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Grogne des acteurs culturels contre le fonctionnement de la Dfac : Alli Wassi Sissi applaudit l’acte du ministre et fait des propositions

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Promoteur culturel de vieille date, Alli Wassi Sissi est l’un des rares Béninois qui s’investissent à fond pour l’éclosion de la culture de leur pays. De par son label « Golden International promotion » qui organise le « Bénin Golden Awards » et « Les Trophées Sica » (compétition internationale), il est parvenu à côtoyer les gloires de la musique africaine et demeure une référence bien taillée. Tout comme plusieurs, il livre à travers un petit entretien accordé à votre quotidien, son point de vue sur la situation qui dégénère entre acteurs culturels et administrateurs du fonds d’aide à la culture. Lisez plutôt.

Matin Libre : Quelle appréciation faites-vous de l’arrêté pris par le tout nouveau ministre de la culture, portant suspension des élections des administrateurs à la Dfac ?

Alli Wassi Sissi : C’est une décision salutaire que le ministre Ange N’Koué a prise. C’était le début d’une meilleure procédure de résolution du problème. Enfin, il vient d’arriver ; et s’il veut bien faire, il lui faut carrément procéder au nettoyage, c’est-à-dire instaurer des nouvelles réformes pour qu’à jamais, le système soit redynamisé.

Selon vous, qu’est-ce qui constitue la gangrène au fonds d’aide à la culture ?

Pour ma personne, les textes qui existent font des administrateurs des éléments très puissants du système. On ne peut pas laisser la vie culturelle des artistes à sept (07) personnes. Le conseil d’administration compte 13 membres, et il n’y a que 7 membres qui décident. Ce qui gêne, il y a des experts que nous payons et qui notent des œuvres déposées pour candidature. Mais pour la plupart du temps, leurs notes sont inutiles parce que les sept (07) décideurs ne fonctionnent malheureusement que sous les racines du copinage.Quand vous fouillez bien, vous verrez que ces mêmes experts s’octroient des faveurs. Une même personne peut avoir 20 dossiers ; c’est juste les noms qui changent. Ce sont les même personnes qui profitent, se taillant la part du lion, parce qu’ils sont décideurs, vis-à-vis de leur position dans le système, au détriment de bon nombre d’acteurs qui, pourtant, font la fierté du Bénin, culturellement parlant. Ce n’est pas normal.

Et si on vous demandait de faire des propositions de réformes, pour une meilleure relance du fonctionnement de la Dfac, que diriez-vous?

Il faut que nous acteurs culturels, on ramène la balle à terre. Je n’ai rien contre les administrateurs. Il faut qu’on accepte une réforme totale du fonctionnement du fonds d’aide. Tout comme au Bénin, il y a des cabinets compétents qui s’exercent dans le secteur culturel. Ce sont à ces genres de structures, à caractère indépendant qui pourraient mieux réussir la chose, du point de vue de leur impartialité et compétence. En 2007, j’ai été retenu pour bénéficier d’un financement du festival Sica de la part de l’Union Européenne. Et c’était un cabinet qui s’est chargé de tout. Ils ont donné à ma structure 30 Millions F Cfa, mais tout le processus a été conduit avec rigueur, dans les règles de l’art. A chaque étape de la tenue du festival, il fallait déposer un rapport financier et moral bien étudié avant qu’on ne vous octroie une autre partie du fonds.

Ici au Bénin, vous envoyez un dossier de demande de 50 Millions, on vous donne 1 Million. Mais, l’artiste ou le promoteur ne pourra rien réaliser, même s’il était bien engagé.

Même, le fait qu’on remette de l’argent aux artistes est inadéquat avec les principes pour espérer le rendement. Le fonds d’aide à la culture devrait signer des contrats avec les maisons de production et les studios d’enregistrement au choix de l’artiste bénéficiaire du fonds. Même chose pour les promoteurs de festivals. Souvent, on décaisse des fonds pour des événements, les événements n’ont pas lieu. Il y a du copinage qui doit être combattu. Aussi, j’ai entendu des artistes dire ceci : « Ah, ils ont arrêté ; comment on peut payer les loyers ? » ; comme si le fonds d’aide était implanté pour régler d’autres problèmes personnels des artistes. C’est bien dommage. Enfin, pour des acteurs que nous sommes, il peut avoir des fonds de garantie. Si des 5 Milliards F Cfa, on met 1 Milliard F Cfa dans une banque, on peut ainsi financer des grands projets (de construction de centres culturels ou des lieux de spectacle, etc. qui pourrait coûter 50 millions F Cfa) à caractère de prêt à rembourser sur 5 ou 10 ans, avec intérêt. Mais entre temps, on aurait eu comme garantie, des papiers de terrain, de biens immobiliers appartenant à l’artiste ou à un parent de l’artiste.

Je crois qu’il vaut mieux mettre la balle à terre. On se connaît tous. Le ministre ne peut rien faire sans nous. Il est obligé d’appeler les acteurs culturels que nous sommes. Il n’y a pas de problème sans solution.

Réalisation : Loth HOUSSOU

Matin Libre

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