutionnelles seront bientôt servis. L’opinion peut déclencher le chrono pour la mise en œuvre des axes prioritaires du projet de société du président Talon qui va au-delà-de la révision constitutionnelle. Lors du débat contradictoire avec son challenger au second tour de la présidentielle, l’homme du nouveau départ a annoncé plusieurs chantiers. Si au début du mandat, il a été annoncé à qui veut l’entendre que l’Etat n’a pas les moyens pour faire face à ses charges, les temps ont changé. Le ministre du développement a été très clair : « nous allons investir pour relancer l’activité économique ». L’heure a donc sonné, et Talon sera dans les tout prochains jours apprécié sur ses performances économiques.
Toutefois, le gouvernement en place doit tenir compte dans son ambition de relancer l’économie de la baisse des recettes douanières et de la corruption ambiante qui a plombé jusqu’ici les efforts des régimes précédents. Pour qu’il n’en soit pas ainsi, il ne suffira donc pas de focaliser toutes les attentions sur l’emprunt obligataire, mais sur sa gestion rationnelle. Le ministre Tchané a d’ores et déjà pris cet engagement. Les Béninois attendent de voir.
Arnaud DOUMANHOUN

aCotonou

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