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Fitheb 2016: Un réseau interafricain pour la fluidité de la circulation du théâtre en création

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La 13e édition du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) n’a pas été qu’une occasion de fête autour du sixième art. Elle a permis aussi de réfléchir sur des opportunités de création communes entre différents pays du continent. Autour du directeur du Fitheb, Erick Hector Hounkpè, plusieurs directeurs de festival se sont penchés sur cette préoccupation.

Lassaad Jamoussi, directeur des Journées théâtrales de Carthage de Tunis, Alain Hema, directeur du Festival international La Ruche, Zié Coulibaly, un des responsables artistiques du Marché africain des Arts et du Spectacle (Masa), Hamadou Mande, directeur du Festival international de Théâtre et de Marionnettes de Ouagadougou (Fitmo) et bien d’autres responsables de festival présents à Cotonou dans le cadre du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) 2016 étaient réunis autour du directeur dudit festival Erick Hector Hounkpè pour ensemble réfléchir sur des possibilités de créations communes sur le continent, en vue de faciliter la diffusion, de l’alléger et de permettre ainsi aux créations de tourner au maximum.

Ça va changer !

L’initiative était indispensable, pensent la plupart des acteurs. Pour eux, cette absence de synergie est préjudiciable à l’avenir des troupes sur le continent et peut même constituer une entrave à l’épanouissement des artistes. « La rencontre que nous venons de tenir porte sur la situation des œuvres et le réseau. Moi, déjà en 2011, j’avais fait cette réunion à Ouagadougou avec différents directeurs de festival dont le Fitheb pour dire qu’il faudrait que nous puissions nous mettre en réseau. Il y a eu des réseaux. Mais ici maintenant, nous sommes partis sur des éléments très concrets.
Nous avons une échéance, le 16 novembre prochain. Je pense que de ce point de vue, le Fitheb a gagné en réunissant ces directeurs d’événements avec quelqu’un qui nous propose immédiatement un moment de rencontre qu’il va inscrire comme activité de son événement, les journées théâtrales de Carthage. Là, la présente édition du Fitheb est une grande édition pour cela ». C’est avec satisfaction qu’Alain Hema, directeur du Festival international La Ruche s’est ainsi confié après de longues et enrichissantes minutes d’échanges entre ses pairs et lui. Ce qui est important aux yeux de cet acteur habitué des festivals sur le continent, c’est de surpasser les conclaves et propositions et de passer enfin aux actes. Lassaad Jamoussi, directeur des Journées théâtrales de Carthage de Tunis se veut lui plus optimiste.

Un évènement important

Pour lui, le conclave va au-delà d’une simple rencontre et se veut un « événement très important » qui fait suite aux échanges antérieurs pour la création d’un réseau inter- africain pour la fluidité de la circulation du théâtre dans les pays africains. Selon lui, la rencontre de Cotonou a permis de constater les avantages faits. « Nous avons constaté que les différents réseaux qui ont été créés n’ont pas véritablement fonctionné comme il était nécessaire. Nous nous sommes engagés ensemble pour agir chacun de son côté pour que dans chaque grand festival de théâtre africain, il y ait un événement qui permet la rencontre de tous les directeurs de festival africains ».
C’est d’ailleurs lui qui sera le prochain hôte à Tunis au mois de novembre prochain, à l’occasion des Journées théâtrales de Carthage. A ce rendez-vous assez connu de ces responsables de manifestations « tous les directeurs de festivals africains seront présents pour qu’on organise une matinée de réflexions sur les modalités pratiques de la circulation de la création théâtrale et artistique de manière générale au niveau des arts de la scène et les autres formes de manifestations théâtrales ».
Mais tout n’est pas si mauvais, reconnaît Lassaad Jamoussi. Il y a eu, admet-il, quelques initiatives heureuses de créations collectives, de coproductions entre différents pays. Aussi, promet-il qu’à l’ouverture des Journées théâtrales de Carthage, il y aura une coproduction africaine. Sans pour autant freiner la collaboration avec le marché européen, celui-ci, avec ses pairs voudraient faire la part belle aux créations Sud-Sud. Et même si la logistique et le caractère spécifique de certaines créations ne sont des éléments favorisant toujours ce genre de collaboration, Erick Hector Hounkpè y croit fermement. Raison pour laquelle, quelques propositions ont été faites par lui dans ce sens. ?

Satisfaction à mi-parcours

Le Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) a bien démarré et se poursuit bien. Son directeur, Erick Hector Hounkpè en est satisfait. Le bilan à mi-parcours dressé par lui, lundi 28 mars dernier en dit long.

