Didier Nasségandé au sujet du Projet ‘’Au bout de la scène’’ :...

Didier Nasségandé au sujet du Projet ‘’Au bout de la scène’’ : « Le rayonnement de la culture fera le développement du Bénin »

0
PARTAGER

Didier Nasségandé  est comédien, conteur, metteur en scène et Directeur de compagnie. Parallèlement, il fait des travaux en  communication. Au cours de cet entretien, il nous parle du projet ‘’Au bout de la scène’’  et de son actualité.

Matin libre : Vous êtes actuellement sur un projet qui regroupe deux évènements majeurs, parlez nous en ?

Didier Nasségandé : Il s’agit du projet « Au bout de la scène », qui est le cumul de deux activités majeures à savoir, la tournée du spectacle « Les pondeuses de boucs » et  l’organisation de la 4ème édition des « Embuscades de la scène ». Nous avons reçu du Fonds des arts et de la culture un montant qui nous permet de commencer et d’agir dans le secteur. C’est à ce titre que nous avons lancé la tournée du spectacle « Les pondeuses de boucs » et aussi les activités qui concernent l’organisation de la 4ème édition des « Embuscades de la scène » à savoir : l’appel à candidature des compagnies, l’audition et les phases techniques de remise à niveau et de suivi des metteurs en scène. Quant au spectacle, on a prévu 21 dates donc 11 au Burkina-Faso et 10 au Bénin. Malheureusement, la subvention n’étant pas à la hauteur de nos attentes, nous avons revu le nombre de dates. Ceci dit, les dates du Burkina sont annulées. Au Bénin, nous avons désormais 06 dates dont 03 sont déjà passées et il nous reste encore 03 à faire vers la fin de l’année 2016. Pour les « Embuscades de la scène », Cette édition aura lieu à Artisttik Africa de Cotonou en novembre. A l’heure actuelle, les compagnies sont déjà retenues et nous aurons le temps d’en parler sur les réseaux sociaux et sur le site web de l’événement.

Parlez-nous du spectacle « Les pondeuses de boucs » ?

Ce spectacle qui est une mise en scène de moi-même, Didier Sèdoha Nasségandé, et écrit par Hurcyle Gnonhoué,auteur béninois, c’est l’histoire d’un monsieur appelé Ladji qui, après avoir eu 14 filles, est à la recherche d’un garçon pour confirmer son statut d’homme dans une société où avoir un enfant garçon, vous confère « le statut vrai de la masculinité ».C’est peut être un vieux sujet mais qui est toujours d’actualité où les hommes ont envie d’avoir un enfant du sexe masculin pour se considérer vraiment géniteur. La problématique est dans le fait que : est-ce qu’un enfant fille n’est pas un enfant ? Et cela devrais pouvoir intéresser les acteurs de la société civile et les partenaires étrangers qui, dans la quête de l’égalité des droits, peuvent s’en approprier pour leurs travaux. Aussi, ce type de spectacle qui est peint d’humour est utile pour notre communauté qui est à la recherche de spectacle décodé qui concerne le citoyen. Ce spectacle n’est pas fait pour la classe élitiste du théâtre béninois, mais pour le public lambda comme on le dit dans nos jargons .C’est dans l’optique de pouvoir faire rentabiliser la production artistique que nous proposons ce type de spectacle. Je voudrais rappeler qu’en 2014, alors que Ousmane Alédji était Directeur du Fitheb, nous avons, sans aucune forme de négociation, suivi les étapes normales et nous avons été retenus pour le Fitheb. Il faut dire que ce spectacle a eu le plus grand public et la plus forte célébration. Rien ne le mesure, mais les retours que nous avons eus ont fait état de ce que c’est un spectacle qui s’écoute, digeste et qui est transportable dans tous les coins de rue. C’est une chance que cela soit avec de bons acteurs.

Votre actualité ?

Il y a beaucoup de choses à faire. Même si l’atmosphère de la gestion est un peu polluée, il y a néanmoins des actions que nous menons. Déjà, nous avons donné un signal fort avec le film « Lakata et Djaguar », qui est une prise de parole, dans lequel nous avons minutieusement travaillé. En novembre et décembre, nous allons continuer à produire de courts métrages. Au total, il nous en faut cinq. Nous comptons mettre en scène « Cotonou » un projet de mise en scène que nous ferons dans les tout prochains jours. Nous serons également sur les « Riao » de Patrice Toton en novembre avec une proposition de spectacle de conte qui parle des immigrés et des questions de frontières en Afrique et dans le monde.

Votre mot de fin…

Jamais de désespoir, mais toujours tenir le flambeau très haut. Nous devons mener le combat de l’activité culturelle en permanence. Si le président de la république a envie de faire du tourisme un maillon fort du développement, le meilleur canal c’est la culture. L’instrument qui vend au mieux la culture au Bénin, c’est le Fonds des Arts et de la Culture, raison pour laquelle, on ne peut mettre en aucun cas un coup de massue sur ce fonds. De mon point de vue, il faut mieux restaurer le fonds, lui donner une orientation claire pour qu’il participe à l’éclosion du tourisme béninois. J’ai espoir que le rayonnement de la culture fera du développement du Bénin une affaire concrète.

Codjo Donatien SODEGLA(Stag)


Matin Libre

Commentaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE