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Développement et Promotion du Tourisme au Bénin : Bientôt un Mémorial au nom des victimes de l’esclavage à Ouidah

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(L’ABRD multiplie les initiatives pour concrétiser ce projet)
L’Agence Béninoise pour la Réconciliation et le Développement (ABRD) accueille depuis le 22 février une délégation du Comité Marche du 23 Mai 1998 (CM98) dans le cadre du projet de construction à Ouidah, du Mémorial des noms des victimes de l’esclavage colonial.Cette délégation s’est rendue à Ouidah le 24 février dernier sous la conduite de la Directrice Générale de l’ABRD Flore Dovonou.

L’acte d’accomplissement d’un devoir de mémoire et de contribution au développement et à la promotion du tourisme au Bénin s’apprête à être dit. Ce sera à travers la diversification de nouveaux produits touristiques. Tel est le point focal du projet de construction au Bénin, précisément à Ouidah, d’un Mémorial des noms des victimes de la traite négrière et de l’esclavage colonial. Il est initié par l’Agence Béninoise pour la Réconciliation et le Développement (ABRD). En effet, le CM 98, afin de réhabiliter la mémoire des victimes de l’esclavage et d’affilier les Antillais à leurs aïeux esclaves, a retrouvé, dans les archives, l’identité d’environ 120.000 personnes, esclaves en 1848. Environ 12% de ces personnes, soit 14.500 personnes, sont nées en Afrique. Ces femmes et ces hommes ont été donc les derniers à avoir été vendus dans les ports africains et déportés en Guadeloupe et en Martinique. Le CM 98, souhaite alors, symboliquement ramener ces femmes et ces hommes sur leur continent en inscrivant leurs noms sur des stèles ou des monuments localisés sur les lieux de traite constituant alors le Mémorial des noms des victimes de la traite négrière et de l’esclavage colonial. Ce projet a été initié depuis 2014 et a reçu un accueil favorable des autorités béninoises selon le Vice-Président de CM 98 Dr Emmanuel Gordien. « L’accueil du Gouvernement Béninois a été positif. Ils ont accueilli ce projet comme important pour la réconciliation entre les afro-descendants et les africain »,explique-t-il, car, continu-t-il, « il faut que ces populations se comprennent pour que cette page douloureuse de l’esclavage soit conjuguée au passé par les deux et qu’on parle désormais et uniquement de réconciliation. Il faut une compréhension commune de l’histoire que nous avons tous vécue.». A l’en croire, le projet est à une phase intéressante parce que, d’une part, il a été constitué deux comités ad’ hoc, l’un côté France, et l’autre côté béninois. Donc,des deux côtés de l’océan atlantique,des réflexions se mènent sur le projet.
Pour la Directrice Générale de l ’Agence Béninoise pour la Réconciliation et le Développement (ABRD) Flore Dovonou, ce projet vient renforcer le processus de réconciliation qui est en cours entre les Afro-descendants et les peuples africains, car pour elle « il est temps qu’ici comme ailleurs, qu’on assume l’histoire ». Optimiste quant à la concrétisation de ce projet, elle affirme que « ceux-là qui ont vendu nos frères, les ont envoyés de l’autre côté de la mer pensant qu’ils ne vont plus revenir chez eux, en érigeant même une porte de non-retour.Aujourd’hui, ils reviendront chez eux par une porte de retour qui sera érigée bientôt par l’ABRD. »

Visite des sites proposés….

Le mercredi 24 février dernier, la délégation de CM 98 accompagnée d’une délégation de l’Agence Béninoise pour la Réconciliation et le Développement (ABRD) conduite par son Dg Flore Dovonou a procédé à la visite des sites identifiés et proposés par la Direction du Patrimoine Culturel pour abriter le Mémorial. En sommes, deux sites, d’environ deux (2) hectares chacun ont été proposés. Selon le Directeur Général de la Route des pêches Lambert Ayitchehou, la demande qui avait été faite était de trouver un hectare non loin de la porte du non-retour. Dans le domaine, deux espaces ont été identifiés et il reviendra au Dr Emmanuel Gordien et ses collaborateurs de faire un choix. Les espaces ont été présentés en fonction de leurs avantages et de leurs contraintes/inconvénients.

Le premier est situé à l’ouest de la porte de non-retour et immédiatement à côté de la porte de retour. Et le deuxième, un peu vers l’Est de la porte du non-retour. « Il n’y a pas trop de contraintes foncières parce qu’il n’y a pas d’habitation dessus. C’est vrai que tout le domaine appartient à des gens, nous allons engager le processus d’expropriation », explique le patron de la route des pêches. Pour le Directeur du Patrimoine Culturel Jules Agani, « tous riment La porte du Non-retour, la porte du retour et le mémorial qui sera implanté. Ceci permettra à nos frères afro-descendants de trouver un espace agréable où ils pourront se disséminer. »

Ce projet de construction du Mémorial des noms des victimes de la traite négrière et de l’esclavage colonial s’inscrit parfaitement dans le cadre des projets de la route de l’Esclave et de la route des pêches. Le financement de la première phase du projet par le MCAAT permettra de lancer les travaux dans ce cadre et de contribuer au développement du tourisme mémoriel au Bénin.

Soulignons que le CM 98 a œuvré aux côtés de Madame Taubira Christianne, ancienne Garde des sceaux français pour l’introduction à l’Assemblée Nationale française de la loi relative à la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Abdias BIO SIKA Coll.

Matin Libre

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