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Représentation du spectacle ‘’Le fardeau’’ de Minata Diene : La sale conscience des dirigeants hystériques d’Afrique

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(Une  symétrie d’images contemporaines)
Le spectacle ‘’Le fardeau’’ mise en scène par la burkinabè Minata Diene s’est déroulé hier mardi 29 mars 2016 au siège du Festival international de théâtre du Bénin(Fitheb) dans le cadre de cette épiphanie de l’art dramatique. Il a fait évoluer  sur scène deux personnages visiblement déséquilibrés au plan psychologique mais qui étaient dans le rôle du ‘’fou-conscient’’, c’est-à-dire, qui maitrisait tout ce qui se passait. Installés dans un désordre total, les deux acteurs, tous béninois,  ont passé à la lumière le miroir d’un peuple vanné par les attitudes d’un homme d’Etat assoiffé du pouvoir et hanté par les résultats de ses propres exactions.

Et tout le fardeau est là…

Un tableau sombre d’une société assujettie, avec à la clé, un président de la République rongé par sa propre conscience. Tout était symbole sur la scène. Le personnage du président dans lequel évoluait le comédien Chakirou dresse tout le chaos de la vie intérieure des chefs d’Etat. Une vie intérieure cousue de crimes, de viol des textes de la République et des exagérations de tout genre. Un après pouvoir qui s’ouvre sur le déraisonnement et un échec psychologique généré par un passé chargé d’abus et de perte de valeurs. « Tout me laisse ! Charge-moi ! Décharge-moi ! Je suis le Président de la République. C’est moi qui forme et déforme mon gouvernement, je manie et remanie », sont autant de superflus  qui gonflent tirades et répliques dans la trame. Signale d’une folie naissante qui embrase la société accroupie sous le poids insupportable de la maltraitance.Sur cet aspect, le décor de scène en disait long. Une installation démentielle de débris,image symétrique de la psychologie du Président. Cette représentation, loin d’une surprise, retrace à merveille quelques caractères des dirigeants africains qui, comme certains présidents du Bénin, n’hésitent pas à rappeler avec énergie à leurs collaborateurs qu’ils sont le Président de la République. En la comédienne, Sévérine de Souza,  on lit aisément à travers la trame,une société profanée, prostituée et vidée de sa substance par une haute mafia. Ce spectacle est une invite adressée aux dirigeants africains pour observer de la retenue dans leur exercice du pouvoir.

Teddy GANDIGBE

Matin Libre

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