Autour du clip ‘’Mè wè blo ?’’ : Quelque chose de précieux...

Autour du clip ‘’Mè wè blo ?’’ : Quelque chose de précieux reste en Robinson Sipa

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(Le talent inépuisable)
Le dernier morceau de Robinson Sipa, qui tourne en boucle sur Youtube et les chaînes de télévision de la place, laisse entrevoir un grain de valeur exploitable en l’artiste. ‘’Mè wé blo ?’’ est le titre que porte le morceau dont le clip à pour réalisateur Nette Royale Prod. Sur ce morceau, contrairement à ce que l’opinion publique retientde lui depuis le décès du frère jumeau Edi lobo et son état actuel qui visiblement semble déséquilibré, l’artiste a réussi à tordre le cou aux indiscrétions et aux ‘’on dit’’. Un morceau chargé de sens et de philosophie. ‘’Mè wè blo ?’’,dresse une sombre ardoise de la mesquinerie et de la méchanceté gratuite. Ce que le commun des béninois appelle habituellement la ‘’béninoiserie’’. Le morceau en essentiel pose une question fondamentale, « Mè wè blo ?» pour traduire littéralement en langue local ‘’Qui a fait ?’’ Une question qui ne trouve souvent pas de réponse dans un pays comme le Bénin, lorsque la manifestation de la méchanceté tourne vers un complot bien orchestré. En réalité, l’artiste a fait usage de beaucoup de symboles dans le morceau pour rendre ses idées. « Mè wè hanyan koklo kpo o ? » cette allégorie qui signifie en langue ‘’Qui a détruit la case de la poule’’ met en jeu plusieurs modèles. La poule n’est rien d’autre que le modèle de la personne vulnérable sujet à tous les coups bas et à la destruction intentionnelle et mesquine. Puis l’artiste va loin en mettant l’accent sur un trou à poisson où les gens ont l’habitude de pêcher, mais qui a été malencontreusement bouché par haine ou par jalousie. Et comme si cela ne suffisait pas, l’artiste donne en exemple un sourd qui, par un langage gestuel arrive à convaincre au moins son interlocuteur de ses intentions et idées même s’il semble gonfler l’effectif et parait indésirable. Mais pour un plaisir sans orientation, on lui rend la vie difficile ou on l’élimine pour son infirmité parce que peut-être,il gravit les échelons du succès malgré son état physique. Tout ça pour mettre en évidence l’horreur qu’éprouve l’artiste face aux attitudes méchantes qui n’ont de vecteur que la satisfaction d’une soif orgueilleuse et égoïste. Pour cela, le musicien en conclusion partielle fait savoir que « c’est après tout une œuvre de la providence ». Aussi a-t-il voulu mettre la lumière sur le principe divin selon lequel ‘’ personne n’a le droit de juger son prochain, puisqu’il y a un jugement dernier qui attend tout le monde’’. A en croire l’artiste, la vie de chacun est régi par un destin qui est irréversible. L’artiste en arrive à faire mention de ce que « la volonté que vous manifestez de faire de choses agréables, d’autres personnes malveillantes, à l’antipode de vos idées, manifestent la même volonté de rendre funeste votre projet ». Une manière pour lui d’indexer la conscience des uns et des autres sur la sagesse qui traduit que « pour mieux vivre, il faut vivre caché ». Puisque les méchants et leur esprit de destruction sont monnaie courante partout dans le monde et singulièrement au Bénin. Car l’artiste est originaire de ce pays de l’Afrique de l’ouest où la méchanceté mélangée à l’intelligence trop poussée met à mal tout. Le surprenant sur ce morceau est que l’artiste est demeuré artiste. Il a réussi à transmettre ce message fort sur l’accompagnement d’une guitare sèche, d’un saxophone et de quelques idiophones merveilleusement harmonisés dans un clip net en image et agréable à la vue.

Teddy GANDIGBE


Matin Libre

Commentaires

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1 COMMENTAIRE

  1. Si et seulement ce talent était né dans l’un des pays que nous connaissons, il aurait pu retrouver son équilibre depuis des lustres. Mais comme le prophète n’est jamais bien reçu chez lui, on attend que son décès pour le décorer à titre posthume. Quelle désolation!

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