Un pré-Fitheb applaudi, un village de festival plaisant, une cérémonie d’ouverture appréciée, un spectacle d’ouverture grandeur nature, des spectacles de bonne facture, des invités de marque, une série de tables-rondes pour repenser et relancer le théâtre… Le Fitheb 2016 a un grain de sel supplémentaire sur ses aînés et peut se vanter d’une série d’innovations et de particularités qui tendent à lui redonner ses lettres de noblesse. Le regard extérieur porté par les acteurs (étrangers surtout) sur le festival dégage une forte odeur de satisfaction. Mais le directeur Erick Hector Hounkpè ne voudrait pas dormir sur ses lauriers. Face aux hommes des médias, lundi 28 mars dernier, pour évaluer le chemin parcouru après cinq jours d’activité, il a exposé un bilan à mi-parcours non moins reluisant. Une dizaine de collèges et d’écoles primaires parcourus pour le pré-Fitheb, des lectures scéniques sur quatre pièces de théâtre de dramaturges béninois, une vingtaine de spectacles d’attraction donnée à Cotonou, Porto-Novo, Lobogo, Abomey et Parakou, la commémoration de la Journée mondiale du théâtre (Jmt)… sans oublier une logistique bien assurée constituent les éléments majeurs exposées par le directeur du Fitheb. A cela s’ajoute une série d’innovations dont la police d’assurance souscrite au profit des festivaliers. Et même si cela paraît aux yeux de certains « trop osé », Erick Hector Hounkpè lui voit plutôt les choses en grand. Selon ses explications, à quoi servirait-il de trop économiser de l’argent et de perdre des hommes ?

« Le Fitheb 2016 est en bonne marche malgré quelques couacs », certifie par ailleurs son directeur qui a mis en exergue quelques évènements « malheureux » dont les attentats de Grand-Bassam (Côte d’ivoire) et de Bruxelles (Belgique) qui ont porté un coup à la programmation du festival. Mais sans pour autant porter en ôter à son rayonnement.?

Impressions de quelques acteurs du théâtre
Hamadou Mandé
« Le Fitheb est un patrimoine africain »
De l’extérieur, nous suivons tout ce qui se fait au niveau du festival parce que pour nous, le Fitheb n’est plus seulement un patrimoine béninois. C’est aussi un patrimoine africain et le patrimoine des artistes. Donc quand il y a eu par moment des dissensions et de petites difficultés entre les acteurs ou avec le ministère de la Culture, nous avons tout suivi et nous nous sommes dit que le Bénin ne peut plus se permettre de jouer avec ce festival et de compromettre sa survie parce que les artistes ne vous le pardonneront pas. Mais je crois que les gens ont pu se surpasser par rapport à ces questions là pour qu’aujourd’hui on puisse voir un Fitheb avec des anciens directeurs autour de celui en fonction pour porter ensemble le Festival… Je disais à Ousmane Alédji il y a deux ans quand il disait que le Fitheb était le plus grand festival de théâtre en Afrique que c’est plutôt le plus gros (Rire). Aujourd’hui ce qu’il faut, c’est un travail qui doit se construire dans la permanence. Ensuite au niveau organisationnel, moi je pense qu’il faut que le festival se professionnalise. C’est important qu’un festival comme le Fitheb travaille à se doter d’un comité international de présélection. La sélection en dernier ressort peut ensuite revenir à la direction du festival. Dans tous les cas, au stade actuel nous sommes très fiers du Fitheb et fiers qu’il existe et qu’il continue d’exister. Notre souhait est que le plus grand festival de théâtre en Afrique se renforce.

Bienvenu Koudjo, critique de théâtre

« Je n’ai pas encore noté des ratés »
C’est une édition qui se fait dans une période charnière. Je trouve que c’est déjà bien de tenir le rendez-vous du Fitheb et de ne pas rater ce rendez-vous que nous nous sommes fixés nous-mêmes et insister pour l’organiser malgré les difficultés politiques et les exigences de calendrier, c’est une manière de montrer que l’art est au-dessus de toutes ces contingences et s’affirmer comme un domaine autonome.
Je n’ai pas encore vu de ratés parce que je n’ai pas vu beaucoup de spectacles encore, mais le spectacle inaugural était grandiose. Je continue de me demander comment le metteur en scène a pu mettre sur un tel espace 300 acteurs et coordonner le jeu de tous. Cela relève d’une prouesse et je voudrais l’en féliciter. ?
Propos recueillis par Josué F.M

Josué F. MEHOUENOU

aCotonou

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