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Education et eveil de la petite enfance: role et importance des activites artistiques

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Destinée aux jeunes enfants, l’école maternelle dont les enseignements sont essentiellement construits autour des activités artistiques assoit les bases de toute future situation d’apprentissage. En dehors du développement des facultés intellectuelles, elle assure aussi chez les tout petits la première acquisition des principes de la vie en société en leur permettant de se construire comme personne singulière au sein d’un groupe.

Contrairement à ce que certains pensent, les activités artistiques ne sont pas à banaliser à l’école maternelle. Elles remplissent une fonction importante dans l’éveil de la petite enfance afin de permettre à chaque enfant une première expérience scolaire réussie.
Le programme de l’enseignement maternel doit être adapté à l’âge et au développement des enfants qu’elle accueille. Ce type d’école se distingue de l’école primaire par son programme d’activités d’éveil et par la pédagogie que les enseignants mettent en œuvre. A cet effet, l’école maternelle apparaît comme la première étape pour garantir la réussite de tous les enfants scolarisés. Elle s’adapte aux jeunes enfants en tenant compte de leur développement puis leur construit des passerelles entre la famille et l’école. Pour réussir cette mission, l’école maternelle met en place des modalités spécifiques d’apprentissage basées sur l’éducation artistique. L’objectif, précise le Programme d’activités d’éveil et d’approches pédagogiques à l’enseignement maternel édition 2009, c’est de donner envie aux enfants d’aller apprendre, affirmer et épanouir leur personnalité.

Préparer les enfants…

Ce temps de scolarité, bien que non obligatoire, favorise la richesse des expériences vécues chez ces tout petits afin de leur permettre de vivre ensemble dans la société. « L’école maternelle est le lieu idéal pour préparer les enfants à l’éducation scolaire, en les éveillant sur le plan socio-affectif, cognitif et en les dotant des habiletés nécessaires à l’acquisition des capacités, des aptitudes de l’école primaire », explique le psychopédagogue Jean-Claude Hounmènou, recteur de l’Université de Porto-Novo.
Pour comprendre les raisons qui motivent l’institution d’un certain nombre d’activités artistiques dans la prise en charge des tout petits, il faut d’abord partir des finalités de l’éducation préscolaire. Celles-ci sous-tendent le développement des futurs apprentissages des élèves pour l’ensemble de leur scolarité. C’est à l’école maternelle que l’enfant découvre ces premières activités d’éducation artistique que constituent la pré-lecture et la pré-mathématique. « Ces activités éveillent justement le goût artistique des enfants et les préparent à juger du beau, du joli plus tard, activent leur sens de jugement, leur permet d’apprendre au sujet de leur environnement de tous les jours. C’est à travers ces activités artistiques qu’ils vont apprendre à différencier les couleurs, les formes», soutient Jean-Claude Hounmènou. Ce qui est très important, ajoutera-t-il, c’est qu’ils vont apprendre aussi à acquérir le sens moral par les contes. Ce sont des situations d’apprentissage où la maîtresse ou le maître leur narre des histoires pas très longues et qui ont une morale.
« En tant que parent, la première des choses que l’on remarque concerne les réflexes de l’enfant qui commencent par changer. D’abord, en matière de langue d’apprentissage, on note une amélioration dans sa manière de prononcer les mots en français. Ce qui émerveille les parents, c’est qu’ils sentent déjà les premières acquisitions en matière de langage chez l’enfant », reconnaît Arsène Adiffon, un parent d’élève et responsable d’Ong.
Agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques
Selon Romaine Affachao, éducatrice et directrice de l’école maternelle publique de Cadjèhoun 2, les tout petits expriment leurs émotions à travers les gestes, les mimiques, les écrits et les activités d’ordre plastique pour pouvoir bénéficier de toute l’attention requise de la part de l’adulte. Ainsi, l’éducateur est amené à recourir aux principes de la psychologie de l’enfant, du jeu et de la spontanéité et à l’initiation personnelle pour garantir un développement meilleur à l’enfant. De ce fait, souligne Romaine Affachao, la stimulation et la structuration du langage oral permettent l’entrée progressive de l’enfant dans la culture de l’écrit.
Par l’activité du dessin, l’enfant se prépare à la pré-écriture, affine sa perception des formes, arrive à mieux s’exprimer en commençant par extérioriser ses pensées. « S’il dessine une forme pas forcément correcte comme ce que l’adulte aurait dessiné, mais si vous lui demandez d’interpréter ce qu’il a fait, il va vous dire peut-être que c’est des buchettes d’allumettes qui représentent des êtres humains, soit lui, soit ses parents», explique le psychopédagogue Jean-Claude Hounmènou.

