Fitheb 2016/Spectacle: «Le fardeau» pour les avides du pouvoir

Fitheb 2016/Spectacle: «Le fardeau» pour les avides du pouvoir

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L’actualité, sinon la réalité politique du continent africain s’est invité dans les représentations programmées pour le compte du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) édition 2016. C’est la comédienne burkinabè Mimata Diéné qui y a surtout pensé en mettant en scène « Le fardeau ». Une pièce dont la dernière représentation a eu lieu mardi 29 mars dans la salle de spectacle du Fitheb.

Dans la pièce «Le fardeau», Mimata Diéné met en scène deux acteurs, sinon deux personnes peu considérées dans la société (un fou et une citoyenne lambda) à qui elle fait pourtant un rôle très important : celui de la dénonciation des tares des acteurs politiques du continent. Elle met en lumière les appétits voraces de certains dirigeants, prêts à se maintenir au pouvoir contre vents et marées, bien souvent contre la volonté des peuples qu’ils prétendent gouverner. Fort heureusement, il s’agit en l’espèce de dirigeants que le peuple réussit à chasser.

L’actualité dans certains pays du continent coïncide avec cette création qui date du mois de novembre 2015. Mais elle est loin d’être dirigée contre X ou Y. Il s’agissait même à la base, selon Mimata Diéné, d’une pièce commandée par un projet dans son pays, le Burkina-Faso avec la particularité qu’elle associe deux écoles de formation que sont le Cefrab de Ouagadougou et l’Eitb du Bénin. Les comédiens Chakirou Salami et Cybelline de Souza sont sur scène. Le premier incarne un fou. Un personnage qui, en général dans la société africaine est considérée comme étant de moindre importance, mais dont les propos ne laissent pas souvent indifférents.
Le fou dit tout, contre tout le monde sans être inquiété. Et dans un milieu jugé despotique, c’est justement le genre de personnage qui veut se donner le loisir de commenter les tares sans crainte ni peur. La seconde, elle arbore les attributs d’une citoyenne dépitée. Usée par les vicissitudes d’une vie décousue et sans lendemain, elle arpente la rue, y déverse sa misère et crie son ras-le-bol. Avant d’atterrir au Fitheb, c’est un autre festival de théâtre, le Fitmo de Ouagadougou qui a accueilli cette création intitulé « Le fardeau » au mois de décembre denier. Le décor est sobre. Et les deux acteurs, purs produits d’une école de formation théâtrale jouent sans complexe. A l’aise dans son rôle, le duo a réussi à capter l’attention du public, du début jusqu’à la fin du spectacle. Une «réussite» qu’ils doivent à un travail en amont, confesse Chakirou Salami. Les deux acteurs ont, selon ses explications, essayé d’étudier les personnages à eux confiés avant de les incarner sur scène. En dehors des vidéos suivis pour s’ingurgiter les traits d’un personnage autocratique, ils ont essayé aussi de se confronter à quelques réalités y relatives afin de mieux interpréter leurs rôles. Et on peut dire que cela leur a marché. ¦

Josué F. MEHOUENOU

aCotonou

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