Révision de la constitution au Bénin : Les gardiens de la tradition...

Révision de la constitution au Bénin : Les gardiens de la tradition invitent à la restauration de leur statut

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Réunis le lundi 30 mai 2016, à l’initiative du Professeur CAPO Hounkpatin, Président de l’Iniref ; Rois, Reines, Chefs de Terre de par Dieu et la Volonté des Ancêtres, Hounnons, Bokonons, Guérisseurs, Détenteurs des cultures de nos peuples, Chasseurs Traditionnels et Groupes de Jeunes (Appelés Donkpè dans certaines contrées-Ndlr) ont donné de la voix au sujet des reformes politiques et institutionnelles en cours au Bénin. A travers une rencontre de concertation effectuée dans la Salle polyvalente du Centre de production artisanale (Cpa) de Cotonou, les dignitaires et intellectuels traditionnels pour un Bénin émancipé, ont fait part de leurs préoccupations à prendre en compte par la Commission technique chargée des reformes politiques et institutionnelles.

Sept (07) points constituent les préoccupations des ‘’Dignitaires et intellectuels traditionnels pour un Bénin émancipé’’ à prendre en compte par la Commission technique chargée des reformes politiques et institutionnelles, présidée par le ministre de la justice, le Professeur Joseph Djogbénou. Adoptée à l’unanimité et avec acclamations par les participants à la rencontre ; il s’agit de :

La création au sein du Parlement de la Chambre des Nationalités composée de Représentants des Autorités traditionnelles et qui aura pour mission de contrôler la conformité des lois votées par les députés de l’Assemblée nationale avec les coutumes positives du pays. La création d’une juridiction de droit traditionnel depuis le village jusqu’au sommet ; La reconnaissance par l’Etat des Rois, Chefs de terre, chefs de couvents, devins comme administrateurs et juges locaux et dûment rémunérés par les soins et fonds de l’Etat ;

La reconnaissance par l’Etat des groupes de chasseurs de diverses contrées du pays ainsi que les brigades de jeunes (Donkpè dans certaines contrées-Ndlr) comme structures légales contribuant à la sécurité publique et leur rémunération subséquente, dans le corps de la sécurité publique et de défense du territoire ; La reconnaissance par l’Etat des cabinets et cliniques des radiothérapeutes et guérisseurs comme établissements de soins de santé légaux et partie intégrante de la médecine officielle au Bénin ainsi que le paiement par l’Etat des activités de guérisons des guérisseurs traditionnels ;

La Reconnaissance de toutes les langues nationales comme langues officielles avec pour conséquences : Leur usage obligatoire à tous les niveaux de l’Administration du pays dans leurs terroirs respectifs ; L’instruction des enfants dans leurs langues maternelles, l’alphabétisation des adultes sur leurs territoires respectifs ; Le déploiement immédiat de précepteurs pour alphabétiser les Rois, Reines, Dignitaires, Intellectuels traditionnels dans leurs langues maternelles sur leurs territoires respectifs. Et ; La protection et la promotion du patrimoine national (économique, culturel, historique).

Pour eux : « le salut de nos peuples et par conséquent de notre pays, le Bénin, passe par une « Refondation » de la Terre de nos aïeux sur des bases propres à nos valeurs tout en prenant en compte les valeurs positives des peuples du monde ». Alors, prenant acte du souhait formulé par le chef de l’Etat, le Président Patrice Talon « d’aboutir rapidement à un projet de Constitution, qui synthétise les réponses les plus adéquates aux aspirations actuelles et futures de notre peuple», ils portent à l’attention de la Commission Technique chargée des Réformes Politiques et Institutionnelles que soient insérées dans la constitution leurs préoccupations.

Ils ont fait relever que depuis lors, les lois de l’Etat se font et s’appliquent sur la base des valeurs étrangères au mépris des us et coutumes, avec une administration fondée sur une langue étrangère qui exclut complètement les peuples de leurs terroirs. Une injustice qui est déjà entrain d’être réparée dans les pays voisins comme le Ghana, le Nigeria, le Togo, le Niger… ont-ils révélé.

aCotonou

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