Le cas des activités de sonnet

Selon Romaine Affachao, en observant ce que l’éducatrice fait en dessinant, l’enfant arrive à représenter des choses auxquelles il est sensible. En outre, ajoutera-t-elle, par le dessin libre, l’enfant acquiert la dextérité manuelle, en essayant déjà d’apprendre à tenir les outils.
Par ailleurs, souligne Jean-Claude Hounmènou, les activités artistiques permettent également d’apprendre aux enfants la vie sociale. C’est le cas des activités de sonnet. Par ces activités, les enfants sont amenés à imiter les grandes personnes. Ce qui contribue à leur éducation, à les faire grandir et à leur montrer le mode de fonctionnement de leur environnement. L’enfant arrive alors à faire preuve d’invention et de créativité. Toutes choses qui indiquent son développement socio-affectif et cognitif. « Quand mon enfant a commencé l’école maternelle, les débuts lui étaient très difficiles mais au fur et à mesure que les jours passent, elle fait des choses que je n’aurais imaginé la voir faire bien qu’elle ait trois ans. C’est elle-même qui choisit ses chaussures et s’habille pour se faire jolie, chante beaucoup à la maison et le plus important, c’est qu’elle n’est plus timide et ne pleurniche plus du tout », témoigne un parent.
Pour Romaine Affachao, l’école maternelle constitue le socle éducatif et pédagogique sur lequel s’appuient et se développent les apprentissages qui seront systématisés à l’école primaire. C’est par le jeu, l’action, la recherche autonome, l’expérience sensible que l’enfant, selon un cheminement qui lui est propre, construit ses acquisitions fondamentales. Mais selon elle, le rôle des parents est indispensable dans ce processus. Pour pouvoir mieux faire assimiler les activités aux enfants, il faut une franche collaboration des parents avec l’école, et des matériels individuels, collectifs adéquats, préconise-t-elle. ?

L’importance de la préscolarisation

En tant que spécialiste de l’éducation, Jean-Claude Hounmènou insiste sur le but de l’éducation artistique qui contribue essentiellement à éveiller les enfants. Pour lui, il est nécessaire de mettre les enfants à l’école maternelle. Cependant, en Afrique et spécialement au Bénin, fait-il observer, le constat est clair que très peu d’enfants en âge d’être scolarisés le sont vraiment. A la base de cette situation, il identifie l’extrême cherté de l’enseignement maternel. Cette cherté concerne les aires de jeux qui doivent répondre à des exigences et les documents appropriés pour permettre un bon apprentissage. C’est pourquoi l’on constate que la plupart des enfants qui ont la chance d’être scolarisés à la maternelle vivent dans les centres urbains où sont issus de parents nantis.
Mais il arrive qu’on rencontre des enfants qui n’ont pas eu la chance de suivre l’enseignement maternel et qui, malgré cela, s’en sortent. Ceux-ci sont moins nombreux, reconnaît Jean-Claude Hounmènou. « Si les enfants qui n’ont pas fait l’école maternelle ont les aptitudes nécessaires et la maturité qu’il faut et s’ils ont déjà appris à bien parler, à affiner leurs gestes, à bien percevoir les sons de leur environnement ou qu’ils ont l’âge qu’il faut (6-7 ans), pour commencer l’école primaire, ils n’auront pas grand-chose à envier à ceux qui ont fait l’école maternelle », nuance le psychopédagogue. Selon lui, les plus dégourdis et dynamiques de cette catégorie comprennent vite les consignes des maîtres et les attitudes programmées à leur intention aux cours d’initiation-préparatoire (CI-CP).
Quant aux autres enfants moins dégourdis, ils doivent combler beaucoup de lacunes par rapport à cette nouvelle langue que constitue pour eux le français. Car, n’ayant pas fréquenté l’école maternelle, ils n’ont pas eu le temps ni l’occasion d’être initiés aux bribes de cette langue. Ainsi, pour pouvoir aborder l’activité de la lecture, il faut que l’enfant ait un certain nombre de préalables psycholinguistiques. Tout cela doit être mis en place avant que l’enfant commence l’école primaire et c’est ce qui justifie l’utilité, voire l’importance de la maternelle. En installant ces pré-requis chez les enfants, à travers les activités artistiques, on peut déjà déceler ceux parmi eux qui ont de vrais talents pour les activités artistiques et peut-être les orienter dans cette direction et pouvoir mieux les suivre pour qu’ils deviennent peut-être des peintres, des sculpteurs, de grands conteurs. Selon Jean-Claude Hounmènou, il revient aux éducateurs d’encourager ces germes-là chez les enfants pour qu’ils deviennent de grands artistes. Reconnaissant que toutes les écoles maternelles ne répondent pas aux normes, il exhorte les parents à ne confier leurs enfants qu’à ceux qui ont des compétences avérées.

aCotonou

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