Caravane des cinémas d’Afrique : Le Guèlèdè dans le temps

Caravane des cinémas d’Afrique : Le Guèlèdè dans le temps

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Du sacré au profane, le Gèlèdè est passé, dans le temps, de masque consacré et dansé à sculpture artistique avec un certain risque de perte de ce patrimoine oral des pays Nago du Bénin, du Nigéria et du Togo. Voilà la substance de la table ronde tenue autour du Gèlèdè ce lundi 04 avril au MJC Marcel Archard de Sainte-Foy-Lès Lyon.

Trois panélistes pour de meilleures connaissances et compréhension du genre oral Gèlèdè, patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 18 mai 2001. Le début de l’après-midi de la troisième journée de la Caravane des cinémas d’Afrique 2016 a été l’occasion pour Jean-Yves Augel, Pierre Akpona et Cyrille Noyalet de présenter l’univers Gèlèdè, au vu de leurs savoirs et expériences du genre.

Pour le collectionneur Jean-Yves Augel, la tâche a consisté à présenter les typologies et structures de composition des masques Gèlèdè. Se basant sur les images des œuvres de sa collection, il a montré l’évolution du travail des artisans sculpteurs du XIXe siècle à nos jours. L’oiseau, la torture, le serpent, la figuration du faciès de la femme notamment – quelques fois de l’homme –, les coiffures dessinées dans le bois… plusieurs symboles majeurs de ces masques ont été déclinés. Si la sortie des masques la nuit relève du rituel en hommage à Iya Nla, lorsque qu’ils apparaissent en journée, ils ont des fonctions de commémoration de différentes occasions de la vie sociale : naissance, mariage, décès, calamités…

Une étape nécessaire à ces formes de sortie reste la préparation. Elle convoque les préparateurs de chants, de danse avec leurs exécutants, les dépositaires de la confection des costumes spécifiques, les sculpteurs des masques, etc. Abioyé Pierre Akpona, Président de l’Association internationale du Groupe Gèlèdè et Premier Conseiller à la délégation permanente du Bénin auprès de l’UNESCO, a fait des précisions à ces sujets. Il est notamment revenu sur les différentes versions des mythes fondateurs du Gèlèdè avant de faire remarquer que la plus évidente et cohérente est celle qui fait honneur et révérence à la « Mère première », IyaNla, et par ricochet à la femme.

Il a expliqué que le pouvoir de la femme dans cet univers est sans égal et c’est ce qui explique qu’en pays Nago « la femme est l’égale de l’homme ». Seule l’idée de différence morphologique entre les deux sexes est admise, les postulats de supériorité ou d’infériorité n’y existent pas. Pierre Akpona ajoute que si dans l’apparence, les femmes semblent ne pas avoir d’espace d’exercice de pouvoir dans ces communautés, c’est parce que c’est elles qui ordonnent, « c’est elles qui ont le pouvoir dont l’exercice et la pleine jouissance se rencontrent au cours des séances de prise de décision se déroulant à l’abri des regards, la nuit ».

C’est enfin Cyrille Noyalet, réalisateur des films documentaires « Le Secret des Iyas » et « Paroles de Gèlèdè », qui lança la discussion sur la préservation et la pérennisation de ce genre au regard de ses expériences sur le terrain. L’exode, l’urbanisation, le poids d’une globalisation intrusive, les effets pervers de la politique et des églises du livre sont entre autres dangers énumérés. En termes d’actions à mener pour la sauvegarde de ce patrimoine, l’action de l’UNESCO dans la formation et la sensibilisation à la conservation des pratiques a été rappelée par Pierre Akpona, tout comme l’exemple de l’implication des universitaires du Obafemi Awolowo University Ile-ife au Nigeria. Les deux films de CyrillNoyalet posant les enjeux de la question sont projetés jeudi 7 et samedi 9 avril, respectivement au Cinéma le Club à Nantuaet au Ciné Mourguet à Sainte-Foy-Lès Lyon.

La Caravane des cinémas d’Afrique est une initiative de l’association Son, Images et Rencontres Fidésiennes (SIRF) qui donne aux habitants de Sainte-Foy-Lès Lyon et de toute la région Auvergne-Rhône-Alpes un aperçu de la richesse et de la diversité des cultures et arts de l’Afrique. Une action qui s’organise notamment autour du cinéma, des arts visuels, de la littérature, de la musique et de la gastronomie. Cette année, marquant le vingt-cinquième anniversaire de l’association, c’est près de quarante films et documentaire provenant de vingt pays d’Afrique qui sont diffusés.

©www.benincultures.com

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