Nadeige Tubiana au sujet de ‘’Trace Tv’’ : « Nous ne prenons...

Nadeige Tubiana au sujet de ‘’Trace Tv’’ : « Nous ne prenons rien chez les artistes… »

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La responsable du mass-média ‘’Trace’’, Nadeige Tubiana, s’est prêtée à nos questions, samedi 26 novembre dernier au Bénin Royal Hôtel. Avec elle, il était question de découvrir en profondeur ‘’Trace’’ et son fonctionnement. Elle en parle.

Matin Libre : vous  êtes la Directrice de ‘’Trace Tv Africa’’, cette chaîne qui fait la promotion de la culture africaine en général.Parlez-nous un peu de l’origine.

Nadège Tubiana : Déjà je tiens à préciser ‘’Trace’’ n’est pas qu’une chaîne de télévision mais une marque avec différents  projets, différentes structures, télé, radio,média digital et Event. On en parlera après.Donc, l’origine de ‘’Trace’’, à la base les fondateurs, dont Olivier Louchère, pensaient qu’il n’y avait pas de diversité culturelle sur les chaînes de télévision. Et il n’avait pas tort d’ailleurs. Pour lui, il y avait toujours la même chose, Pop, Rock enfin des blancs à la télé alors qu’il avait une véritable création musicale, une très grande diversité culturelle qui venait de l’Afrique et des Caraïbes. Alors il a donc décidé de créer une chaîne de télévision. Avec un fonds d’investissement Goldman Saxe,il a levé des fonds et a racheté McmAfrica.

Et aujourd’hui ce groupe de médias est en train de faire des merveilles notamment en ce qui concerne la diffusion des productions artistiques et culturelles.Pourquoi cette option de vous appesantir sur la production artistique et culturelle africaine ?

Parce que c’est la plus riche. On peut le voir même au Bénin. A mon arrivée, même sans rendez-vous, j’ai déjà rencontré trois, quatre à cinq artistes de talent. Que ça soit le Bénin, le Togo, le Gabon, le Nigeria, ce sont des pays qui sont culturellement proches.Ils ont une diversité musicale très forte. Et les gens vivent avec la musique. Et on peut également comprendre avec Beyonce, Mickael Jackson qu’ils sont fortement influencés par l’Afrique.

‘’Trace Tv’’ est  une marque et bon nombre d’artistes sont heureux de se voir jouer sur ses écrans. En termes de retour sur investissement qu’avez-vous déjà quantifié comme bénéfice ?

Ah ! Bénéfice, c’est vrai que nous sommes une entreprise à caractère commercial avant tout.Là, on vient de créer un label qui s’appelle ‘’Trace talent’’ et qui signe des accords  avec des producteurs et des artistes pour mettre en avant ces artistes sur lesquels on a décidé de jouer le jeu, c’est-à-dire d’intervenir dans le développement de leur carrière.Sinon, on va plus développer la marque par d’autres chiffres d’affaires avec les opérateurs mobiles, avec les marques qui souhaitent communiquer sur Trace. Donc nous ne prenons rien chezles artistes. Chaque année, on verse une partie de notre chiffre d’affaires au bureau de droit d’auteur. Donc ça représente des centaines de millier d’Euro.

Aujourd’hui Trace est en plusieurs versions, enfin on voit la couleur verte, l’orange bref dites-nous la différence ?

Il y a aussi la couleur violette si vous voulez. La différence c’est la diversité culturelle en Afrique et dans le monde. Par exemple avec Trace Urban c’est la musique Hip hop, R&B. Il y a le vert qui est Trace Africa qui diffuse la musique africaine.Le violet, c’est Trace Gospel qui passe la musique Gospel urbaine. Trace Niga c’est le bleu qui diffuse la musque nigériane. Il y a aujourd’hui plus d’une dizaine de télévisions qui diffusent dans un pays partout dans le monde.

Le label évolue-t-il aujourd’hui sans contrainte ?

Si !Des fois le choix est difficile pour le playlist.Chaque semaine il doit avoir très peu de place pour entrer de nouveau titre. Donc parfois la sélection est très  difficile. Par exemple pour le programmateur de Trace Africa, Félix Peia, il reçoit 150 clips par semaine. Donc faire le tri pour deux places c’est parfois assez compliqué. Et on ne peut pas du coup faire plaisir à tout le monde.

On peut déjà connaitre les critères sur lesquels vous vous basez pour opérer ses sélections ?

L’un des premiers critères est que le titre à diffuser soit entre la durée de trois à trois minute trente.Il faut que ce soit un morceau bien construit, bien produit. Que le producteur ait déjà fait un travail de fond en club, en radio pour ce qui concerne sa diffusion au plan local. Et là il y a la facilité de rentrer en palylist. Ça doit être des clips dont les gens ne vont pas se plaindre pour ce qui concerne la qualité des images.

Alors est-ce que vous pouvez nous dire ce qui fait que tout le monde se bouscule à la porte de Trace Tv ?

Je pense que les programmateurs font un super boulot. Justement un boulot très difficile. C’est-à-dire que nous diffusons par exemple Fanicko, Sessimè, pour parler des artistes Béninois, voilà des créateurs qui ont quelque chose en eux que nos programmateurs ont découverts. Du coup, Félix Peia et son équipe, parlant de Trace Africa, font un sacré boulot de défricheur de talent.

Avec les artistes béninois que vous diffusez est-ce que vous avez déjà obtenu d’eux ce que vous auriez souhaité avoir ?

Il y a Dibi Dobo qu’on diffuse depuis pas mal de temps. Je l’ai encore rencontré hier et il m’a montré un clip qu’il a réalisé à Doubaï, mais ça ne peut que faire la fierté. Quand on passe de son premier clip qu’il a tourné, c’était en Afrique dans les conditions Bout de ficelle, à un clip comme ça digne d’une grosse production nigériane ou américaine, on ne peut qu’être fier.

Nous entendons dire que Trace Tv fait les choses gamme par gamme. C’est-à-dire qu’il y a des espaces de diffusion qui sont réservés aux artistes qui ne sont pas de haut standing,  éclairez nous la lanterne ?

Oui ça c’est la playlist. On essaie de faire une sélection. Un artiste comme Psquare ne peut pas avoir la même répétition qu’un artiste qui est en développement. Francko par exemple quand on a eu son titre je pense qu’il est rentré tout de suite en starter.Starter c’est une  diffusion de soixante fois par semaine.Donc il y a des artistes confirmés qui ont directement leur place de facto et puis après il y a des artistes qu’on pousse. Mais je tiens à notifier qu’il n’y a pas d’apartheid sur la chaîne. C’est vrai qu’on est une entreprise commerciale et on se doit de garder notre audience et notre notoriété.

Parlez-nous de votre audience ?

Disons que dans les études d’Africoscop nous sommes la cinquième chaîne panafricaine la plus regardée en Afrique. Nous sommes la chaîne numéro 1 des Adolf-home. Les gens consomment nos chaînes du matin au soir. Au Cameroun nous sommes devant la chaîne nationale. En tout cas on va continuer par développer Trace en Afrique. On lance une plateforme SVD l’année prochaine qui sera spécialisée dans la diffusion des séries africaines. On va commencer par donner de l’argent à des producteurs africains et déjà on a commencé par travailler avec un jeune Ivoirien et un Antillais.

Votre mot de la fin ?

Il faut continuer à être aussi riche culturellement. Il ne faut pas copier ce qui est en Europe. Il faut être très fier de ses racines. Parce que l’Afrique c’est maintenant. Je suis joignable via mail :

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Réalisé par Teddy GANDIGBE


Matin Libre

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