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Journée internationale de la musique : Le Bénin célèbre

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(Les maldonnes enlisent son essor)
Le monde entier a célébré la musique hier, mercredi 21 juin 2017. Il s’agit bien de l’art qui adoucit les mœurs et qui détend au-delà de toute attente. Au Bénin, il est diversifié avec des variances qui accrochent tant bien que mal les mélomanes. Néanmoins l’art est confronté à de nombreuses difficultés malgré tous les atouts dont regorge le Bénin pour son essor. Avec l’expert  Eric Gbèha, si on sonde le terrain, on peut clairement entrevoir ou se faire une idée du résultat que donne la musique au Bénin avec les indices existant. « D’abord, un artiste, c’est un produit. Et pour vendre un produit, il faut forcément un client. C’est quelqu’un qui doit être présentable et qui dégage une certaine vibration attractive. Il faut qu’il ait du charisme, du talent et qu’il ait la capacité de sortir de belles mélodies. Et si vous avez une bonne équipe qui vous entoure, ça devient très facile. Une équipe, c’est les managers, les éditeurs, les producteurs et les musiciens. Et c’est tout cet ensemble qui encadre afin de te donner un véritable potentiel pour se vendre à l’extérieur. Au Bénin on remarque que les artistes de plus en plus, ne font plus une musique vivante. Ils font de la musique à l’aide d’un ordinateur et quelques logiciels. C’est de la musique urbaine qui a quitté les Etats-Unis et qui a conquis l’Afrique toute entière et on prend cette musique comme une musique de référence. Le problème, c’est qu’on n’a pas de marchés pour ces musiques-là », souligne l’acteur culturel pour pointer du doigt les quelques réalités qui gangrènent l’évolution de la musique béninoise. Et il n’est pas le seul à le remarquer. Nous avons promené pour vous notre micro.

Teddy GANDIGBE

Regards croisés...

Aldis GANDIGBE : Artiste musicien chanteur du groupe ‘’Rafall’’

« La musique béninoise c'est la musique des couleurs. Pour moi la musique béninoise c'est la musique qui est pleine de richesse, de variétés si l'on tient juste compte de notre diversité culturelle.Reste à faire un travail de fond pour plus la façonner pour qu'elle reflète l'identité. Ce travail fait, je pense que les talents qui la porteront haut existent en nombre pléthorique. Mais pour que cela arrive, il va falloir restructurer le secteur sur plusieurs plans, un accompagnement de l'Etat central avec des projets, des fonds,des formations àtous les niveaux de l'industrie musicales tout en tenant de tous les styles de musique. Moi par exemple depuis que je fais la musique avec mes succès je n'ai même pas pu compter 100 000FCFA. Mais cela est dû au fait que  le secteur est très mal géré ».
 
Noël Hègbè : Maître vitrier, consommateur de la musique

« Vous savez, aujourd'hui il n'y a plus de vrais musiciens qui produisent. Il y a des jeunes qui sont là seulement pour  copier les ivoiriens etc... Au lieu de créer leurs œuvres, et après quelques années, ils ne sont plus d'actualités. Mais il y en a d'autres franchement qui travaillent dur et nous donnent de la bonne musique. C’est vrai qu’ils sont rares mais je leur dis bravo. Quand je vais un peu en arrière et j'entends la salsa de feu Gnonas Pedro, la musique de Sagbohan Danialou celle de Stan Tohon,  Angélique Kidjo ou Panthère noire et beaucoup d’autres dont je ne peux citer tous les noms, j’ai de la fierté pour la musique béninoise. Je n'ai pas envie de quitter ces époques mais bon heureusement ces œuvres vont toujours rester. Voilà ce que je peux dire de la musique béninoise et inviter ces jeunes musiciens d'aujourd'hui à bien travailler. J’en profite pour adresser la même invite au gouvernement par le biais du ministère de la culture à les soutenir. Bonne fête de la musique ».
 
Nayel Yélouassi : artiste Chanteuse béninoise

« Si je dois donner mon avis, je parlerai des problèmes réels auxquels la musique béninoise est confrontée. Je crois qu'il y a de nos jours comme de tout temps pleins de talents. Le problème réel comme je le disais c'est les circuits de distribution et les canaux de promotion (radios, télé etc.) qui sont tels que vous n'y avez pas facilement accès. Enfin, je veux dire que si vous n'avez pas des connaissances à ces endroits, vous pouvez faire de la bonne musique mais vos œuvres ne seront pas diffusées. Au même moment, ces circuits de promotion font de la promotion gratuite pour la musique étrangère ignorant complètement les leurs. Alors ce qui est remarquable avec les réseaux sociaux, c'est que je peux toucher des milliers de personnes. Mais là, aussi il y a un souci. Comment faire pour que ces milliers de personnes arrivent à avoir accès à moi. Et là, celui qui est à la tête de la culture doit prendre ce jour spécial et réfléchir à comment faire pour pallierces problèmes afin que nous puissions faire connaître notre musique dans la sous-région et dans le monde entier. La musique béninoise est une ressource qui peut rehausser l'économie béninoise si les autorités en charge savent l'exporter ».
 
Didier Sèdoha Nasségandé : Artiste Comédien Metteur en scène

« Je pense qu'il y a beaucoup d'envie chez les musiciens de faire de la musique mais je crois qu’ils ne s’en donnent pas le temps. La musique béninoise de ces dernières années est riche même si cette richesse est éparse. Il faut saluer ici mon ami Richard Flash pour ces dernières propositions. J'ai envie de dire que de façon remarquable, la musique de ce siècle discrimine les hommes âgés vu que la majeure partie des propositions s'adressent aux jeunes. Je voudrais vraiment espérer qu'il y ait des textes, je veux dire, des messages que de la bonne note accompagne. Je souhaite qu'il ait beaucoup de live traditionnel et aussi moderne. J'espère qu'au-delà de tout, il viendra une génération qui rêve et qui fait de la vraie musique. Cela pourrait dépendre des écoles ou pas. Autrement pour dire de façon générale, le Bénin n'a pas un identifiant musicale. Tout le monde est roi ou maître de tel ou de tel rythme. C'est dû aux besoins de survie ».

Propos recueillis :Teddy GANDIGBE


Source : Matin Libre

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