Réforme au ministère du tourisme et de la culture : Ange N’koué...

Réforme au ministère du tourisme et de la culture : Ange N’koué met le doigt dans le guêpier

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(Très remontés, les artistes désormais sur la défensive)
Le diable est désormais aux trousses de l’ange au ministère du tourisme et de la culture. Ils sont un nombre important d’artistes, toute catégorie confondue, à investir le ministère de la culture hier mercredi 08 juin 2016. L’objectif de leur descente était de manifester leur mécontentement face à la manière dont la crise du monde culturel est en train d’être gérée. Pour eux,  la façon dont les reformes sont en train d’être opérées dans le secteur culturel par le ministre Ange N’koué et son cabinet est un affront fait aux créateurs d’œuvres de l’esprit.« Oui aux réformes, mais sans les acteurs culturels Non. Ma culture, je me dois de la protéger contre les vautours ».Ces phrases, inscrites en blanc sur un fond  rouge sur des bâches qu’ils portaient, retracent tout le sentiment qui les animait. Que de mécontentement. Et les tintamarres de fanfares et autres bruits assourdissants qui ont régné en maître au ministère en disent long.Tout c’était passé en présence de l’autorité ministérielle qui, restée carrée dans les quatre murs de son bureau, semble manifestement opposer un refus de recevoir ces visiteurs.

Néanmoins, un émissaire a été envoyé pour tout au moins les écouter. Il s’agit de Richard Sogan, le secrétaire général du Ministère. Sans se faire ménager, le comédien Caïman, le cinéaste Ibrahim Padonou, les chanteurs  Nana Yao et Patrick Adandédjan se détachent du groupe pour     aller à sa rencontre. Après quelques discutions, le message parvient aux manifestants déjà très remontés. «  Le ministre a voulu qu’une délégation des manifestants le rencontre à son bureau. Mais nous avons dit non. Nous voulons qu’il vienne nous rencontrer tous ici en bas. Car, ils estiment que nous n’avons pas une autorisation pour faire du sit-in »,  a fait savoir Patrick Adandédjan, le président de l’Association des artistes patriotes. Et puis, la colère monte d’un cran dans le rang de la foule. Les bruits de la fanfare retentissent de plus belle. Et dans le tapage, l’envoyé  du ministre se retire.

Quelques minutes plus tard,l’autorité sort du ministère dans son véhicule sans piper mot aux manifestants. Une attitude très mal appréciée par les artistes. Ainsi, a-t-il pris la direction de la présidence de la république où il devrait prendre part à la rencontre hebdomadaire du gouvernement, le conseil des ministres. Mais sa peine était encore loin d’être purgée. La horde d’artistes lui emboite les pas et  envahit la façade de la présidence. Et à l’interpellation du commandant de la garde républicaine de sécurité, visiblement coopératif, «  Ce qui nous a contraints à venir ici chez le Président de la République, c’est que notre ministre veut faire notre bonheur sans nous associer. Il a engagé des réformes dans le secteur de la culture sans associer les acteurs culturels que nous sommes. Peut-on faire des réformes dans l’armée sans associer les militaires ? Peut-on faire des réformes dans le coton sans associer les cotonculteurs ? Nous pensons que non. Nous sommes d’accord pour les réformes. Mais ce que nous exigeons, c’est que le ministre nous associe. Nous lui avons écrit, nous l’avons rencontré, mais il a fini par faire tout dans notre dos. Des réformes toutes faites qu’il veut nous imposer. Ça, nous n’allons pas accepter », a répondu Patrick Adandédjan. Sur ces explications, le commandant promis rendre compte à qui de droit pour que le Chef de l’Etat soit informé dans les meilleurs délais. Et à cet effet, une nouvelle date est prise pour mieux structurer les choses pour que  les doléances des manifestants soient portées personnellement au Président Patrice Talon. Mais avant cette date, les manifestants se sont donné  rendez-vous pour ce jour jeudi 9 juin 2016 afin  d’assiéger à  nouveau le Ministère du tourisme et de la culture pour poursuivre le combat.

Teddy GANDIGBE

Matin Libre

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