Erick-Hector Hounkpè :« Le Fitheb migratoire touchera les grandes villes »

Erick-Hector Hounkpè :« Le Fitheb migratoire touchera les grandes villes »

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Le Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) ira vers les populations des villes qui n’ont pas abrité les manifestations en mars dernier. On parle de Fitheb migratoire dont la ville de Natitingou vient de connaître la première étape à l’espace Tv5 du 25 au 28 mai 2016. Le directeur du Fitheb, Erick Hector Hounkpè, en donne les raisons dans cette interview.

Le Matinal : Expliquez-nous le concept du « Fitheb migratoire ».

Erick-Hector Hounkpè : Le Fitheb migratoire est une première dans l’histoire de ce festival au Bénin. Nous l’avons initié pour trois raisons fondamentales. La première, continuer la visibilité du festival sur toute une année. C’est important. Il faut sortir le Fitheb de l’ombre. Il faut faire en sorte que les spectacles soient vus. Il n’y a pas que les gens de grandes villes qui en ont besoin. Tout le monde a ce droit. La deuxième raison, c’est d’élargir la base du Fitheb pour commencer par préparer sa rentabilité économique. En faisant en sorte que les populations s’approprient le festival, on aura préparé des gens à être des spectateurs non gratuits. On aura préparé des gens qui acceptent que quand on va à un spectacle, on paie. Donc, il y a vraiment l’idée de rentabilité économique. Parce que cela va nous aider à installer les clubs du Fitheb partout. Et après, faciliter la vente des tickets dans tous ces milieux-là afin que dès qu’il y aura des activités du Fitheb, les gens y aillent. La troisième raison fondamentale, c’est faire en sorte qu’on ne vive pas le Fitheb quelques jours et que cela s’arrête. Cela démobilise les professionnels. Les créations qu’on fait au cours du Fitheb se jouent deux ou trois fois seulement. Et il n’y a plus de nouvelles dates. Ce n’est pas bien. Il faut faire en sorte que les créateurs aient des moments de représentation de leurs spectacles. Voilà les trois raisons fondamentales.

Pourquoi avoir choisi Natitingou pour la première étape du Fitheb migratoire ?

Le Bénin ne se limite pas seulement au Sud. L’édition proprement dite a parcouru cinq villes. Pour cette phase migratoire, nous avons choisi l’une des villes emblématiques, Natitingou. Il faut savoir que cette ville est considérée comme chef-lieu. Donc, nos renseignements nous ont permis de comprendre que pendant les vacances, les jeunes des petites villes Toucoutouna et Kouandé vont en vacance à Natitingou. Donc, c’est un pôle culturel. En prenant Natitingou, nous voulons toucher les populations du Nord avant de descendre dans les autres départements.

Comment pensez-vous impliquer les autorités à divers niveaux des villes retenues dans le Fitheb migratoire ?

Nous allons prendre d’autres contacts avec elles. Mais nous devons éviter que ce soient ces autorités qui organisent le Fitheb dans la ville d’accueil. Les administrations dans notre pays, qu’on le veuille ou non, ont une lenteur. Une programmation culturelle d’envergure comme celle du Fitheb a besoin d’aller vite, de faire les choses très vite. Les autorités dans toutes ces villes vont progressivement intégrer un partenariat durable avec le Fitheb. Il faut que la décentralisation apporte au Fitheb, en achetant l’évènement, en aidant à financer des activités.

Vous avez suivi la soirée théâtrale à l’Espace Tv5 de Natitingou. Quelles sont vos impressions ?

C’est une satisfaction morale. C’était ce qui était prévu. Cela me permet de commencer par faire de l’audition pour les activités de l’édition prochaine. Parce que c’est parmi ces artistes qui vont faire des prestations que je vais piocher ceux qui seront au Fitheb 2018. Il y a des humoristes dans les coins reculés qui n’ont pas d’opportunités. Nous allons essayer de voir comment les intégrer, un à un, dans les activités du Fitheb selon les moyens disponibles. J’ai été très content de tout ce que j’ai vu. Ce n’est pas encore la perfection. Mon travail est de conduire à la perfection. Je ne demande pas aux gens d’être parfaits ou d’être brillants. J’ai la responsabilité de dénicher des talents, de leur tendre la main. J’ai découvert beaucoup de rythmes de Natitingou à travers la prestation des groupes folkloriques. Quand nous aurons réussi à diffuser des documentaires sur les chaines de télévision nationale, nous donnerons une vitrine à cette danse dont l’ensemble forme notre culture.

Quelles seront les étapes prochaines du Fitheb migratoire ?

Nous serons à Bohicon, Kandi, Dassa, Lokossa et Ouidah. Le Fitheb migratoire est prévu se tenir de mai à novembre 2016.

Propos recueillis par Abdourhamane Touré

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